Créer la bande-son de sa vie pour améliorer sa résilience

Isabelle-stimecPar le Dr Isabelle STIMEC. Psychiatre. Pratique l’hypnose et les thérapies intégratives au sein du CITI (centre interdisciplinaire de thérapie intégrative) à Rezé, Loire Atlantique. Secrétaire de l’institut Milton H. Erickson de Rezé. Formatrice et conférencière.

Survivre à un traumatisme, de quelque nature qu’il soit, nécessite d’activer ses mécanismes de résilience interne. Parfois il n’est pas possible de dépasser ce traumatisme,
soit par l’ampleur des dommages psychiques produits, soit par l’impossibilité d’activer ces mécanismes internes. Comment, en tant que thérapeute, pouvons-nous aider nos patients à réactiver leurs ressources et leur résilience interne ?

De nombreux ouvrages, techniques, outils, existent déjà pour permettre aux personnes
ayant vécu un traumatisme de dépasser leur état de stress post-traumatique et activer leur résilience. Mais les récentes recherches sur les effets de la musique au niveau cérébral ont ouvert un champ d’utilisation thérapeutique de la musique.

Nous proposons ici un outil, issu de la pratique quotidienne, pour augmenter, améliorer
la résilience interne des individus ayant vécu un traumatisme : créer la bande son de cette période de sa vie.

Musique et émotion

La musique est le support de nombreux souvenirs personnels, que ces souvenirs soient liés à des chansons, de la musique folklorique ou classique, des chansons populaires. Certaines musiques sont des jalons de notre mémoire autobiographique, voire de notre identité. Elles véhiculent nos émotions et nous offrent un support aux échanges, une communication entre les êtres humains. La musique, par le biais des émotions qu’elle suscite, module nos états affectifs et cognitifs. Cette modulation est à l’origine de son important pouvoir de cohésion sociale. Cette réceptivité à la musique, comme construction de notre identité, est observée très tôt. En effet, les nouveau-nés, par exemple, sont déjà très sensibles aux vibrations et aux rythmes créés par les instruments de musique. Ils sont capables de reconnaître des différences de rythme, de bercement, de
pas, de musique.

Se basant sur ces constats issus de l’observation populaire, les neuroscientifiques, les neurologues, s’intéressent de plus en plus à l’impact de la musique sur le fonctionnement cérébral. Ils s’intéressent également à l’usage de la musique à des fins thérapeutiques et notamment dans l’idée d’améliorer ou de retarder les dégénérescences neuronales des maladies neurodégénératives et des démences, telles qu’entre autres les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer. Les études réalisées par nombre d’entre eux mettent en évidence que l’écoute de la musique par des sujets sains stimule les cinq champs de notre mémoire, et que la pratique régulière d’un instrument vient créer et renforcer des connections neuronales (notamment au niveau des corps calleux, et ce quel que soit l’âge auquel on débute une pratique musicale). S’appuyant sur ces découvertes, des outils de
stimulation de la mémoire ou de lutte contre les tremblements parkinsoniens ont été mis au point, en se basant notamment sur le pouvoir relationnel de la musique pour impliquer les patients dans ces propositions thérapeutiques.

L’impact de la musique sur le cerveau et le fonctionnement cognitif est présent pour chacun d’entre nous, sans que cela ne soit associé à l’âge ou à la pratique régulière d’un instrument. La musique est associée à un ensemble de réseaux neuronaux qu’elle synchronise. Les régions cérébrales sollicitées simultanément renforcent leurs connexions synaptiques, les échanges deviennent plus rapides et le nombre de neurones assurant cette communication augmente. Dans le cadre du traumatisme et du syndrome de stress post-traumatique, la mémoire est impactée puisqu’il existe des flash-back, qui sont liés à une mémorisation particulière des faits traumatiques, des cauchemars, et que l’état émotionnel qui traverse les patients lors de ces reviviscences est le même que celui mémorisé lors du trauma.

h-tb36-110

Pour lire la suite et vous abonner

JE SUIS…Edito du Dr Thierry ServillatDr Thierry SERVILLAT
1 janvier 2015. Devant mon écran, en entendant les sons de la télévision retransmettant la marche parisienne, j’essaie d’écrire un éditorial. La marche de Charlie continue. Loin et pas loin de Nantes où j’habite. Comment me projeter vers la période de parution de la revue, dans quatre semaines ? Je ne sais déjà pas comment va se finir la journée !

irene-bouazizSous l’outil, l’humain. Dr Irène Bouaziz
Se retenir ou pas. Prononcé dans une posture d’humilité, ce texte magistral d’Irène Bouaziz a illustré au mieux, lors du récent colloque de lancement de l’Institut Milton Erickson d’Ile de France, comment la maturation de l’hypnothérapie passe maintenant par une étape d’approfondissement éthique.

 

 

daniel-quin Implacables acouphènes : l’apport de l’Hypnose. Daniel Quin
Plaintes croissantes en médecine générale, et en apparence bénignes, les acouphènes peuvent avoir des conséquences graves en terme de souffrance psychique. Daniel Quin nous expose sa manière de travailler dans ce domaine.De plus en plus de patients souffrant d’acouphènes se tournent vers les psychothérapeutes, et en particulier vers les praticiens de l’hypnose.

 

Dr Dominique MEGGLESouffrances hystériques : des solutions à foison. Dr Dominique Megglé
Psychiatre expérimenté et pionnier de l’hypnose française, Dominique Megglé se devait de s’intéresser aux patients qu’on appelait autrefois les «hystériques ». Et si ce mot pouvait avoir encore un sens utile, générateur de solutions thérapeutiques ?

 

Guy-MissoumAu service des entraîneurs. Pour guider et accompagner. Guy Missoum
De nombreux outils dérivés de l’hypnose existent pour aider les entraîneurs et les coachs sportifs. Fin connaisseur, Guy Missoum les présente d’une manière systématisée qui facilite leur mise en oeuvre. Milton Erickson se positionnait volontiers comme supporter de ses patients !

 

 

renato-saiuDétours de transe : l’apport d’Henri Wallon. Renato Saiu
Il n’est pas sûr qu’Erickson ait lu Henri Wallon, et encore moins qu’il ait entendu parler de la théorie du détour. C’est pour cela que la réflexion de jeunes auteurs comme Renato Saiu peut contribuer à enrichir aujourd’hui notre compréhension théorique des processus hypnotiques. L’utilisation de l’hypnose est ancienne. Pourtant sa définition reste floue.

 

Dr Thierry SERVILLATAttentions à nos attentions. Dr Thierry Servillat
Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble. Son livre est pourtant transdisciplinaire, et porte sur un sujet qui nous intéresse tous : l’attention.
Nous n’avons pas toujours beaucoup appris lors de nos études sur un sujet pourtant capital. Ce n’est pas illogique car c’est surtout depuis une dizaine d’années que les connaissances à ce propos ont été abondamment renouvelées.

 

antoine-bioyL’hypnose dans tous ses états. Antoine Bioy
Au chapitre de la validation des effets de l’hypnose, Tan et al. confirment chez des patients dorsalgiques l’intérêt de l’autohypnose (2 sessions d’apprentissage, un support audio d’entraînement chez soi). Ils dressent même une équivalence : 2 sessions d’autohypnose = 8 sessions d’hypnose. Les effets sont toujours présents à six mois. Attention cependant, en pratique clinique, que ce qui soit proposé au patient fasse l’objet d’une vraie réflexion sur les options thérapeutiques, car la clef de prises en soins restent évidemment dans cette adéquation.

jean-claude-lavaudTranses de soin à L’île de La Réunion. Jean-Claude Lavaud
A l’île de La Réunion, dans l’océan Indien, nous sommes culturellement ancrés par ce tissage structurel où la transe est un mode de communication thérapeutique. Dans la culture indo-tamoule réunionnaise certaines de ces transes sont ouvertement publiques, telle que La Marche Sur Le Feu, sacrifice de soi pour la guérison d’un autre. D’autres transes moins connues sont aussi singulièrement centrées sur la « guérison». Cet article constitue un tout petit aperçu de l’un de ses rites de soin.

regis-dumasHumeur : Propos d’un Auvergnat. Régis Dumas
« Ce qui fait l’intérêt de l’Auvergne, c’est qu’elle est remplie d’Auvergnats », disait Alexandre Vialatte. « Auteur notoirement méconnu », comme il aimait à se qualifier. Cette Auvergne, un secret plutôt qu’une province, produit des fromages, des volcans et accessoirement des présidents de la République.» « La montagne nous donne des leçons de silence et l’horizon, au loin, des leçons d’éternité. » « L’immense espace dit la solennité, jamais l’emphase. »

Dr Thierry Servillat

Google+