Conscience et guérison. Le rôle du patient dans le processus de guérison

Par le Dr Gérard VIGNERON, Médecin, hypnothérapeute formé en hypnose à l’AFEHM auprès de François Roustang et de Jean-Marc Benhaiem.

Revue Hypnose & Thérapies brèves n°50

« Oui, vous aviez raison, c’est bien un lymphome. »
Ces quelques mots prononcés par le chirurgien qui venait de recevoir les résultats de l’anatomo-pathologie des ganglions enlevés quelques jours auparavant, allaient provoquer en moi une espèce d’urgence à préciser le rôle et la place que doit prendre le patient dans le processus de guérison.

Ce processus reste fort mystérieux, il n’existe pas de recettes miracles pour le stimuler et de plus « guérir » n’a pas la même signification pour chacun d’entrenous. Pour certains la guérison sera définie par la disparition d’un symptôme ou d’une maladie aussi grave soit-elle. Pour d’autres, elle consistera à trouver un équilibre, non seulement physique, mais aussi émotionnel. Pour d’autres enfin, la guéri- son sera synonyme d’un changement radical dans leur façon d’être, dans leur rapport avec les autres, avec le monde. Cela peut même se traduire pour eux par la dé- couverte d’une dimension insoupçonnée, grâce à une expérience que certains définissent comme étant une expérience holotropique, c’est-à-dire une expérience qui amène à une sensation de ne faire qu’un avec un Tout.

Chacun doit donc trouver comment se mettre en chemin vers la guérison. Ce n’est pas une mince affaire, car il n’y a pas de protocole préétabli, de chemin tout tracé et le résultat n’est jamais garanti. Néan- moins, ceux qui arrivent à bon port et qui se guérissent d’une maladie grave parta- gent un trait commun : ils ont su mobili- ser « la force qui est en chacun de nous et qui est notre plus grand médecin »1, ils ont su éveiller leur guérisseur intérieur.

LE GUÉRISSEUR INTÉRIEUR
Mais que signifie ce terme ? Que représente-t-il ? Que recouvre-t-il ? Il n’a rien de scientifique, fait peut-être un peu New Age et pourtant il revêt pour moi une grande importance. C’est un processus dynamique immatériel fort mystérieux, mais qui va devenir le véritable chef d’orchestre dans l’environnement soignant que je dois, en tant que patient, mettre en place.
Pour le mobiliser, je ne possède aucune ordonnance miracle, ni recette, ni pilule, mais je ne suis pas pour autant une « ma- chine biologique impuissante2 ». Il ne s’agit pas non plus de me considérer comme tout puissant (je dois accepter de me faire aider), mais il est indéniable que je dois prendre toute ma part dans le pro- cessus de guérison.
Deux concepts développés par la science, la neuroplasticité et l’épigénétique, viennent conforter cette conviction.

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Laurent Gross

Dirige le Collège d’Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris. Il est kinésithérapeute, hypnothérapeute, praticien & superviseur EMDR-IMO et responsable de formation

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