Entretien avec le Docteur Jeffrey Zeig. Dr Gérard Fitoussi

Les grands entretiens

Bonjour Docteur Zeig, vous avez une énorme influence dans le champ de l’hypnose ericksonienne, pouvez-vous nous donner des précisions sur votre cheminement personnel ?

Jeffrey Zeig : J’ai commencé à étudier l’hypnose à l’université de San Francisco au moment de mon master de psychologie clinique. Un des psychiatres présents, qui était mon superviseur, m’a fait connaître l’hypnose et m’a indiqué qu’une des meilleures façons de la découvrir était de l’expérimenter moi-même. Il m’invita à son bureau un samedi matin pour ma première session d’hypnose. J’étais nerveux et je tapotais avec mes doigts l’accoudoir du fauteuil. Il m’a suggéré d’observer les mouvements de mes doigts et la façon dont le rythme se modifiait. C’était ma première expérience avec le phénomène utilisationnel. Je voulais en savoir davantage et il m’invita à lire les ouvrages de Milton Erickson dont je n’avais jamais entendu parler. Il n’y avait qu’un seul livre disponible, un recueil d’articles, qui n’est plus disponible aujourd’hui. Je fus immédiatement subjugué par l’ingéniosité d’Erickson. Bien que timide, je lui écrivis et lui rendis visite en décembre 1973. J’avais 26 ans. J’obtins mon doctorat en psychologie clinique en 1978 et décidai de m’installer à Phoenix Arizona pour me rapprocher de lui.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la psychologie ?

Ma mère. Je suis sa projection. Si cela avait été possible elle aurait aimé être thérapeute. Elle croyait en la thérapie à une époque où cela n’était pas vraiment à la mode. Elle a aussi mis la barre très haut par son engagement social. J’ai travaillé comme bénévole avec des enfants perturbés quand j’étais au lycée.

Qu’avez-vous surtout retenu du Dr Milton Erickson ?

Erickson était profondément humaniste. En sa présence il saturait l’atmosphère d’un optimisme foncier avec des propos tels que : « bien sûr vous pouvez » ; « bien sûr vous pouvez entrer en transe » ; « bien sûr vous pouvez avoir des phénomènes de transe profonde » ; « bien sûr vous pouvez changer ou faire face ». Erickson était une source d’inspiration. Ayant passé les treize dernières années de sa vie en fauteuil roulant, il avait en dépit de cela une attitude positive et utilisait tout ce qu’il pouvait pour venir en aide à autrui. Il était intéressé par la vie des gens et non par leur argent.

Vous avez aussi travaillé avec d’autres géants de la psychothérapie comme Albert Ellis ou Jay Haley, pouvez-nous dire ce que vous avez appris d’eux ?

J’ai eu la grande chance d’apprendre de tels maîtres, notamment en organisant depuis 1985 les rencontres sur l’évolution de la psychothérapie (www.evolutionofpsychotherapy.com). J’ai été particulièrement influencé par Carl Whitaker, Jay Haley, Paul Watzlawick, Salvador Minuchin, Viktor Frankl, et bien sûr Milton Erickson. Il est impossible de résumer ce que j’ai appris de chacun d’entre eux tant humainement que professionnellement. S’il n’y avait qu’un seul message à retenir, ce serait de développer chacun son unique talent et perspective et d’être passionné dans la vie.

Comment définiriez-vous l’hypnose aujourd’hui ?

L’hypnose est constituée d’éléments à la fois psychologiques sociaux et contextuels. Sous cette appellation sont regroupées diverses expériences, ce n’est pas une entité par elle-même. En termes simplifiés, l’hypnose consiste en une modification de l’attention, de l’intensité de l’expérience, de dissociations, et en modification de la réponse dans un contexte qui est explicitement ou implicitement défini comme hypnotique. La réactivité du thérapeute à la réponse du sujet est un élément clé de l’hypnose.

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Des étoiles pour nous guider. Sophie Cohen

Chères lectrices et chers lecteurs, Comme vous le savez certainement, le monde de l’hypnose vient de perdre l’une de ses grandes figures en la personne de François Roustang. Il a été l’un des grands « penseurs » de l’hypnose. Il a en particulier cherché à définir et comprendre ce qui se déroulait dans une rencontre et lors d’une séance. Nous lirons l’hommage de Jean-Marc Benhaiem, son ami et disciple.

Se réinventer grâce à l’hypnose. Nicole Prieur

Une nécessité pour notre XXIe siècle. Notre siècle génère de nouvelles souffrances liées aux progrès mêmes qu’il a mis en œuvre. L’accélération de notre époque impose un rapport au temps très paradoxal, nous n’avons jamais eu autant de temps à notre disposition (davantage de temps de loisirs, plus grande espérance de vie) et pourtant nous en manquons sans cesse au regard de toutes les tâches à faire en un temps donné.

Les suggestions directes. Dr Dominique Megglé

Qu’en pense le Docteur Erickson ? Dominique Megglé a fait un vrai travail de recherches dans tous les livres et articles d’Erickson. Il développe sa pensée qu’il avait déjà en partie évoquée dans le numéro 30 de notre Revue. Des échanges avec des spécialistes ont invité Dominique Megglé à réaliser davantage de recherches.

Anorexie/boulimie : véritable enjeu de santé publique. Dr Bruno Dubos

Les données de l’Inserm s’accordent sur deux constats : 0,5 % des jeunes filles dans leur dix-huitième année, et seulement 0,03 % des garçons, présentent des symptômes évocateurs d’anorexie. Le deuxième aspect est que ces troubles évoluent vers la chronicité. Ces problèmes représentent un véritable défi pour les thérapeutes et donc pour les hypnothérapeutes que nous sommes. Lorsqu’il m’a été confié la responsabilité de diriger ce numéro thématique sur l’anorexie et la boulimie, le titre m’est venu spontanément : « Un nouveau regard ».

Anorexie : du symptôme aux processus. Dr Bruno Dubos

L’anorexie et la boulimie sont un véritable défi pour les thérapeutes. Mais plutôt que de parler d’anorexie ou de boulimie, il convient de prendre en compte qu’il s’agit de patientes, adolescentes ou moins jeunes qui viennent dans nos cabinets de consultation avec ce symptôme. La réputation de ces problèmes est particulière, renforcée il est vrai par nos expériences en thérapie avec ces patientes.

La réassociation dans les troubles alimentaires. Sophie Cohen

Le thème de la réassociation est souvent peu traité. On parle et on écrit en effet volontiers de la dissociation en hypnose. La dissociation est utile dans nombre de situations où, par exemple, des soins génèrent de la douleur. Ainsi l’on enseigne le savoir-accompagner le patient dans un état dissociatif. Dans un ensemble de pathologies, savoir si une personne est dissociée ou associée n’est pas pris en compte. Alors que la dissociation spontanée peut représenter une protection naturelle dans les premiers temps d’une situation, elle devient pathologique si elle s’inscrit comme une façon d’être dans la durée.

Thérapie du couple parental. Dr Patrice CHARBONNEL

L’anorexie mentale est une pathologie essentiellement féminine qui se révèle le plus souvent juste après la puberté. Ce trouble des conduites alimentaires associe des symptômes de comportements nutritionnels (privation alimentaire stricte et volontaire pendant plusieurs mois ou années, éviction de certains aliments, phases boulimiques) et somatiques (aménorrhée, arrêt de la croissance chez l’adolescente) à des symptômes psychologiques (perception déformée de son corps et en particulier de sa maigreur, peur de grossir, besoin de contrôle sur le corps, obsessions alimentaires, hyperactivité, surinvestissement intellectuel, régression en âge émotionnel).

« Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire… » Dr Stefano Colombo

Frédéric venait de poser son téléphone. Après d’innombrables hésitations, il avait pris la décision de consulter un thérapeute. Cela faisait un bon moment que son épouse insistait pour qu’« il voit quelqu’un ». « Ça te fera du bien, précisait-elle, on ne peut pas continuer ainsi. » Il en avait conscience. Il partageait l’avis de sa femme tout en se questionnant sur l’efficacité d’une telle démarche.


Des étoiles pour guide. Sophie Cohen

Des étoiles… des stars… en anglais… des personnes… des personnes de passage avec une présence merveilleuse… comme ça, une chaleur offerte à ce moment-là…
Au bon moment… Des personnes comme de petites ou de grandes étoiles… Etoiles qui clignotent dans le ciel dont la lumière éclaire les larmes de joie qui ruissellent sur nos visages… Qui n’a pas pleuré sous un ciel étoilé ? Qui ne s’est pas ému devant la fragilité de nos vies ?

Les champs du possible. Dr Adrian Chaboche

Chers lecteurs, continuons de nous interroger sur la façon dont l’hypnose amène à réinstaller un mouvement dans la vie du patient. Et enrichissons-nous de prolonger la réflexion : n’appartient-il pas déjà au thérapeute d’être dans son mouvement et s’autoriser à ne plus savoir pour entrer dans la créativité thérapeutique ? Autant que deux danseurs, le thérapeute serait alors celui qui ouvre le premier pas à l’aide d’une suggestion, autant que d’une main il invite son partenaire à s’avancer.

Pédagogie Kaddouch. Dr Dina Roberts

Ce « pas de côté » vers la pédagogie musicale est né de ma rencontre avec Julien Laroche lors d’une conférence sur le thème « Jouer ensemble », organisée par des danseurs. J’ai été immédiatement tentée de l’inviter ici quand je l’ai entendu se définir comme « chercheur indiscipliné » plutôt qu’interdisciplinaire. Sa démarche même est faite de pas de côté : il part du phénomène qu’il étudie et convoque les disciplines qui permettent de l’éclairer. Ses études sur les interactions sociales l’ont amené à travailler sur l’improvisation musicale dans la méthode Kaddouch.

Entretien avec le Docteur Jeffrey Zeig. Dr Gérard Fitoussi

Bonjour Docteur Zeig, vous avez une énorme influence dans le champ de l’hypnose ericksonienne, pouvez-vous nous donner des précisions sur votre cheminement personnel ? Jeffrey Zeig : J’ai commencé à étudier l’hypnose à l’université de San Francisco au moment de mon master de psychologie clinique. Un des psychiatres présents, qui était mon superviseur, m’a fait connaître l’hypnose et m’a indiqué qu’une des meilleures façons de la découvrir était de l’expérimenter moi-même.

 

Livres en bouche. Dr Grégory Lambrette

Compte-rendu. Voilà qu’à l’occasion de la rentrée littéraire de septembre 2015 est arrivé sur les étagères de nos librairies non pas un, mais deux ouvrages signés de la main de Giorgio Nardone, l’une des figures de proue les plus actives et créatives du modèle stratégique en psychothérapie. On le sait, Nardone cultive depuis plusieurs décennies maintenant un art du changement consistant à trouver des solutions simples aux problèmes insolubles comme il le qualifie lui-même.

Colloque « L’œuvre de François Roustang ». Dr Grégory Tosti

Le 23 novembre 2016, François Roustang s’est éteint à l’âge de 93 ans. Psychanalyste dissident, philosophe, hypnothérapeute, écrivain, cet ancien jésuite a bouleversé la pratique et la compréhension de l’hypnose et a créé en 1996, avec le Dr Jean-Marc Benhaiem, l’Association française pour l’étude de l’hypnose médicale (AFEHM) ; association qui donna le jour au premier Diplôme universitaire d’hypnose médicale en 2001.

Recherches: les applications. Dr Lauriane Bordenave et Dr Adrian Chaboche

La neurochirurgie éveillée est un mythe qu’on agite souvent lorsqu’on parle d’hypnose au bloc opératoire. Sauf qu’il s’agit d’une réalité. La preuve avec cette belle série française. Les glioblastomes de bas grade sont des tumeurs cérébrales malignes infiltrantes, et le défi de la chirurgie est de trouver le meilleur compromis entre l’exérèse la plus complète possible et la préservation des tissus sains adjacents. Pour ce faire, certaines équipes réalisent des craniotomies sur des patients éveillés.

Hommage à François Roustang. Dr Jean-Marc Benhaiem

Je m’exprime au nom de tous les soignants, médecins, psychologues si nombreux à avoir lu, entendu, aimé et intégré l’œuvre de François Roustang dans leur pratique. Je parle aussi, bien entendu, en mon nom propre. François a bien voulu s’associer à mon projet de formation. Nous avons ainsi travaillé ensemble pendant vingt années, côte à côte, dans notre association d’enseignement de l’hypnose médicale et au sein de l’Université Paris VI à la Pitié-Salpêtrière.

Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet

Médecin. Président-fondateur de la Confédération Francophone d’Hypnose et de Thérapies Brèves. Président de l’Institut Milton H. Erickson d’Avignon-Provence. Rédacteur en chef-fondateur de la revue « Hypnose & Thérapies Brèves ». Conférencier international.

En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. »

Erickson : « Une intense mémoire plutôt que de l’imagination. Vous vous souvenez comment du goût des choses, vous vous souvenez comment vous retrouvez un certain picotement de menthe poivrée. Comme n’importe quel enfant, j’avais l’habitude de grimper dans les arbres et ensuite de sauter d’un arbre à un autre comme un singe. Je devais me souvenir des différentes manières de pivoter et de tourner correctement pour retrouver ce que sont les mouvements quand vous avez tous vos muscles. »

R. : « Vous activiez de réels souvenirs de votre enfance de façon à apprendre comment contrôler beaucoup mieux les muscles que vous aviez perdu et comment réacquérir ce contrôle. »

E. : « Oui, vous utilisez de réels souvenirs. A 18 ans, je me souvenais de tous les mouvements de mon enfance pour me réapprendre la coordination musculaire. »

A 18 ans, sa vie est menacée par une gravissime atteinte de poliomyélite. Condamné par les médecins, Milton Erickson tombe dans le coma plusieurs jours. Il en sortira au prix d’une laborieuse rééducation.

Au fond de son lit, paralysé, il observe ses petits frères et sœurs. Il observe com- ment sans aucun conseil, ni enseignement, ils passent de la position rampante à celle dite « château branlant », puis à celle plus assurée bien qu’instable qui précède la marche d’un « grand »… D’autres obstacles vont surgir : monter et descendre des marches et des escaliers. Non sans mal. Toutes ces étapes, Milton les a connues, pratiquées et au bout du compte avec succès. De cette réussite d’apprentissage précoces, il ne reste qu’un souvenir. Tout comme à nous. Milton a compris intuitivement que ce souvenir serait le seul moyen de recouvrer la position debout et la marche. La méthode expérimentale. Celle qui précède la compréhension !

Milton observe, observe et observe. Redevient petit enfant et réapprend à ressentir. Et cette sensation s’incarne. Dans le rocking-chair, l’équilibre s’affirme. Le balancement l’oriente dans la chambre grâce à ce déplacement oscillatoire. L’idée crée le frémissement musculaire qui se propage au fauteuil bancal dont l’instabilité augmente l’amplitude du mouvement. La pensée s’est transformée en action et il re- trouve ses souvenirs de gamin de la campagne avec ses jeux dans les arbres. Le contact rugueux de l’écorce dans les paumes des mains, l’appui arrondi des branches sous les pieds et aussi l’odeur des foins coupés portée par le vent qui fait frémir les feuilles autour de lui, etc.

La classique suggestion idéo-motrice. La base de l’hypnose !

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Hypnose, médecine générale, sommeil

Ouvrir le champ des possibles. Sophie Cohen
Nous nous retrouvons avec plaisir en cet automne. Ce numéro de la Revue fait la part belle à la Médecine fonctionnelle. Henri Bensoussan et les auteurs de ce dossier thématique nous présentent l’actualité et les possibilités de l’utilisation de l’hypnose et des thérapies brèves dans ce secteur de la médecine où les croyances tricotées avec les limitations corporelles peuvent faciliter ou entraver la reprise des activités, la pour-suite de la vie dans son ensemble chez nos patients.

Hypnose, médecine générale, sommeil
Danser avec le patient : l’accordage pour soulager douleur, souffrance. Dr Olivier Debas
Les cas cliniques de soulagement de la douleur et de la souffrance qui suivent, et leurs commentaires, illustrent la pratique libre et tranquille d’Olivier Debas. Quatre cas cliniques comme les quatre directions possibles de remise en mouvement. Alice a 20 ans et souffre de douleurs chroniques depuis deux ans. Initialement localisées au niveau du genou gauche, elles se sont étendues à l’ensemble des membres inférieurs puis au rachis lombaire.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La patiente récalcitrante: sortir du burn-out. Marie-Clotilde Wurz
Avec beaucoup de sincérité, Marie-Clotilde, psychologue, nous livre la façon dont elle a utilisé l’hypnose pour ouvrir vers de la nouveauté. Je suis psychologue clinicienne et hypnothérapeute. J’ai fait le choix de travailler essentiellement en cabinet libéral et d’avoir en parallèle des activités d’enseignement pédagogique et universitaire ainsi que des groupes de parole.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La perception de l’hypnose par les patients hémodialysés. Dr Catherine Lasseur
L’hémodialyse mobilise le patient pendant de longues heures, trois fois par semaine. Au travers de cet article, le Docteur Lasseur nous fait part des résultats d’une enquête sur la façon dont l’hypnose est appréciée par ces patients. ’insuffisance rénale chronique termi- nale nécessite le recours à des techniques de suppléance du fonctionnement des reins, parmi lesquelles l’hémodialyse.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La qualité de vie des patients. Un protocole de recherche. Carole Maurer
Évaluer l’intérêt de l’hypnose dans les douleurs induites par la chimiothérapie. Passionnées par la découverte des possibilités de l’hypnose, c’est avec enthousiasme qu’avec mes collègues nous avons mis en application nos rudiments. Rapidement, il nous est apparu que les moyens hypnotiques à notre disposition allaient changer beaucoup de choses dans notre métier. Mais il nous avait été enseigné toute la pertinence de « l’œil du débutant », un regard ouvert et curieux.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose et rééducation. Dr Henri Bensoussan
Hypnose et rééducation, le rapprochement a été effectué il y a longtemps par le jeune Milton H. Erickson, lors de son second épisode de poliomyélite. L’anecdote est connue : condamné à mourir à cause de ses paralysies, il va vivre, condamné à ne plus pouvoir marcher, il va marcher. C’est en puisant dans la mémoire de son corps, en retravaillant les automatismes qui nous font bouger, en utilisant ses souvenirs de mouvements qu’il va progressivement se remettre en mouvement et repartir dans le flux de sa vie.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose en rééducation pédiatrique. Bénédicte Ansel et Dr Cécile Mareau
En pratique, pendant une séance de rééducation, le kinésithérapeute intègre l’hypnose conversationnelle lors de moments bien précis : massage, mobilisation. Il peut également proposer des séances d’hypnose formelle en dehors des séances de rééducation. Il profite ensuite des séances de rééducation pour reprendre les mots employés par l’enfant, ses métaphores, et ancrer les modifications en hypnose conversationnelle.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose médicale : Douleur et difficultés motrices. Dr Henri Bensoussan
Quel bilan faire de seize années de consultations d’hypnose médicale orientées vers la douleur chronique et les difficultés motrices ? Nous proposons de distinguer deux groupes de patients. Le premier groupe qui, une fois le diagnostic posé, se sent rejeté par des phrases du style : « je ne peux rien pour vous » ; « votre état va se dégrader » ; « vos douleurs sont inévitables ».
Hypnose, médecine générale, sommeil
Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet
En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. ».
Hypnose, médecine générale, sommeil
AVC, intérêt de l’hypnose. Revue de littérature
L’hypnose a fait ses preuves dans la gestion de la douleur et de la souffrance psychologique, entrant dans les centres de rééducation. L’arrivée de la pratique de l’hypnose dans des équipes pluridisciplinaires a ouvert des perspectives sur la prise en charge d’autres pathologies, notamment neurologiques. Il n’existe pas d’étude à notre connaissance spécifique à l’hypnose en rééducation neurologique.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Métaphores possibles dans le SDRC. Dr Philippe Marchand
Le syndrome douloureux régional complexe est une pathologie dont le diagnostic est évoqué devant des suites opératoires inhabituellement douloureuses. Ce syndrome, parfois appelé algodystrophie, entraîne une impotence, des troubles trophiques et vasomoteurs : œdème, modification de température et d’aspect de la peau. Les appellations évoluent au cours des années et de la compréhension de cette pathologie.
Hypnose, médecine générale, sommeil
« Je viens vous voir, y’a rien qui marche ». Dr Stefano Colombo
Cela commence bien ! Ce verbe, marcher, est omniprésent et utilisé un peu dans toutes les sauces. A la sauce mécanique quand vous vous décarcassez avec un ustensile qui ne veut pas démarrer, à la sauce militaire avec l’ordre de marche, à la sauce numérique quand votre ordi refuse de quitter le bug. Vous êtes en surpoids ? Vous vous précipitez pour savoir si le régime X,Y,Z marche pour maigrir.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Le temps de l’été. Sophie Cohen
Il était une fois l’été… Il a été… Il était ce temps attendu, ce temps de la vacuité… le temps où on le prend, on le sent… Un temps de vacances, d’ouverture pour voir, un temps pour respirer, du temps pour trouver, à moins que ce ne soit pour retrouver ? Le temps d’aller au rythme du temps. Avec ces longues journées où le soleil est souvent en complet de soirée… Flâner dans le beau temps où l’on sent les chants d’oiseaux, le bruit des vagues, les symphonies du vent qui parcourent les fibres des corps.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Dans le mouvement. Dr Adrian Chaboche
Cette rubrique est destinée à partager des expériences cliniques en quittant l’installation statique de nos habitudes de pratiques. Ouvrons-nous aux champs des possibles, dans le mouvement. Celui du patient et le nôtre. Car il existe une représentation très ancrée de l’hypnose figée, immobile. L’image du patient hypnotisé assis, parfois allongé. Se taire pour mieux s’entendre, ne faire rien pour retrouver l’action : l’hypnose est tout sauf l’immobilisme.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Rencontre avec Guillaume Martinet, jongleur. Dr Dina Roberts
Dina : Mon envie de travailler avec toi est née quand je t’ai vu sur scène. Ce qui me fascinait n’était pas seulement ton niveau technique, mais surtout ta présence. Tu parvenais, en jonglant, à captiver l’attention de toute la salle. Et si dans le public un bébé pleurait, tu réagissais immédiatement, avec la réactivité d’un animal, tout en continuant à jongler. Je te sentais à la fois entièrement plongé dans ce que tu faisais tout en restant ouvert, extrêmement sensible à l’environnement.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Gaston Brosseau, psy non classique. Dr Gérard Fitoussi
Gaston Brosseau propose une lecture de son parcours. Je lui propose des mots extraits de son univers. Solitude. C’est le mot qui me vient lorsqu’on m’interroge sur ma conception de l’hypnose. J’ai osé, depuis plus de trente- cinq ans, établir une géolocalisation de l’hypnose en dehors de toute la cartographie classique en m’autorisant toute la liberté nécessaire pour la rendre accessible à tout le monde.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose et acupuncture en anesthésie. Dr Jean-Michel Hérin
Par le Dr Jean Becchio. Jean-Michel Hérin, confrère formé en hypnose ericksonienne par Claude Virot, nous offre un bouquin agréable à lire dans lequel il évoque et décrit le lien qui unit les espaces, en apparence différents, de l’hypnose et de l’acupuncture. Expert dans les deux domaines, le Dr Hérin illustre son bel ouvrage de cas cliniques et de réflexions sur les mécanismes, communs et particuliers de ces deux approches.
Hypnose, médecine générale, sommeil
En mouvement. Une vie. Christine Guilloux
Oliver Sachs s’était déjà livré dans Oncle Tungstène où il nous avait embarqués en sa passion pour la chimie, sa fascination pour les métaux, ses explorations de l’ordre caché des choses. Une première autobiographie qui nous avait déjà familiarisés à ce parcours d’une passion scientifique, étayée d’anecdotes et d’illustrations des découvertes scientifiques en chimie inorganique des XVIIIe et XIXe siècles.
Hypnose, médecine générale, sommeil
« Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités »
Article écrit par Sophie Cohen. Nous retrouvons ici cinq auteurs : Yves Doutrelugne, Olivier Cottencin, Julien Betbèze, Luc Isebaert et Dominique Megglé, appréciés pour leur approche clinique pragmatique des situations. Dans leur dernier ouvrage tout juste paru, intitulé : « Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités », ils présentent l’utilisation des outils de thérapies brèves.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Je ne pense pas donc je suis. Christine Guilloux
Colloque « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience ». « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience », une journée menée tambour battant, riche d’histoires, d’expériences, de questions sans réponses, de réponses sans questions là où Charcot a fortement contribué à la recherche médicale. Une journée tonique, brillamment orchestrée par le Dr Eric Gibert et le Pr Bruno Fautrel, Service de Rhumatologie & CETD au CHU de La Pitié-Salpêtrière, le 16 juin dernier.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose, médecine générale, sommeil. Drs Adrian Chaboche et Lauriane Bordenave
Pour ce numéro, nous vous présentons un travail national particulièrement intéressant, et dans la continuité de l’article de Daniel Quin au précédent numéro, une récente étude portant sur le sommeil. Cordi M.J., Hirsiger S., Merillat S., Rasch B., « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the ederly », Neuropsychologia 69 (2015), pp. 176-182. Cette étude clinique s’est intéressée aux effets de l’hypnose sur le sommeil et sur les facultés cognitives du sujet âgé
Hypnose, médecine générale, sommeil
La douleur ou la souffrance ? Dr Jean-Marc Benhaiem
Lorsqu’une personne est confrontée à un soin potentiellement douloureux, elle est en réalité, confrontée à la souffrance. La médecine clive la perception de la douleur en différentes composantes : émotionnelle, sensori-discriminative, cognitive et comportementale. En morcelant l’expérience de la douleur, il devient possible de mieux comprendre où se situent les difficultés.

Milton Erickson. Penser à la main. Dr Thierry Servillat

thierry-servillatJuhani Pallasmaa est architecte et finlandais. Il vient de publier un livre dont le titre fait immédiatement écho à tout praticien utilisant dans son travail l’approche d’Ernest Rossi : La main qui pense. Original dans la forme (car abondamment illustré, comme notre revue, d’images en noir et blanc qui éclairent considérablement le propos), il l’est aussi dans son projet : « (…) souligner les mécanismes relativement inconscients de la pensée et de la création qui sont à l’oeuvre chez l’écrivain, l’artiste, l’artisan ou l’architecte ».

Ainsi Pallasmaa, au fil des différents chapitres, s’efforce, modestement (« à la suite de beaucoup d’autres »), de montrer comment « (…) la main ne fait pas qu’exécuter fidèlement et docilement les intentions du cerveau. Au contraire, elle possède une intentionnalité, un savoir et un savoir-faire qui lui sont propres. » Il y a une extension de la réflexion à la « dimension incarnée ».

Dans ce livre très facile à lire, on trouverait bon nombre de réponses à la question de notre éditorial : « Qu’est-ce qu’être éricksonien ?». Et aussi des citations empruntées à des auteurs variés, souvent « subtiles, telles celle de Richard Rorty : « Si le corps avait été plus facile à comprendre, nul ne se serait avisé de nous doter d’un esprit. »

Oui, comme nous l’a appris Erickson, qui considérait la lévitation de la main comme le phénomène hypnotique central (car le plus fréquent), et bien sûr aussi Rossi, « de temps à autre, semble-t-il, elles (nos mains) prennent leur liberté et mènent leur vie comme elles l’entendent ».

Pallasmaa étend sa réflexion à de nombreuses situations lors desquelles les mains semblent s’autonomiser dans cette hypnose partielle qu’Erickson a quand même théorisée. Notamment les gestes amoureux. Citant Rilke : « Une main qui se pose sur l’épaule ou la cuisse d’un autre corps n’appartient plus tout à fait à celui dont elle est venue ».

Etonnamment, il est très difficile de définir ce qu’est une main. Organe compris entre le poignet et l’extrémité des doigts ? Même une conception classique biomécanique fera réfuter cette définition, en concevant évidemment la main comme faisant partie du bras, et ses mouvements comme mettant en jeu muscles du cou, du dos et même des jambes. Elle est par ailleurs tellement présente dans le cerveau, surreprésentée dans les aires corticales… Echapperait-elle à toute définition ?

Pallasmaa nous rappelle aussi utilement combien, lors de l’évolution humaine, le développement de la main a très probablement stimulé le cerveau de nos ancêtres. Ce qui a permis au célèbre neurologue de Stanford Frank Wilson d’écrire : « (…) le cerveau c’est la main, et la main c’est le cerveau ».

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Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Revue Hypnose et Thérapies Brèves n°33thierry-servillat
QUI EST ÉRICKSONIEN ? C’est le printemps, et nous sommes en pleine effloraison éricksonienne ! De nombreux instituts éricksoniens divers et variés continuent de voir le jour, des livres éricksoniens de paraître, des sites de praticiens éricksoniens d’être mis enligne. Les éricksoniens en font des tonnes…Mille tonnes comme m’avait suggéré mon logiciel de dictée vocale à qui je m’étais confié au sujet du Magicien du Désert !

Les herbes folles. Dr Patrick BELLETdr-patrick-bellet
CONTRIBUTION À LA NATURE VÉGÉTALE DE L’HYPNOSE. Digressions à la manière d’un road-movie sur la pratique de l’hypnose, entre académisme et sérendipité. C’était une journée banale. Je devais me rendre dans un hôpital pour une conférence. Après un démarrage un peu matinal, la route départementale me mène de Vaison jusqu’à l’autoroute à Bollène. La routine. L’arrivée au péage. Ralentir, s’arrêter, prendre le ticket. La barrière qui se lève. Première, seconde, troisième.

Récits et formes en douleur chroniquehypnose-therapies-breves-33-110
Par Fanny MILLER, avec la contribution de Pierre-Henri GARNIER. L’ACTEUR RÉSEAU « HYPNOSE ». Non seulement écouter le patient douloureux chronique, mais observer son langage lorsqu’il raconte sa rencontre avec l’hypnose. Tel a été le sujet d’une recherche menée par une jeune psychologue avec l’aide d’un logiciel d’analyse de mots.

 

Lambrette-GregoryHarcèlement professionnel

Par Guillaume DELANNOY, Grégory LAMBRETTE. APPROCHE PRAGMATIQUE ET INTERACTIONNELLE. Voir autrement une situation bien souvent décrite en terme de blocage. Les auteurs nous proposent ici de considérer le harcèlement au travail comme une interaction dans laquelle la victime devient active et permet qu’un processus vivant modifie la donne.

Préparation mentale par la PNL. Guy MISSOUMguy-missoum
POUR PERFORMER PARFAITEMENT. Fille de l’hypnose, la PNL reste une pratique vivace dans certains domaines comme la préparation sportive. Spécialiste reconnu, l’auteur en présente les principaux outils utilisés. Développée initialement dans les domaines de la thérapie et de l’optimisation de la vie quotidienne, la PNL s’est très vite répandue dans l’univers de l’entreprise.

Musique et hypnose. Catherine ELIAT
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LA VOIE DU SON ? Aspirant à devenir « pianesthésiste », Catherine Eliat approfondit ici une méditation sur l’utilisation de la musique hypnose, particulièrement dans la prise en charge de la douleur aigüe chirurgicale. Un texte qu’elle fait progresser piano appassionata. Dès ma première formation à l’hypnose, en 2007, à Emergences avec Claude Virot, et alors que parallèlement je reprenais un contact intensif avec la musique, je me suis interrogée sur les liens entre la pratique de l’hypnose dans le soin, et la pratique instrumentale ou vocale des musiciens.

“Pour le moins”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 33stefano-colombo
Pour le moins c’est clair !En moins de temps qu’il n’en faut pour le lire, j’ai eu la sensation, pour ne pas dire la conviction, que je vaux moins que zéro, à moins que…Prenons les mathématiques : moins et moins cela fait plus. Sauvé ! J’ai volé deux pommes, et la vieille dame s’est retrouvée avec deux pommes en moins, le lendemain j’ai récidivé. Elle avait encore deux pommes en moins, et moi, j’en avais quatre en plus. Simple non ? Moins deux et moins deux donne quatre.

Actualités scientifiques. Antoine BIOYAntoine-Bioy
Commençons par les actualités dans le soin. Kamen et coll. (2014) confirment l’intérêt de l’hypnose dans les nausées et vomissement liés à la chimiothérapie chez les patients atteints de cancer (avec l’avantage très formel de ne pas nécessiter de matériel et que le patient peut apprendre l’autohypnose et donc pratiquer seul). Toujours dans le cancer, une étude prospective de Paquier et coll. (CHU de Poitiers) montre l’intérêt d’une séance d’hypnoanalgésie accompagnant la photothérapie dynamique (traitement de lésions cancéreuses ou précancéreuses).

Milton Erickson. La réalisation du Magicien du déserthypnose-therapies-breves-33-110
Contributions de Roxanna ERICKSON-KLEIN, Alexander VESELY, Mary CIMILUCA. 
Traduction Thierry SERVILLAT.Le film Magicien du désert, réalisé par Alexander Vesely, est un film sur le Dr Milton Erickson. Il parle à la fois de l’histoire de cet homme remarquable, et des profondes impressions que celui-ci était capable de provoquer en un instant. C’est l’histoire de l’impact qu’il a eu sur des personnes et sur le métier psychothérapeutique en pleine évolution. Les personnes ayant cette capacité sont rares et leur propre histoire est singulière.

A propos du réseau « Hypnose et Maternité »armelle-touyarot
Par Isabelle BARGELE, Armelle TOUYAROT. Pourquoi un article d’information sur le réseau « Hypnose et maternité » dans la rubrique « billet d’humeur » ? Il semble que ce soit courant d’associer « humeurs » et maternité… Humeurs fluctuantes en raison notamment de leur rapport avec les hormones. Revenons au dictionnaire : Humeur : du latin humor, liquide. Disposition affective de base dont les variations entre une tonalité agréable (pôle du plaisir) et une tonalité désagréable (pôle de la douleur) seraient sous-tendues par une régulation neuro-humorale (Larousse).