L’arrivée de l’hypnose dans un service médical d’urgence. Dr Didier Brodsky

L’hypnose dans un service médical d’urgence

Avant l’heure, c’est déjà l’heure Après l’heure, c’est encore l’heure

L’urgence se définit par le temps disponible à l’accomplissement d’un acte, un service médical d’urgence devrait donc être le lieu de la meilleure utilisation du temps. L’hypnose, par contre, n’a pas de lien fixe avec cette quatrième dimension puisqu’elle va faire varier son unité de mesure en fonction des circonstances. Comment donc associer ces deux entités – l’urgence médicale et l’hypnose – alors que l’efficacité immédiate, encore plus que l’efficience, est devenue le point d’orgue de toute organisation sanitaire ? Comment faire entrer l’hypnose dans un de ces temples de la rationalité et du cartésianisme que sont les hôpitaux français ?

Comment faire entrer l’hypnose :

– en tant qu’outil dans une boîte déjà bien fournie, mais de forme et de maniement différents de tous les autres ;

– comme incitateur pour une organisation du soin prenant mieux en charge la globalité de la personne, permettant de remettre du lien et de l’humain, d’ajouter la parole à la technique ;

– comme médiateur entre des préoccupations physiques et des entités comprenant des éléments psychosociaux encore plus prégnants dans le cadre diversifié de l’urgence réelle ou ressentie ;

– comme réponse à des envies de soins différents telles qu’elles sont exprimées de plus en plus chez nos patients ? C’est à l’ensemble de ces questions que je vais essayer de répondre dans cet article en partant d’une expérience originale : l’introduction de l’hypnose comme soin courant dans un service d’urgence.

Comment s’est créée cette aventure dans un des plus grands services d’urgence de Lyon ? Il s’agit tout d’abord d’une histoire personnelle. Après avoir travaillé pendant plus de vingt ans en prise directe avec cette entité mal définie qu’est l’urgence médicale et finalisé une formation universitaire concernant le diagnostic, l’évaluation et le traitement de la douleur, j’ai voulu à titre personnel m’initier à une nouvelle pratique, celle de l’hypnose. Sans aucune idée des implications de cette technique sinon fantasmatiques, mais également sans aucune certitude quant à sa faisabilité dans mon univers professionnel. Il s’agissait surtout pour moi d’aller jusqu’au bout d’une démarche personnelle. Ma formation a donc débuté au mois de juillet 2010 et a comporté quatre sessions. Fort de nouvelles possibilités d’approche et de résolution de problèmes de santé, je me trouve pour la première fois en face d’une patiente, prêt à lui faire bénéficier de mon nouveau savoir. Il est 2 ou 3 heures du matin, la tension due à l’affluence a quelque peu baissé et la crise d’angoisse très démonstrative qui a amené Mlle M.jusqu’à notre service est l’indication rêvée pour un débutant. La première impression est une interrogation voire une anxiété : comment avec mes mots tranquilliser et soulager, ne pas paraître ridicule ou mal à propos, alors que la chimie moderne a tellement de solutions à proposer dans un tel cas ? Le succès – facile a posteriori – fut rapide et enivrant. Il fut aussi démonstratif pour moi que pour l’équipe avec laquelle je travaillais ce jour-là. Le temps passé avec Mlle M. a été certes plus important que celui qui aurait été nécessaire pour lui prescrire et lui faire prendre un anxiolytique, mais l’effet fut finalement beaucoup plus rapide donc, au final, moins de présence soignante fut nécessaire près de la patiente.Me voilà donc entré dans la « vie active hypnotique »…

J’ai continué, au gré des besoins des patients, de ma disponibilité d’esprit et de temps (si, si), à faire des séances, tant pour soulager l’esprit que le corps. Une des séances les plus importantes de cette période concerne un patient agité, ne voulant en aucun cas recevoir des soins et pour lequel se posait la question d’une pathologie psychiatrique aiguë ou d’un désordre somatique. Les différents acteurs médicaux avaient besoin de temps pour faire un diagnostic en recherchant notamment les antécédents et l’anamnèse de la situation présente. Cependant, l’agitation psychomotrice de Mr. G. devenait problématique et une contention physique et chimique fut décidée – ce qui par ailleurs rendrait tout interrogatoire et consultation psychiatrique impossible. Je fus donc appelé pour participer à cette contention, manœuvre qui doit se faire dans le calme, mais avec au moins six intervenants. Arrivé vers Mr. G., sans intention particulière autre que de faire partie du groupe de contention, je parle avec calme mais fermeté. Je m’aperçois alors que le ton de ma voix et le rythme de mes paroles semblent entrer en résonance avec l’esprit du patient : une idée puis une résolution me gagnent. Je poursuis donc mon flot de paroles devant l’équipe – comprenant le psychiatre – médusée et encore aux aguets. Petit à petit, doucement et calmement, Mr. G. reste attentif puis s’assoit – pour la première fois depuis plus d’une demi-heure – , s’allonge, s’apaise. Le reste de l’équipe s’éloigne en dehors du psychiatre, très intéressé par la séance. Je poursuis en restant seul actif, m’asseyant et restant en contact verbal. Mr. G. s’endort et nous le laissons dans ses propres pensées. Les recherches anamnestiques peuvent donc reprendre. Au bout d’un quart d’heure, Mr. G.se réveille et s’agite à nouveau. Je reviens près de lui et au bout de 5 minutes, le calme est revenu. La situation a pu ainsi être contrôlée jusqu’à l’obtention des éléments recherchés. Dans la suite, Mr. G. a de nouveau présenté des épisodes d’agitation. Je n’étais plus alors dans le service et la contention chimique et physique initialement prévue a été mise en œuvre.

Qu’est-il ressorti de cette expérience :

– la possibilité d’utiliser l’hypnose pour réguler un moment de tension important, dans le calme et finalement l’économie de moyens humains : une personne plutôt que cinq ou six près du patient ;

– la nécessité d’avoir, quels que soient l’heure et le jour, des ressources humaines multiples prêtes à mettre en œuvre cette technique pour une logique de prise en charge ;

– l’importance de pouvoir déléguer la réalisation d’une séance d’hypnose à la personne ressource la plus disponible en fonction de son métier et du moment ;

– l’hypnose sera d’autant mieux utilisée qu’elle sera comprise, admise, voire utilisée par un maximum d’acteurs du service.

Déjà germait une idée dans mon esprit…

La graine a trouvé son terreau dans la participation au concours APICIL de 2013, dont le sujet « Urgences et douleur » a permis la présentation d’un projet de formation de l’ensemble d’un service d’urgence – tous métiers confondus – à la pratique de l’hypnoanalgésie. Ce projet, présenté avec l’appui de mon établissement hospitalier, a remporté un prix permettant d’initier un cycle de formation en 2014. C’est ainsi que furent formées (70 heures sur 10 jours) 65 personnes, médecins somaticiens, médecins psychiatres, infirmières et cadre infirmier, aides-soignantes, brancardiers et manipulatrices d’électro-radiologie.

La pratique sur le terrain

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, chacun des agents formés a été confronté – peu ou prou – aux appréhensions qui m’ont envahi lors de ma première séance. Cependant, la présence et l’encouragement de plusieurs « nouveaux praticiens » ont permis de faciliter et d’accélérer la mise en œuvre de ce nouveau savoir. De principe dans le service d’urgence, toute séance d’hypnose ne peut être réalisée qu’après avis et prescription médicale. Soit elle est un acte médical, réalisé par des médecins, soit elle est un acte médical délégué alors réalisé par des soignants non-médecins. Elle fait donc l’objet d’une prescription comme tout acte médical, ainsi que d’une cotation d’acte et d’une traçabilité, renforçant ainsi son caractère « officiel » et sa crédibilité.

Les personnels les plus actifs dans la réalisation de séances sont incontestablement les aides-soignantes ! La possibilité d’agir effectivement sur les symptômes et sur le mal-être des patients, la motivation de ces personnes dans un service d’urgence qui pour venir ont interrompu parfois brutalement toute activité ainsi que l’utilisation d’un outil efficient dont elles ont la maîtrise ; tout ceci constitue un puissant aiguillon pour des professionnelles trop souvent jugées comme subalternes.

Tout lieu est disponible pour une séance, et ce dès l’arrivée du patient si elle paraît nécessaire à ce moment. Les acteurs du service ont acquis maintenant suffisamment d’expérience pour ne pas être perturbés par un environnement parfois bruyant ou agité.

La notion d’urgence entre parfois en collision avec le temps disponible. D’une part, il est rare que tous les métiers soient concernés en même temps, d’où l’importance d’avoir formé des professionnels de métiers variés, d’autre part on confond souvent urgence et précipitation. Aussi avoir des impératifs d’efficacité en un temps donné ne veut pas dire que tout doit être fait en même temps. L’urgence, c’est bien l’obtention d’un résultat final dans le temps le plus court, même si la réalisation d’un acte prend un temps jugé par certains important. Une prise en charge en urgence, dans l’agir pur, est contraignante en terme de nombre de personnels, de tensions psychiques pour le patient et pour les soignants, augmente la part d’anxiété voire de panique pour le patient. Cette angoisse est elle-même responsable de troubles organiques qui se rajoutent aux troubles déjà présents et qui sont à l’origine de la venue du patient. Lorsque cette prise en charge peut s’accompagner d’un espace où l’esprit prend sa part, où le somatique est guidé en partie par le psychique, les tensions s’apaisent pour tous et l’espace de soin devient plus serein. Pour tous. Et tous sont alors plus efficaces.

Cela est particulièrement vrai dans un espace confiné comme peut l’être celui des machines d’imagerie médicale (scanner et plus encore IRM). De même, la réalisation d’examens d’imagerie, y compris les radiographies traditionnelles, peut être très douloureuse voire impossible en cas d’urgence traumatologique. On est certes à l’extérieur du Service Médical d’Urgence, mais les patients ont régulièrement besoin de ces examens complémentaires. Il est rarement possible de les préparer à un tel confinement qui, dans certains cas, représente une agression supplémentaire, une angoisse surajoutée au mal-être parfois intense qu’ils ressentent. Travaillant conjointement avec le service d’Imagerie Médicale, c’est donc sciemment que nous avons inclus les personnels de ce service dans notre cycle de formation, et cela dès le début. Cependant, lorsque personne « d’hypnotiquement compétent » n’est disponible dans le service d’Imagerie, la continuité de la prise en charge se fera avec le personnel du Service Médical d’Urgence. Et c’est ainsi que nombre d’examens d’imagerie ont pu être réalisés dans de bonnes conditions, avec un temps de prise en charge globale beaucoup moins important et avec une sécurité tant du point du vue diagnostique que thérapeutique bien supérieure, que s’il avait fallu s’en passer ou les pratiquer sous sédation chimique.

Médecin urgentiste depuis 1989, j’exerce dans le Service Médical d’Urgence du Centre Hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc à Lyon. Diplômé en algologie depuis 2010. Formé à l’hypnose en 2010 à l’Institut Milton H. Erickson d’Avignon-Provence, je la pratique dans le cadre de l’urgence depuis maintenant cinq ans et demi. Lauréat du prix « Urgence et Douleur » de la fondation APICIL en 2013, j’ai initié un programme de formation pour tout le personnel du service dans lequel j’exerce.

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La modestie suggère de s’arrêter au constat de saint Augustin (354-430) : « Qu’est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. » Aristote (384-322) se posait la question si le temps est un produit de notre conscience ou s’il existe en dehors d’elle. Le changement d’aspect et de la position des astres indique un déplacement dans l’espace, un mouvement. Ce dernier nécessite de l’action du temps. Et voilà temps et espace déjà liés.

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Un peu de temps à l’état pur…Tant qu’il n’y a pas de cela, il n’y a rien…« Le but de l’homme moderne sur cette terre est à l’évidence de s’agiter sans réfléchir, dans tous les sens, afin de pouvoir dire fièrement, à l’heure de sa mort : je n’ai pas perdu mon temps. »  Pierre Desproges. Je me rappelle encore la réflexion d’un de mes amis qui me disait à Dakar, affolé de notre course au temps : « Vous les Européens, vous avez la montre, nous les Africains, nous avons le temps. »

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Les paupières changent de transparence, elles se figent. Le ciel se colore d’un azur brillant,
il s’épaissit. Le corps épouse l’arène, s’endort, il s’oublie. Les palmiers gesticulent dans un vent imaginaire, ils bourdonnent. Le rocher domine impérial, imbibé d’illusions, il se tétanise. Les couleurs se frayent un chemin entre les gouttes dispersées, elles se querellent. Les crevettes, indécises, s’enquièrent du fond marin, elles s’y abandonnent. Les poissons se faufilent entre les perles aquatiques, ils s’enflamment.

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« Docteur, j’ai quelque chose à vous dire ; en plus de quinze ans je n’ai jamais osé, mais… » Il y a peu, une personne me raconte cette pépite d’histoire. Alors, voici un accompagnement possible… Vous souvenez-vous du temps des étiquettes sur les manteaux ? Que de fois ai-je vu ma mère assise près de la fenêtre au salon, attelée à son ouvrage, elle cousait, raccommodait, brodait patiemment. Combien de fois ai-je vu ma mère qui coud ces petites étiquettes. Je la vois, maintenant, avec la patience inégalable de l’amour, avec le temps qu’il fait, pluvieux, beau ou neigeux, elle se pose près de la fenêtre.

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Aujourd’hui, « Références » s’ouvre sur une redécouverte du passé, l’existence d’un deuxième baquet de Mesmer, et peut-être, plus important encore, la « preuve indirecte » de son fameux secret. 2015 a été l’année des IXe Forum de la CFHTB et XXe Congrès mondial d’Hypnose à Paris, c’était aussi le bicentenaire de la mort de Franz Anton Mesmer à Meersburg, près du lac de Constance. Pour commémorer cet événement, nous avions envisagé de présenter le baquet de Mesmer à Paris.

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Un thème donné, une orientation vers le futur, le numéro 41 d’« Hypnose et Thérapies brèves » est à venir au joli mois de mai. Un thème donné, la temporalité. Une marque à poser sur le chemin pour célébrer dix ans d’existence. Aux confins du futur et du passé, un exercice de style pour tordre le cou aux idées reçues comme aux accélérations du temps. Quelles idées reçues ? Quelles accélérations du temps ? Voyager plus vite que la lumière, à la « warp speed » comme dans Star Trek et démontrer qu’Einstein avait tort quant aux limites de l’espace-temps ?

pr-andre-mullerLe temps de la douleur chronique. Pr André Muller

Itinéraire sensible d’un expert. C’est égoïstement que j’aimerais faire part de mon expérience. Médecin anesthésiste-réanimateur, agrégé de thérapeutique, algologue, je m’occupe de patients douloureux chroniques depuis près de quarante ans. Bien au fait des différences qui existent entre une douleur aiguë et une douleur chronique, j’ai toujours pris le temps d’expliquer à mes patients ces différences, insistant sur le fait que ce n’est qu’exceptionnellement que l’on peut « réduire à zéro » une douleur chronique, et qu’au mieux on peut espérer, grâce à une prise en charge pluriprofessionnelle, une amélioration suffisante pour rendre le quotidien vivable.