Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet

Médecin. Président-fondateur de la Confédération Francophone d’Hypnose et de Thérapies Brèves. Président de l’Institut Milton H. Erickson d’Avignon-Provence. Rédacteur en chef-fondateur de la revue « Hypnose & Thérapies Brèves ». Conférencier international.

En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. »

Erickson : « Une intense mémoire plutôt que de l’imagination. Vous vous souvenez comment du goût des choses, vous vous souvenez comment vous retrouvez un certain picotement de menthe poivrée. Comme n’importe quel enfant, j’avais l’habitude de grimper dans les arbres et ensuite de sauter d’un arbre à un autre comme un singe. Je devais me souvenir des différentes manières de pivoter et de tourner correctement pour retrouver ce que sont les mouvements quand vous avez tous vos muscles. »

R. : « Vous activiez de réels souvenirs de votre enfance de façon à apprendre comment contrôler beaucoup mieux les muscles que vous aviez perdu et comment réacquérir ce contrôle. »

E. : « Oui, vous utilisez de réels souvenirs. A 18 ans, je me souvenais de tous les mouvements de mon enfance pour me réapprendre la coordination musculaire. »

A 18 ans, sa vie est menacée par une gravissime atteinte de poliomyélite. Condamné par les médecins, Milton Erickson tombe dans le coma plusieurs jours. Il en sortira au prix d’une laborieuse rééducation.

Au fond de son lit, paralysé, il observe ses petits frères et sœurs. Il observe com- ment sans aucun conseil, ni enseignement, ils passent de la position rampante à celle dite « château branlant », puis à celle plus assurée bien qu’instable qui précède la marche d’un « grand »… D’autres obstacles vont surgir : monter et descendre des marches et des escaliers. Non sans mal. Toutes ces étapes, Milton les a connues, pratiquées et au bout du compte avec succès. De cette réussite d’apprentissage précoces, il ne reste qu’un souvenir. Tout comme à nous. Milton a compris intuitivement que ce souvenir serait le seul moyen de recouvrer la position debout et la marche. La méthode expérimentale. Celle qui précède la compréhension !

Milton observe, observe et observe. Redevient petit enfant et réapprend à ressentir. Et cette sensation s’incarne. Dans le rocking-chair, l’équilibre s’affirme. Le balancement l’oriente dans la chambre grâce à ce déplacement oscillatoire. L’idée crée le frémissement musculaire qui se propage au fauteuil bancal dont l’instabilité augmente l’amplitude du mouvement. La pensée s’est transformée en action et il re- trouve ses souvenirs de gamin de la campagne avec ses jeux dans les arbres. Le contact rugueux de l’écorce dans les paumes des mains, l’appui arrondi des branches sous les pieds et aussi l’odeur des foins coupés portée par le vent qui fait frémir les feuilles autour de lui, etc.

La classique suggestion idéo-motrice. La base de l’hypnose !

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Hypnose, médecine générale, sommeil

Ouvrir le champ des possibles. Sophie Cohen
Nous nous retrouvons avec plaisir en cet automne. Ce numéro de la Revue fait la part belle à la Médecine fonctionnelle. Henri Bensoussan et les auteurs de ce dossier thématique nous présentent l’actualité et les possibilités de l’utilisation de l’hypnose et des thérapies brèves dans ce secteur de la médecine où les croyances tricotées avec les limitations corporelles peuvent faciliter ou entraver la reprise des activités, la pour-suite de la vie dans son ensemble chez nos patients.

Hypnose, médecine générale, sommeil
Danser avec le patient : l’accordage pour soulager douleur, souffrance. Dr Olivier Debas
Les cas cliniques de soulagement de la douleur et de la souffrance qui suivent, et leurs commentaires, illustrent la pratique libre et tranquille d’Olivier Debas. Quatre cas cliniques comme les quatre directions possibles de remise en mouvement. Alice a 20 ans et souffre de douleurs chroniques depuis deux ans. Initialement localisées au niveau du genou gauche, elles se sont étendues à l’ensemble des membres inférieurs puis au rachis lombaire.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La patiente récalcitrante: sortir du burn-out. Marie-Clotilde Wurz
Avec beaucoup de sincérité, Marie-Clotilde, psychologue, nous livre la façon dont elle a utilisé l’hypnose pour ouvrir vers de la nouveauté. Je suis psychologue clinicienne et hypnothérapeute. J’ai fait le choix de travailler essentiellement en cabinet libéral et d’avoir en parallèle des activités d’enseignement pédagogique et universitaire ainsi que des groupes de parole.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La perception de l’hypnose par les patients hémodialysés. Dr Catherine Lasseur
L’hémodialyse mobilise le patient pendant de longues heures, trois fois par semaine. Au travers de cet article, le Docteur Lasseur nous fait part des résultats d’une enquête sur la façon dont l’hypnose est appréciée par ces patients. ’insuffisance rénale chronique termi- nale nécessite le recours à des techniques de suppléance du fonctionnement des reins, parmi lesquelles l’hémodialyse.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La qualité de vie des patients. Un protocole de recherche. Carole Maurer
Évaluer l’intérêt de l’hypnose dans les douleurs induites par la chimiothérapie. Passionnées par la découverte des possibilités de l’hypnose, c’est avec enthousiasme qu’avec mes collègues nous avons mis en application nos rudiments. Rapidement, il nous est apparu que les moyens hypnotiques à notre disposition allaient changer beaucoup de choses dans notre métier. Mais il nous avait été enseigné toute la pertinence de « l’œil du débutant », un regard ouvert et curieux.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose et rééducation. Dr Henri Bensoussan
Hypnose et rééducation, le rapprochement a été effectué il y a longtemps par le jeune Milton H. Erickson, lors de son second épisode de poliomyélite. L’anecdote est connue : condamné à mourir à cause de ses paralysies, il va vivre, condamné à ne plus pouvoir marcher, il va marcher. C’est en puisant dans la mémoire de son corps, en retravaillant les automatismes qui nous font bouger, en utilisant ses souvenirs de mouvements qu’il va progressivement se remettre en mouvement et repartir dans le flux de sa vie.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose en rééducation pédiatrique. Bénédicte Ansel et Dr Cécile Mareau
En pratique, pendant une séance de rééducation, le kinésithérapeute intègre l’hypnose conversationnelle lors de moments bien précis : massage, mobilisation. Il peut également proposer des séances d’hypnose formelle en dehors des séances de rééducation. Il profite ensuite des séances de rééducation pour reprendre les mots employés par l’enfant, ses métaphores, et ancrer les modifications en hypnose conversationnelle.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose médicale : Douleur et difficultés motrices. Dr Henri Bensoussan
Quel bilan faire de seize années de consultations d’hypnose médicale orientées vers la douleur chronique et les difficultés motrices ? Nous proposons de distinguer deux groupes de patients. Le premier groupe qui, une fois le diagnostic posé, se sent rejeté par des phrases du style : « je ne peux rien pour vous » ; « votre état va se dégrader » ; « vos douleurs sont inévitables ».
Hypnose, médecine générale, sommeil
Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet
En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. ».
Hypnose, médecine générale, sommeil
AVC, intérêt de l’hypnose. Revue de littérature
L’hypnose a fait ses preuves dans la gestion de la douleur et de la souffrance psychologique, entrant dans les centres de rééducation. L’arrivée de la pratique de l’hypnose dans des équipes pluridisciplinaires a ouvert des perspectives sur la prise en charge d’autres pathologies, notamment neurologiques. Il n’existe pas d’étude à notre connaissance spécifique à l’hypnose en rééducation neurologique.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Métaphores possibles dans le SDRC. Dr Philippe Marchand
Le syndrome douloureux régional complexe est une pathologie dont le diagnostic est évoqué devant des suites opératoires inhabituellement douloureuses. Ce syndrome, parfois appelé algodystrophie, entraîne une impotence, des troubles trophiques et vasomoteurs : œdème, modification de température et d’aspect de la peau. Les appellations évoluent au cours des années et de la compréhension de cette pathologie.
Hypnose, médecine générale, sommeil
« Je viens vous voir, y’a rien qui marche ». Dr Stefano Colombo
Cela commence bien ! Ce verbe, marcher, est omniprésent et utilisé un peu dans toutes les sauces. A la sauce mécanique quand vous vous décarcassez avec un ustensile qui ne veut pas démarrer, à la sauce militaire avec l’ordre de marche, à la sauce numérique quand votre ordi refuse de quitter le bug. Vous êtes en surpoids ? Vous vous précipitez pour savoir si le régime X,Y,Z marche pour maigrir.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Le temps de l’été. Sophie Cohen
Il était une fois l’été… Il a été… Il était ce temps attendu, ce temps de la vacuité… le temps où on le prend, on le sent… Un temps de vacances, d’ouverture pour voir, un temps pour respirer, du temps pour trouver, à moins que ce ne soit pour retrouver ? Le temps d’aller au rythme du temps. Avec ces longues journées où le soleil est souvent en complet de soirée… Flâner dans le beau temps où l’on sent les chants d’oiseaux, le bruit des vagues, les symphonies du vent qui parcourent les fibres des corps.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Dans le mouvement. Dr Adrian Chaboche
Cette rubrique est destinée à partager des expériences cliniques en quittant l’installation statique de nos habitudes de pratiques. Ouvrons-nous aux champs des possibles, dans le mouvement. Celui du patient et le nôtre. Car il existe une représentation très ancrée de l’hypnose figée, immobile. L’image du patient hypnotisé assis, parfois allongé. Se taire pour mieux s’entendre, ne faire rien pour retrouver l’action : l’hypnose est tout sauf l’immobilisme.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Rencontre avec Guillaume Martinet, jongleur. Dr Dina Roberts
Dina : Mon envie de travailler avec toi est née quand je t’ai vu sur scène. Ce qui me fascinait n’était pas seulement ton niveau technique, mais surtout ta présence. Tu parvenais, en jonglant, à captiver l’attention de toute la salle. Et si dans le public un bébé pleurait, tu réagissais immédiatement, avec la réactivité d’un animal, tout en continuant à jongler. Je te sentais à la fois entièrement plongé dans ce que tu faisais tout en restant ouvert, extrêmement sensible à l’environnement.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Gaston Brosseau, psy non classique. Dr Gérard Fitoussi
Gaston Brosseau propose une lecture de son parcours. Je lui propose des mots extraits de son univers. Solitude. C’est le mot qui me vient lorsqu’on m’interroge sur ma conception de l’hypnose. J’ai osé, depuis plus de trente- cinq ans, établir une géolocalisation de l’hypnose en dehors de toute la cartographie classique en m’autorisant toute la liberté nécessaire pour la rendre accessible à tout le monde.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose et acupuncture en anesthésie. Dr Jean-Michel Hérin
Par le Dr Jean Becchio. Jean-Michel Hérin, confrère formé en hypnose ericksonienne par Claude Virot, nous offre un bouquin agréable à lire dans lequel il évoque et décrit le lien qui unit les espaces, en apparence différents, de l’hypnose et de l’acupuncture. Expert dans les deux domaines, le Dr Hérin illustre son bel ouvrage de cas cliniques et de réflexions sur les mécanismes, communs et particuliers de ces deux approches.
Hypnose, médecine générale, sommeil
En mouvement. Une vie. Christine Guilloux
Oliver Sachs s’était déjà livré dans Oncle Tungstène où il nous avait embarqués en sa passion pour la chimie, sa fascination pour les métaux, ses explorations de l’ordre caché des choses. Une première autobiographie qui nous avait déjà familiarisés à ce parcours d’une passion scientifique, étayée d’anecdotes et d’illustrations des découvertes scientifiques en chimie inorganique des XVIIIe et XIXe siècles.
Hypnose, médecine générale, sommeil
« Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités »
Article écrit par Sophie Cohen. Nous retrouvons ici cinq auteurs : Yves Doutrelugne, Olivier Cottencin, Julien Betbèze, Luc Isebaert et Dominique Megglé, appréciés pour leur approche clinique pragmatique des situations. Dans leur dernier ouvrage tout juste paru, intitulé : « Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités », ils présentent l’utilisation des outils de thérapies brèves.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Je ne pense pas donc je suis. Christine Guilloux
Colloque « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience ». « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience », une journée menée tambour battant, riche d’histoires, d’expériences, de questions sans réponses, de réponses sans questions là où Charcot a fortement contribué à la recherche médicale. Une journée tonique, brillamment orchestrée par le Dr Eric Gibert et le Pr Bruno Fautrel, Service de Rhumatologie & CETD au CHU de La Pitié-Salpêtrière, le 16 juin dernier.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose, médecine générale, sommeil. Drs Adrian Chaboche et Lauriane Bordenave
Pour ce numéro, nous vous présentons un travail national particulièrement intéressant, et dans la continuité de l’article de Daniel Quin au précédent numéro, une récente étude portant sur le sommeil. Cordi M.J., Hirsiger S., Merillat S., Rasch B., « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the ederly », Neuropsychologia 69 (2015), pp. 176-182. Cette étude clinique s’est intéressée aux effets de l’hypnose sur le sommeil et sur les facultés cognitives du sujet âgé
Hypnose, médecine générale, sommeil
La douleur ou la souffrance ? Dr Jean-Marc Benhaiem
Lorsqu’une personne est confrontée à un soin potentiellement douloureux, elle est en réalité, confrontée à la souffrance. La médecine clive la perception de la douleur en différentes composantes : émotionnelle, sensori-discriminative, cognitive et comportementale. En morcelant l’expérience de la douleur, il devient possible de mieux comprendre où se situent les difficultés.

Hypnose médicale : Douleur et difficultés motrices

une43-200Par le Dr HENRI BENSOUSSAN: Anesthésiste réanimateur. Formé à l’hypnose à l’AFEHM. Formateur au DU d’Hypnose médicale de la faculté de médecine de Lille. Formateur à l’AFEHM.

« L’homme n’est jamais plus semblable à lui-même que lorsqu’il est en mouvement. » Le Bernin

Quel bilan faire de seize années de consultations d’hypnose médicale orientées vers la douleur chronique et les difficultés motrices ?

Nous proposons de distinguer deux groupes de patients. Le premier groupe qui, une fois le diagnostic posé, se sent rejeté par des phrases du style : « je ne peux rien pour vous » ; « votre état va se dégrader » ; « vos douleurs sont inévitables »… Ainsi un patient rapporte les propos du chirurgien qui l’a opéré deux fois : « Mon travail a été bien fait, je ne peux plus rien pour vous. » Cette réflexion lui fait plus mal que la douleur. Le deuxième groupe de patients venu consulter après une prise en charge allant de quelques mois à quatorze ans.

L’hypnose nous a appris l’importance de l’alliance thérapeutique. Prendre le temps nécessaire est la première règle. La qualité de l’écoute est la seconde. Donner la parole au patient le surprend : son avis passe avant celui des soignants dont il transporte comptes rendus et imagerie. Le patient occupe le premier rôle, narrateur d’une histoire qu’il connaît bien. Il raconte ce qu’il a vécu.

L’étape suivante est l’orientation thérapeutique : le moment où le soignant peut modifier la compréhension du patient.

Ceci documente le thérapeute sur quatre éléments importants : les circonstances du début du problème ou du traumatisme, l’histoire parfois longue du diagnostic, l’évolution des différentes thérapies et les répercussions sur la vie du patient. Le scénario écrit, nous voyons comment le patient l’interprète en fonction de ses connaissances, de ses échanges avec les autres soignants ou d’autres patients, de son vécu et de celui de ses proches. Rappelons qu’« une perception est par essence le résultat d’une interprétation personnelle sur des informations sensorielles » (Berquin, 2016). Sans doute trouve-t-on ici la raison pour laquelle il existe parfois un grand décalage entre l’importance de la lésion et l’intensité de la douleur exprimée, et pourquoi le contexte lors de l’expression de la plainte est important. Le patient qui sent la relation thérapeutique sécurisante peut livrer des informations qu’il avait tues auparavant. Se dévoilent alors le savoir et le langage du patient que le thérapeute utilise pour être congruent. L’absence de jugement renforce la liberté d’ex- pression du patient qui en prolongeant son discours commence à parler et à dévoiler ses ressources. Il s’éloigne de la plainte.

L’étape suivante est l’orientation thérapeutique : le moment où le soignant peut modifier la compréhension du patient. Le soignant recourt aux données de la science et des neurosciences. Le langage du patient sert d’outil de communication. Troubles du sommeil, déconditionnement à l’effort, modifications de l’humeur, troubles de l’attention, modification du système nociceptif, effets secondaires des médicaments seront également abordés.une43-120

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Hypnose, médecine générale, sommeil

Ouvrir le champ des possibles. Sophie Cohen
Nous nous retrouvons avec plaisir en cet automne. Ce numéro de la Revue fait la part belle à la Médecine fonctionnelle. Henri Bensoussan et les auteurs de ce dossier thématique nous présentent l’actualité et les possibilités de l’utilisation de l’hypnose et des thérapies brèves dans ce secteur de la médecine où les croyances tricotées avec les limitations corporelles peuvent faciliter ou entraver la reprise des activités, la pour-suite de la vie dans son ensemble chez nos patients.

 

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Danser avec le patient : l’accordage pour soulager douleur, souffrance. Dr Olivier Debas
Les cas cliniques de soulagement de la douleur et de la souffrance qui suivent, et leurs commentaires, illustrent la pratique libre et tranquille d’Olivier Debas. Quatre cas cliniques comme les quatre directions possibles de remise en mouvement. Alice a 20 ans et souffre de douleurs chroniques depuis deux ans. Initialement localisées au niveau du genou gauche, elles se sont étendues à l’ensemble des membres inférieurs puis au rachis lombaire.

 

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La patiente récalcitrante: sortir du burn-out. Marie-Clotilde Wurz
Avec beaucoup de sincérité, Marie-Clotilde, psychologue, nous livre la façon dont elle a utilisé l’hypnose pour ouvrir vers de la nouveauté. Je suis psychologue clinicienne et hypnothérapeute. J’ai fait le choix de travailler essentiellement en cabinet libéral et d’avoir en parallèle des activités d’enseignement pédagogique et universitaire ainsi que des groupes de parole.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
La perception de l’hypnose par les patients hémodialysés. Dr Catherine Lasseur
L’hémodialyse mobilise le patient pendant de longues heures, trois fois par semaine. Au travers de cet article, le Docteur Lasseur nous fait part des résultats d’une enquête sur la façon dont l’hypnose est appréciée par ces patients. ’insuffisance rénale chronique termi- nale nécessite le recours à des techniques de suppléance du fonctionnement des reins, parmi lesquelles l’hémodialyse.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
La qualité de vie des patients. Un protocole de recherche. Carole Maurer
Évaluer l’intérêt de l’hypnose dans les douleurs induites par la chimiothérapie. Passionnées par la découverte des possibilités de l’hypnose, c’est avec enthousiasme qu’avec mes collègues nous avons mis en application nos rudiments. Rapidement, il nous est apparu que les moyens hypnotiques à notre disposition allaient changer beaucoup de choses dans notre métier. Mais il nous avait été enseigné toute la pertinence de « l’œil du débutant », un regard ouvert et curieux.

 

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Hypnose et rééducation. Dr Henri Bensoussan
Hypnose et rééducation, le rapprochement a été effectué il y a longtemps par le jeune Milton H. Erickson, lors de son second épisode de poliomyélite. L’anecdote est connue : condamné à mourir à cause de ses paralysies, il va vivre, condamné à ne plus pouvoir marcher, il va marcher. C’est en puisant dans la mémoire de son corps, en retravaillant les automatismes qui nous font bouger, en utilisant ses souvenirs de mouvements qu’il va progressivement se remettre en mouvement et repartir dans le flux de sa vie.

 

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Hypnose en rééducation pédiatrique. Bénédicte Ansel et Dr Cécile Mareau
En pratique, pendant une séance de rééducation, le kinésithérapeute intègre l’hypnose conversationnelle lors de moments bien précis : massage, mobilisation. Il peut également proposer des séances d’hypnose formelle en dehors des séances de rééducation. Il profite ensuite des séances de rééducation pour reprendre les mots employés par l’enfant, ses métaphores, et ancrer les modifications en hypnose conversationnelle.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose médicale : Douleur et difficultés motrices. Dr Henri Bensoussan
Quel bilan faire de seize années de consultations d’hypnose médicale orientées vers la douleur chronique et les difficultés motrices ? Nous proposons de distinguer deux groupes de patients. Le premier groupe qui, une fois le diagnostic posé, se sent rejeté par des phrases du style : « je ne peux rien pour vous » ; « votre état va se dégrader » ; « vos douleurs sont inévitables ».

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet
En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. ».

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
AVC, intérêt de l’hypnose. Revue de littérature
L’hypnose a fait ses preuves dans la gestion de la douleur et de la souffrance psychologique, entrant dans les centres de rééducation. L’arrivée de la pratique de l’hypnose dans des équipes pluridisciplinaires a ouvert des perspectives sur la prise en charge d’autres pathologies, notamment neurologiques. Il n’existe pas d’étude à notre connaissance spécifique à l’hypnose en rééducation neurologique.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
Métaphores possibles dans le SDRC. Dr Philippe Marchand
Le syndrome douloureux régional complexe est une pathologie dont le diagnostic est évoqué devant des suites opératoires inhabituellement douloureuses. Ce syndrome, parfois appelé algodystrophie, entraîne une impotence, des troubles trophiques et vasomoteurs : œdème, modification de température et d’aspect de la peau. Les appellations évoluent au cours des années et de la compréhension de cette pathologie.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
« Je viens vous voir, y’a rien qui marche ». Dr Stefano Colombo
Cela commence bien ! Ce verbe, marcher, est omniprésent et utilisé un peu dans toutes les sauces. A la sauce mécanique quand vous vous décarcassez avec un ustensile qui ne veut pas démarrer, à la sauce militaire avec l’ordre de marche, à la sauce numérique quand votre ordi refuse de quitter le bug. Vous êtes en surpoids ? Vous vous précipitez pour savoir si le régime X,Y,Z marche pour maigrir.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
Le temps de l’été. Sophie Cohen
Il était une fois l’été… Il a été… Il était ce temps attendu, ce temps de la vacuité… le temps où on le prend, on le sent… Un temps de vacances, d’ouverture pour voir, un temps pour respirer, du temps pour trouver, à moins que ce ne soit pour retrouver ? Le temps d’aller au rythme du temps. Avec ces longues journées où le soleil est souvent en complet de soirée… Flâner dans le beau temps où l’on sent les chants d’oiseaux, le bruit des vagues, les symphonies du vent qui parcourent les fibres des corps.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
Dans le mouvement. Dr Adrian Chaboche
Cette rubrique est destinée à partager des expériences cliniques en quittant l’installation statique de nos habitudes de pratiques. Ouvrons-nous aux champs des possibles, dans le mouvement. Celui du patient et le nôtre. Car il existe une représentation très ancrée de l’hypnose figée, immobile. L’image du patient hypnotisé assis, parfois allongé. Se taire pour mieux s’entendre, ne faire rien pour retrouver l’action : l’hypnose est tout sauf l’immobilisme.

 

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Rencontre avec Guillaume Martinet, jongleur. Dr Dina Roberts
Dina : Mon envie de travailler avec toi est née quand je t’ai vu sur scène. Ce qui me fascinait n’était pas seulement ton niveau technique, mais surtout ta présence. Tu parvenais, en jonglant, à captiver l’attention de toute la salle. Et si dans le public un bébé pleurait, tu réagissais immédiatement, avec la réactivité d’un animal, tout en continuant à jongler. Je te sentais à la fois entièrement plongé dans ce que tu faisais tout en restant ouvert, extrêmement sensible à l’environnement.

 

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Gaston Brosseau, psy non classique. Dr Gérard Fitoussi
Gaston Brosseau propose une lecture de son parcours. Je lui propose des mots extraits de son univers. Solitude. C’est le mot qui me vient lorsqu’on m’interroge sur ma conception de l’hypnose. J’ai osé, depuis plus de trente- cinq ans, établir une géolocalisation de l’hypnose en dehors de toute la cartographie classique en m’autorisant toute la liberté nécessaire pour la rendre accessible à tout le monde.

 

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Hypnose et acupuncture en anesthésie. Dr Jean-Michel Hérin
Par le Dr Jean Becchio. Jean-Michel Hérin, confrère formé en hypnose ericksonienne par Claude Virot, nous offre un bouquin agréable à lire dans lequel il évoque et décrit le lien qui unit les espaces, en apparence différents, de l’hypnose et de l’acupuncture. Expert dans les deux domaines, le Dr Hérin illustre son bel ouvrage de cas cliniques et de réflexions sur les mécanismes, communs et particuliers de ces deux approches.

 

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Oliver Sachs s’était déjà livré dans Oncle Tungstène où il nous avait embarqués en sa passion pour la chimie, sa fascination pour les métaux, ses explorations de l’ordre caché des choses. Une première autobiographie qui nous avait déjà familiarisés à ce parcours d’une passion scientifique, étayée d’anecdotes et d’illustrations des découvertes scientifiques en chimie inorganique des XVIIIe et XIXe siècles.

 

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« Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités »
Article écrit par Sophie Cohen. Nous retrouvons ici cinq auteurs : Yves Doutrelugne, Olivier Cottencin, Julien Betbèze, Luc Isebaert et Dominique Megglé, appréciés pour leur approche clinique pragmatique des situations. Dans leur dernier ouvrage tout juste paru, intitulé : « Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités », ils présentent l’utilisation des outils de thérapies brèves.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
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Colloque « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience ». « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience », une journée menée tambour battant, riche d’histoires, d’expériences, de questions sans réponses, de réponses sans questions là où Charcot a fortement contribué à la recherche médicale. Une journée tonique, brillamment orchestrée par le Dr Eric Gibert et le Pr Bruno Fautrel, Service de Rhumatologie & CETD au CHU de La Pitié-Salpêtrière, le 16 juin dernier.

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose, médecine générale, sommeil. Drs Adrian Chaboche et Lauriane Bordenave
Pour ce numéro, nous vous présentons un travail national particulièrement intéressant, et dans la continuité de l’article de Daniel Quin au précédent numéro, une récente étude portant sur le sommeil. Cordi M.J., Hirsiger S., Merillat S., Rasch B., « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the ederly », Neuropsychologia 69 (2015), pp. 176-182. Cette étude clinique s’est intéressée aux effets de l’hypnose sur le sommeil et sur les facultés cognitives du sujet âgé

 

Hypnose, médecine générale, sommeil
La douleur ou la souffrance ? Dr Jean-Marc Benhaiem
Lorsqu’une personne est confrontée à un soin potentiellement douloureux, elle est en réalité, confrontée à la souffrance. La médecine clive la perception de la douleur en différentes composantes : émotionnelle, sensori-discriminative, cognitive et comportementale. En morcelant l’expérience de la douleur, il devient possible de mieux comprendre où se situent les difficultés.

Conduites addictives (tabac, alcool) : l’hypnose à la rescousse

h&tb38-110Par Elisabeth LAFONT – Médecin à Salon de Provence. Ancien conseiller médical à la Direction Générale de l’ARS de Corse.

Longtemps sous-estimée, l’utilité de l’hypnose en addictologie apparaît de plus en plus évidente et attire l’attention des acteurs de santé publique.

DÉFINITION DE L’ADDICTION

Le concept d’addiction se définit par un état dans lequel tout le comportement se focalise sur la production d’une satisfaction (et la disparition de sensation aversive), avec une incapacité de le maîtriser et son maintien en dépit des conséquences délétères. Il regroupe les addictions aux substances et les addictions comportementales.

L’addiction implique une succession de neuroadaptations aboutissant à une reprogrammation de circuits neuronaux impliqués dans le plaisir et la motivation, la mémoire, le conditionnement, les fonctions exécutives, le jugement, le contrôle de soi et la réaction au stress. Elles entraînent des modifications complexes dans les fonctions psychologiques et dans le comportement. Des facteurs génétiques, développementaux et envi ronnementaux influencent le décours et la sévérité du processus.

La consommation compulsive et pathologique de drogue entraîne donc une altération de la plasticité du cerveau (avec la suppression de la dépression à long terme ou DLT) qui lui permet normalement de développer de nouvelles traces mnésiques et donc d’adapter le comportement.

L’addiction est un exemple de pathologie de la motivation et de la récompense. Au niveau neurobiologique, l’administration de différentes substances psychoactives (ou la répétition de certains comportements) augmente de façon explosive la libération de dopamine, mais aussi la libération des endorphines (avec l’alcool, par exemple, ou dans le comportement de sport addict). Toutes ces substances stimulent donc le circuit de récompense, le « centre du plaisir ».

Par ailleurs, on observe au niveau neuro-imagerie dans les mécanismes de dépendance, l’importante sollicitation des structures méso-cortico-limbiques (système hédonique, axe dopaminergique), du noyau accumbens et des voies dopaminergiques. Ces régions du cerveau sont également impliquées dans la thérapie par l’hypnose.

QUEL EST L’APPORT DES TECHNIQUES D’HYPNOSE MÉDICALE DANS LA PRISE EN CHARGE DES PATIENTS ADDICTS ?

« L’hypnose est un moyen de communiquer au malade des idées et une compréhension de lui-même, de telle manière qu’il sera particulièrement réceptif aux idées présentées » (Milton Erickson, Congrès international d’hypnose, Paris, 1965).

L’hypnothérapie est une technique de médecine non allopathique, une thérapie complémentaire, alternative ou adjuvante. Elle permet d’avoir un autre regard, un autre angle d’approche, de la perspective par rapport à sa problématique.

Elle est utilisée comme une thérapie dans la prise en charge en addictologie, et ce dès 1900 (« La méthode par suggestion hypnotique est la méthode par excellence pour le traitement des ivrognes»).

Des études prouvent son intérêt ; elles sont parfois discutables en terme de méthodologies, car difficilement réalisables. Le domaine psychosocial est plus facile à évaluer qualitativement que quantitativement, et la technique par l’hypnose est souvent patient et opérateur (thérapeute) dépendante.

Par ailleurs, l’absence de motivations de recherche des laboratoires pharmaceutiques s’explique car elles sont financièrement peu intéressantes en termesde retombées et de rentabilités ultérieures.

Cependant, malgré tous ces écueils, de nombreuses études existent et la recherche demeure prolifique.

Les voies de recherche pharmacologiques sont prometteuses, par la connaissance du « circuit de la récompense ». La personne addict poursuit un objectif initial de plaisir et souhaite revivre ses sensationsde bien-être, de jouissance voire de plénitude, avec le souvenir d’avoir éprouvé à un instant « t » un état quasi orgasmique (le flash). L’usage répété du produit ou du comportement viendra ensuite.

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Hypnose et Thérapies Brèves n°38 Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Rédacteur en Chef
L’hypnose, une pratique mondiale. Nos yeux sont maintenant rivés sur Paris, sur ses aéroports et ses gares d’où vont arriver dans quelques semaines nos collègues du monde entier. Dame Tour Eiffel, redessinée par Jean-Michel Hérin, va devenir l’emblème de l’hypnose pendant 4 jours. Un bien beau symbole que cet exploit que Gustave, son concepteur, réussit après avoir mené pendant plusieurs années une intense campagne de communication pour susciter l’adhésion – au début très hypothétique – des décideurs et du grand public.

OHM. organisme hypnotiquement modifié. Dr Patrick Bellet
Ou comment réparer et cicatriser les blessures « En voilà une idée. Encore un de ces titres accrocheurs pour attirer l’attention ! » C’est ce que me disait un stagiaire lorsque nous évoquions les modifications sensorielles et trophiques en relation avec des suggestions hypnotiques.  Il remarquait, critique, que la forme, le nom donné conférait la propriété suggérée au sujet auquel elle s’appliquait.

Modeler le lien : massage et hypnose en suicidologie
Lorsque l’envie de vivre s’est échappée, mais que la vie est encore là après un échec à la supprimer, des pratiques innovantes sont les bienvenues pour frayer un chemin possible pour et avec le patient qui n’a plus, ou presque plus, l’espoir. Dans notre pratique d’hypnothérapeute, massothérapeute et de psychologue clinicienne en centre de prévention, nous travaillons à l’accompagnement des personnes ayant commis une tentative de suicide.

Comment aggraver ? Pour améliorer paradoxalement
Dans la tradition de l’école de Palo Alto, la nouvelle génération des thérapeutes stratégiques approfondit et nuance les approches de leurs maîtres fondateurs. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander, chaque jour, de vous poser plusieurs fois la question suivante : « Que pourrais-je faire activement pour faire empirer ma situation ? Que devrais-je dire (ou ne pas dire), faire (ou ne pas faire), penser (ou ne pas penser), si je voulais volontairement augmenter mes problèmes, aggraver mon mal-être ? »

74 jours en canoë : le périple d’Erickson
Le voyage en canoë qui élargit la conscience du jeune Erickson, pavant le chemin pour ses futures stratégies thérapeutiques.Vingt-quatre mois après s’être rétabli d’un épisode sévère et prolongé de poliomyélite, encore à peine capable de se passer de béquilles, le jeune Milton Hyland Erickson, 21 ans, entreprit un voyage qui élargit significativement sa perspective sur la vie et influença grandement son travail à l’âge adulte en tant que médecin et hypnothérapeute.

Nourritures. Dr Thierry Servillat
Corine Pelluchon, Les nourritures. Philosophie du corps politique, L’Ordre philosophique, Seuil, Paris, 2015. La lecture de ce livre est un délice. Et ce pour plusieurs raisons : d’abord les propos de Corine Pelluchon, professeure de philosophie à l’université de Franche-Comté, spécialiste en éthique médicale et biomédicale, sont pleinement orientés vers la vie. Ayant déjà travaillé sur la vulnérabilité (L’autonomie brisée. Bioéthique et philosophie, 2009 ; La raison du sensible. Entretiens autour de la bioéthique, 2009.

«Qu’attendez-vous de moi ?». Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 38
La saison touristique bat son plein : tout le monde, ou presque, est en vacances. Agence de voyages pour les traditionnels, internet pour les plus speedy, nousavons les yeux rivés sur l’endroit de rêve : lieu insolite, loin de tout rappel au travail, à juste quelques heures de chez nous, plage céleste sans baigneurs, bungalow toutes commodités isolé de tous, au beau milieu de la nature sauvage, proche des voies de communication, le silence de la forêt et la liaison wi-fi, sans montre au poignet, le portable dans la poche, évidemment sur« silence », quitte à le regarder deux fois l’heure juste pour savoir si nous sommes capables de deviner l’heure en nous basant sur le soleil et les ombres.

Un nouveau rapport INSERM sur l’hypnose. Antoine Bioy
L’unité Inserm U669, dirigée par le Pr. Bruno Falissard, s’intéresse aux problèmes de santé mentale dans une perspective de santé publique. A la demande du ministère de la Santé (Direction générale de la Santé), cette unité de recherche a pour mission d’évaluer diverses pratiques thérapeutiques dites « non conventionnelles ». Elle a déjà publié plusieurs rapports (mésothérapie, chiropratique, biologie totale, ostéopathie, auriculothérapie, acupuncture…).

Conséquences d’un Si.
Il y a quelques mois, au cours d’un dîner, un ami me lance : « Et toi ? Tu ne viendrais pas sauter en parachute avec moi ?» (Sachant très bien qu’il s’adressait à la personne pour laquelle, d’ordinaire, un dos d’âne pris sans trop de précaution créait déjà des sensations vertigineuses!) Sans que je m’y attende, ma bouche articule un mot franc et intelligible : « Si.» A la surprise générale, ainsi qu’à la mienne, je dois l’avouer, je réponds par l’affirmative à cette demande aussi inattendue, que définitive.

La main froide du sage-femme
Suture sous hypnose en maternité. Par cet article je souhaite partager avec vous l’histoire d’un accouchement sous hypnose. Cette histoire pourrait aussi s’intituler « L’accouchement surprise ».  Nelly est une patiente de 29 ans, primipare sans antécédents particuliers. Le couple a choisi d’être suivi par un intervenant unique pendant toute la grossesse, y compris pendant l’accouchement, c’est ce qu’on appelle le « suivi global ».

Un amour bouleversant
Tout a commencé il y a cinq ans… Ou peut-être plus. Après un parcours « traditionnel » de pratique de la kinésithérapie, je décidais de partir en quête d’une technique liant le corps et l’esprit.  Alors tout naturellement je me suis adressé à l’IMELyon pour intégrer le cycle I de cette formation en hypnose éricksonienne. Plein d’attente, d’interrogations, mes sens étaient en éveil.

Amour quand tu nous tiens. Dr Thierry Servillat

thierry-servillatBon nombre de patients, individuels ou a fortiori en couple, nous parlent d’amour. Oui, mais comment définir celui-ci ?

Y’en aurait-il différentes formes ? Si oui, lesquelles ? Etudier celles-ci est la tâche que s’est assignée Ruwen Ogien, philosophe, directeur de recherche au CNRS, et membre du Centre de Recherche Sens, Ethique, Société (CERSES Paris Descartes).

Son ton est mi-naïf, mi-provocatif, ce qu’illustre bien l’image de couverture montrant un lapin et une ours qui semblent en peluche, et qui sont manifestement dans une posture propice à ce que nous appellerons un « gros câlin ».

Méthodologiquement, Ruwen Ogien utilise dans ce livre des expériences de pensée, caractéristiques de la philosophie expérimentale, un récent mouvement philosophique qui inclut dans sa démarche une recherche empirique et systématique (elle récuse donc l’intuition et paraît bien proche de la psychologie !). L’auteur s’appuie aussi sur l’examen de nombreuses paroles de chansons populaires qui, c’est bien connu, parlent beaucoup de l’amour.

Et il étudie son sujet en questionnant toutes les évidences (qu’il appelle « les six idées de base » existant dans ce domaine :

– l’amour est plus important que tout ;

– l’être aimé est irremplaçable ;

– on peut aimer sans raison ;

– l’amour est au-delà du bien et du mal ;

– on ne peut pas aimer sur commande ;

– l’amour qui ne dure pas n’est pas un  amour véritable.

Mais d’abord : l’amour est-il une sensation? Une émotion ? Une volonté ? Les définitions de l’amour sont multiples et l’auteur s’en félicite. Celles des psychologues et des philosophes sont évidemment intéressantes et le livre les énonce pédagogiquement. Mais il faut convenir que ce sont davantage les usages de ce mot dans le langage commun tous les jours, fortement influencé par les prototypes proposés par les chansons populaires, qui vont beaucoup nous apprendre sur le sens du mot « amour ». Les premiers insistent sur les aspects émotionnels et affectifs de l’amour, alors que les chansons mettent l’accent sur le caractère volontaire ou conatif : souci pour l’aimé, désir de prendre soin de l’aimé qui peut d’ailleurs être non seulement un humain mais aussi un animal (chat, chien, hamster), un objet concret (l’argent) voire abstrait (la patrie).

Il semble que les psychologues et les philosophes aient eu tendance à vouloir définir, dans nos cultures occidentales, ce que serait l’amour « après réflexion », et donc de manière assez normative.

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Hypnose et Thérapies Brèves n°37 Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Rédacteur en Chefthierry-servillat

COMME SUR UN PLATEAU. Dans moins de quatre mois : Congrès de Paris. Un moment historique arrive à grande vitesse. Déjà un très grand nombre d’inscrits, qui vont, comme dans un magnifique restaurant – on sait combien Milton Erickson appréciait cette métaphore de la vie et des choix qu’elle nous propose – avoir une bien jolie carte à regarder avant de se décider à rentrer dans telle ou telle salle de conférence, d’atelier (de pratique ou vidéo), de démonstration…

bruno-bonazHypnose, stress et intéractions neuro-digestives

Vers de nouveaux possibles. Bruno BONAZ – Professeur à la Clinique Universitaire d’Hépato-Gastroentérologie, CHU de Grenoble. Chercheur à l’Unité Inserm U836 « Stress et Interactions Neuro-Digestives », Grenoble Institut des Neurosciences (GIN).
Dans nos contrées cartésiennes, l’arrivée des connaissances sur le système nerveux entérique a mis 20 ans. Mais maintenant, nos chercheurs sont pleinement activés pour mieux connaître le fonctionnement de ces intenses et subtils flux d’informations.

 

Rouvrir de l’espace après le trauma grâce aux émotions

Dans deux récits cliniques de cas de patientes traumatisées, l’une anxieuse, l’autre dépressive, l’hypnose est utilisée pour que les émotions symptomatiques puissent oeuvrer à recréer un espace pour que le mouvement vital reprenne. Peur, douleur, deuil, chagrin : n’avons-nous pas chacun nos prisons, nos enfermements, nos chaînes qui entravent le bon fonctionnement du vivant à l’intérieur de nous ? Quand nous n’allons pas bien, il n’est pas rare que les émotions s’en mêlent.

cecile-colas-nguyenHypnos chez les pompiers

Une étude pilote est actuellement réalisée en Alsace pour évaluer l’utilité de certains outils hypnotiques dans la pratique quotidienne des « guerriers du feu » qui, rappelons-le, combattent bien d’autres dangers ! A l’heure où les C-PAP de Boussignac et autres Lifepak encombrent à juste titre nos valises, la technicité nécessaire a peu à peu minimisé l’impact sous-estimé de nos mots et bouté au second plan l’approche comportementale de nos victimes. L’avènement de Dame Morphine et sa simplicité d’emploi ont relégué le dieu Hypnos au rôle de traîne-savate, vieux barbon inutile et dépassé qui, j’en conviens, est nettement moins séduisant que notre jouvencelle efficace et véloce.

Groupes pour patients psychotiques : des outils hypnotiques adaptés

L’hypnose est habituellement déconseillée pour traiter les patients psychotiques. Sauf lorsqu’un thérapeute expérimenté et prudent propose dans un cadre sécurisé des outils innovants.Cet article présente certains des outils utilisés dans une nouvelle technique de groupe développée à la Communauté thérapeutique de Valme (Séville, Espagne); celle-ci est rattachée au Service andalou de Santé publique, intégré dans le NHS. Nous avons commencé à utiliser cette technique il y a trois ans. Les résultats, dès les premiers groupes de patients, ont été positifs tant aux niveaux psychopathologique que social et général.

Elargir nos pratiques : Hypnose et yoga nidra

Conférencière au congrès de la Rochelle, Marie-José Dumoulin a captivé son auditoire désireux d’établir des ponts entre hypnose et yoga, et a surpris dans sa simplicité lorsqu’elle a fait une séance collective de yoga nidra. L’hypnose et le yoga nidra induisent des états modifiés de conscience comparables. Le yoga nidra fait partie du « raja yoga » : yoga mental. Le yoga nidra est une méthode de relaxation profonde amenant à l’état de méditation mise au point puis diffusée aux alentours de 1960 par Swami Satyananda à partir des yoga sutras de Patanjali et de pratiques tantriques très anciennes qu’il a adaptées au monde contemporain.

PARIS 2015 : l’interview des membres du Comitécomite-paris2015

Ce 20e congrès de l’ISH s’associe au 9e forum de la CFHTB. Quelles sont pour vous les valeurs fortes, celles qui donnent toutes raisons de participer à ces deux événements majeurs pour lesquels vous vous êtes investis dans le Comité d’organisation depuis 2009 ?Claude Virot (directeur du congrès) : Tous les professionnels de santé ayant le bonheur de pratiquer l’hypnose savent que c’est une compétence majeure pour aider nos patients. Elle crée un pont entre la médecine technique et la médecine humaniste.

« Qu’est-ce qui vous amène ? ». Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 37

Qu’est-ce qui vous amène à lire ce pamphlet ou, soyons sérieux, cet article ? La rédaction pourrait bien lancer une enquête afin de connaître l’opinion des lecteurs. Risqué ! Et s’il n’y avait aucun lecteur ? Cela serait chose extraordinaire pour le soussigné. Le Quiproquo n’étant lu par personne, il pourrait contenir un nombre de mots choisis au hasard dans un texte rébarbatif tel un dictionnaire ou le bottin, éventuellement, en faisant un effort, dans un texte complexe d’histoire ou de philosophie.

De la douleur vers l’endormissement. Antoine Bioy

Commençons en signalant que l’intérêt de l’hypnose en douleur continue de se confirmer : Tan et ses collègues (2015) abordent le chapitre des dorsalgies chroniques. Trois groupes sont constitutes (séances sur 3 mois) : 8 séances de biofeedback ; 8 sessions d’apprentissage de l’autohypnose; 8 sessions d’apprentissage de l’autohypnose avec des enregistrements d’aide pour les sessions à domicile ; 2 sessions d’apprentissage de l’autohypnose avec des enregistrements d’aide pour les sessions à domicile et un appel téléphonique par semaine pour rappel des exercices à effectuer.

marion-chtip

Erickson… comme dans mes petits souliers

Depuis plusieurs jours, je voulais écrire un compte rendu sur le symposium d’ouverture de l’Institut Milton H. Erickson d’Ile de France de Christine Guilloux qui s’est tenu le 5 décembre dernier. Et je me suis réveillée ce matin de Noël, avec la surprise d’avoir eu du courrier…dans mes petits souliers ! Une lettre de Milton Erickson ! Ah, la magie de Noël ! « Chère Marion, Tu étais là, à observer, écouter…et moi aussi. Je t’envoie ce message pour que tu le distribues aux autres. Je ne sais pas si vous aviez senti ma présence dans cette salle ce jour-là. Pourtant, j’étais là à observer et écouter…