Une journée particulière. Alexia Raphael, Psychologue

Alexia Raphael est Psychologue clinicienne, hypnothérapeute, Institut Paoli-Calmettes, Centre de lutte contre le cancer.

Une journée particulière où Alexia nous invite à partager son quotidien de psychologue.

9 heures : entrée dans l’Institut Paoli-Calmettes, s’érigeant tel un paquebot blanc immaculé, sept étages, des couloirs qui s’élancent parfois vers la mer azur, 350 chambres dont les fenêtres s’ouvrent sur la Bonne Mère ou les collines, le soleil, souvent invité, éclaire les visages nus. Les personnes amarrées ici vivent l’expérience d’attendre puis de recevoir leur « soin » pour en subir les désagréments. « Les sourires du corps soignant allègent la peine », disent-ils.

9 h 30 : heure du début de ma consultation, un bâtiment satellite, les fauteuils rouges, des madeleines à volonté, trois étages de bureaux d’annonce de cancer, de récidive, de rémission. Deux bureaux psy, quatre psychologues, un pédopsychiatre, 5 000 consultations annuelles, 2 000 ici, 3 000 au chevet du patient.

J’ai rencontré Isabelle, 55 ans, une fois, lors de sa première cure en hospitalisation, elle revient me voir aujourd’hui. Elle s’installe droite comme un « i », alors moi aussi, la cinquantaine, les yeux bleus :

« J’ai un cancer stade 4, je sais que je vais mourir mais le scanner révèle une régression de la tumeur primitive. J’étais contente mais mon problème est que mon oncologue considère que cela ne présage rien de plus.

– Pour vous c’est différent, vous êtes contente de cette régression, n’est-ce pas ?, lui dis-je.

Oui, répond-elle.

Alors, qu’est-ce qui fait que vous accordez plus d’importance à la parole médicale qu’à ce que vous pensez et ressentez ? Est-ce que vous allez bien cliniquement ?

Oui, très bien.

Vous savez, il arrive aussi parfois aux médecins et aux soignants d’être déprimés… 

– Elle rit : oui, c’est ce que j’ai ressenti…

Donc, quels sont vos projets ?

Je n’en fais plus, je voudrais partir en vacances.

Alors, qu’est-ce que vous attendez plutôt que de partir en vacances ?

Je voudrais être à Noël avec mon ami mais je dois aller chez mes parents qui habitent loin, je suis leur fille unique. Depuis toutes ces années, ils n’invitent jamais mon compagnon car ils ne l’acceptent pas.

Ils ne le connaissent pas ?

Non.

Qu’est-ce qui est plus important aujourd’hui pour vous ? »

L’expression non verbale révèle alors une attitude « d’aller vers ». Elle clôture la séance d’elle-même et me dit qu’elle est enthousiaste à l’idée d’annoncer qu’elle va passer les fêtes avec son « mari ». Elle me rappelle quelques jours plus tard, pour me dire qu’elle passera Noël en couple pour la première fois. Cet entretien de recadrage par hypnose conversationnelle atteste d’une évolution dans le discours, d’ami son compagnon devient son mari assumé, et aussi d’insuffler de la référence interne dans le positionnement à l’égard du médecin et dans ses priorités.

10 heures : je rencontre Katia, 48 ans, avec son mari.

« J’ai perdu connaissance les deux IRM précédentes et l’examen n’a jamais pu être réalisé, je viens vous voir pour que vous m’hypnotisiez durant l’IRM prévue dans une heure.

Vous n’aurez pas besoin de moi ! Vous le faites déjà vous-même quand vous perdez connaissance. Votre inconscient est extrêmement puissant, je suis impressionnée ! Votre inconscient est donc capable de produire un état de conscience modifié naturellement et profondément, n’est-ce pas ?

Oui, il semblerait.

Etes-vous claustrophobe ?

Parfois dans les ascenseurs, je ne suis pas à l’aise, répond-elle.

Vous n’êtes donc pas claustrophobe. Vous semblez être une personne extravertie, qui aime la vie et en même temps très sensible, au point parfois de vous absenter quand cela ne vous convient pas ?

Oui, répond-elle.

Donc le défi à relever n’est pas tant de rentrer dans l’IRM que d’y rentrer tout en étant très consciente ?

Oui, c’est ce que je voudrais. » (Validation d’un objectif paradoxal.)

Je demande à son mari de quitter la pièce, l’angoisse de la patiente émerge brutalement, la respiration est haletante, les mains tremblent.

« Vous avez l’air très stressée soudainement, est-ce moi qui vous stresse, voulez-vous que je m’en aille ?

Non, non, un rire éclate, restez ! 

Alors préférez-vous que ma stagiaire quitte la pièce, elle est un peu gênante parfois. (Nouvelle rupture de pattern, elle rit d’autant plus.)

Non, elle a l’air très gentille !

Je me rapproche de cette patiente très kinesthésique, positionnée en quinconce, synchronisation l’une à l’autre.

Rappelez-vous, il y a du bruit dans l’IRM, si c’était un bruit retrouvé dans la nature, quel serait-il ?

Des bûcherons qui coupent du bois.

Racontez-moi ce que ce que vous vivez quand vous rentrez dans l’IRM.

Eh bien, il n’y a plus d’air.

Ah ! vous me dites donc que tous les jours les milliers de personnes qui rentrent dans les IRM dans le monde, tombent comme des mouches par asphyxie ?

– La patiente est interloquée et rajoute : le problème c’est quand la plaque se rapproche de mon visage.

Faites-vous partie de ces gens qui assimilent cette situation à celle d’être dans un cercueil ? » Katia explose en larmes, l’angoisse émerge rapidement et fort, elle explique que depuis l’annonce de la maladie, elle est obsédée par la mort dès que la nuit tombe. Je travaille alors les sous-modalités : la sensation dans le corps, « c’est noir », je peux vous l’emprunter quelques instants ?, je prends « la grande forme » entre mes mains.

« Si elle devient plus petite, qu’est ce qui change ? 

C’est mieux », répond-elle.

La forme devient une toute petite boîte avec un cœur à l’intérieur, symbolisant l’amour de et pour sa filleule. Cette transformation se fait dans un flot de paroles d’induction. Je le lui remets la petite boîte, en lui suggérant que sa main la posera à l’endroit de son corps qui a besoin de cette ressource. Avec son autorisation, je pose ma main sur son genou. La patiente est déjà en transe hypnotique, et le bras en catalepsie.

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Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Une journée particulière. Alexia Raphael, Psychologue
Une journée particulière où Alexia nous invite à partager son quotidien de psychologue. 9 heures : entrée dans l’Institut Paoli-Calmettes, s’érigeant tel un paquebot blanc immaculé, sept étages, des couloirs qui s’élancent parfois vers la mer azur, 350 chambres dont les fenêtres s’ouvrent sur la Bonne Mère ou les collines, le soleil, souvent invité, éclaire les visages nus. Les personnes amarrées ici vivent l’expérience d’attendre puis de recevoir leur « soin » pour en subir les désagréments.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ?

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ?

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet.

 

Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé.

Arrêt du tabac: script détaillé d’une séance. Daniel Quin

Tabac : En finir avec la nuée bleue

Par le Dr Daniel Quin, Médecin généraliste à Strasbourg. Pratique l’hypnose en cabinet médical depuis 2002. Membre fondateur et vice-président de l’Institut Milton Erickson de Strasbourg – Alsace. Chargé d’enseignement de l’hypnose médicale au GEMA et à « Hypnosium » de Biarritz. Référent à la DGZH (société allemande d’hypnose dentaire) et à la ÖGZH (société autrichienne d’hypnose dentaire).

Je propose quotidiennement des séances de sevrage tabagique en me servant de mon statut assumé de fumeur. J’aime fumer ! Il s’agit dans la structure d’intervention que je souhaite partager avec vous d’une sorte de recette universelle. A vous de l’adapter individuellement à chacun de vos patients et d’en faire « du sur-mesure » comme nous l’ont enseigné Erickson et ses disciples. Mon intervention se base sur un subtil mélange de suggestions verbales directes et indirectes, des attitudes calculées de comportement para-verbal et non verbal qui sont à la base de cette micro-dynamique de la transe.

Ce protocole semble donner de bons résultats, car une consœur généraliste qui m’adresse ses fumeurs leur dit que sur 15 patients adressés, 12 ont arrêté en une seule séance. Je pense qu’elle leur fait déjà là une très belle suggestion.

Imaginez un instant cette scène. Je suis sur le trottoir devant le cabinet médical en train de fumer mon petit cigarillo (un Cohiba de préférence). Je vois arriver au loin une personne qui pompe goulûment une clope. Devant l’entrée, elle écrase rageusement son mégot et sonne à ma porte. Je m’approche avec nonchalance et lui demande si elle vient chez moi. Habituellement la réponse est : « Vous êtes le Docteur Quin ? », avec un regard qui passe de mon visage sur cette chose qui pointe entre le pouce et l’index de ma main droite. Je fais l’étonné :

– « Vous venez probablement pour arrêter de fumer ?

– Oui.

– Et là vous vous demandez si vous avez bien fait ?

– Un peu ! vous ne pouvez pas vous aider ?

– Non, car je ne veux pas arrêter. Moi j’aime fumer. Vous avez la preuve que ça ne marche que si l’on veut vraiment le faire. Voulez-vous le faire vraiment ?

– Oui, de manière parfois un peu hésitante.

– Je vous ai vu arriver en pompant votre clope, ne voudriez-vous pas, en attendant que je termine mon cigare, en savourez vraiment une dernière, dans le calme, afin d’en garder un bon souvenir ?

– C’est possible ?

– Bien entendu ! Faites-vous plaisir, des fois que ce serait la dernière, autant en garder un très bon souvenir.

– Et elle marche votre méthode ?

– Bien entendu ! Elle marche chez tout le monde, sauf chez les c… »

Quel merveilleux lien simple ! Tout a déjà commencé, mine de rien. Position basse, liens, présuppositions, surprise, instillation du doute subtil. Ensuite on entre dans le cabinet médical et on passe aux préliminaires de la séance proprement dite, alors que le patient a déjà eu sa dose de suggestions.

Le préalable

Nous voilà assis, face à face, légèrement décalés l’un par rapport à l’autre.

– « Pourquoi voulez-vous arrêter de fumer ?, dit sur un ton qui exprime une sorte de doute subtil.

– Pour ma santé, mon bien-être, mes finances, mes enfants, etc.

– Vraiment !? »

Faire douter favorise généralement l’entrée en transe. Alors ce doute on va le susciter afin de mettre notre sujet dans une position plus instable au niveau conscient en lui enlevant toutes ses certitudes. Le doute qu’il avait devient doute sur la nature de l’état dans lequel il est en train de glisser.

– « Et pourquoi m’avoir choisi moi pour réaliser cet exploit ?

– Parce que mon médecin traitant m’a dit que vous êtes compétent et que vous avez des résultats, parce qu’un ami est venu il y a un an et a arrêté depuis, parce que sur Internet on parle de vous en bien et que j’ai vu ce que vous faites.

– Très bien ! Donc ça peut marcher aussi pour vous.

– Oui, je l’espère. »

La séquence d’acceptation cherche à créer un climat particulier, afin d’obtenir un acquiescement tacite par une série de questions ennuyeuses sans risque de partir dans une réflexion profonde, mais juste un peu de recherche interne. Il s’agit d’aider le sujet à entrer dans un état intérieur d’acceptation grâce aux « n’est-ce-pas ? » pour décharger une éventuelle résistance dans le pas et donner de l’élan.

« D’autres ont réussi avant vous, n’est-ce-pas ? ; et vous aussi vous le voulez, n’est-ce-pas ? ; vous voulez le réussir, n’est-ce-pas ? ; et vous vous demandez comment ça marche, n’est-ce-pas ? ; curieux de le découvrir, n’est-ce-pas ? »

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Edito: Les couleurs de la vie. Sophie Cohen
Ce numéro est sous le signe du vivant, du vital. Tout d’abord grâce à notre artiste : Mario René Madrigal. Ce peintre né au Nicaragua, avant de se révéler au Costa Rica, exprime une continuité entre les temps du précolombien et les temps actuels. Il opère ces liens au travers de la symbolique et les couleurs qu’il utilise.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Arrêt du tabac: script détaillé d’une séance. Dr Daniel Quin
Je propose quotidiennement des séances de sevrage tabagique en me servant de mon statut assumé de fumeur. J’aime fumer ! Il s’agit dans la structure d’intervention que je souhaite partager avec vous d’une sorte de recette universelle. A vous de l’adapter individuellement à chacun de vos patients et d’en faire « du sur-mesure » comme nous l’ont enseigné Erickson et ses disciples.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Techniques d’hypnoanalgésie. Dr Gilda Pardey Bracho
En neurochirurgie certaines procédures, en particulier de type fonctionnel, méritent des états alternant entre la sédation/analgésie (moments inconfortables et/ou douloureux) et l’état de conscience critique, afin d’évaluer l’efficacité de la procédure chirurgicale : électrode correctement placée, amélioration des symptômes lors de la stimulation corticale ou médullaire, et absence d’effets indésirables lors de la stimulation/résection chirurgicale.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Sclérose en plaques: Diminuer la spasticité. Valérie Etchevers
Depuis quelques années je travaille en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), où je pratique l’hypnose dans ma fonction d’infirmière, et je travaille également en cabinet. Il m’est arrivé assez fréquemment de rencontrer des personnes atteintes de sclérose en plaques. La sclérose en plaques, ou SEP, est une affection du système nerveux central. Elle touche le cerveau, le cervelet et la moelle épinière qui ont en commun d’être constitués de cellules spécifiques, les neurones.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Dossier François Roustang: l’Editorial du Dr Jean-Marc Benhaiem
Les grands penseurs sont fascinants. Leurs textes contiennent des ouvertures et des avancées à n’en plus finir. A chaque lecture et relecture, un nouveau concept apparaît. Ils vont à l’essentiel. Ils sont lus par une multitude qui y trouve son compte. L’écriture est précise. Chaque mot est pesé, choisi. Les textes et ouvrages de François Roustang sont de cette veine. « François a enseigné, a beaucoup écrit, fut beaucoup lu, mais se sentait peu compris », nous rappelle Gaston Brosseau depuis Montréal.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Roustang, l’homme libre. Guillaume Delannoy
C’est une amie qui m’a fait découvrir François Roustang. A une époque de sa vie où elle allait très mal, elle avait acheté La fin de la plainte, un livre destiné à un large public, mais aussi adressé aux professionnels de la relation d’aide, raison qui avait certainement guidé le choix de cette intellectuelle qui cherchait des pistes pour sortir de sa souffrance, mais qui n’aurait jamais, au grand jamais, daigné acheter ou même feuilleter un livre de développement personnel.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
« De l’insoutenable légèreté de l’être ». Sylvie Le Pelletier-Beaufond
« De l’insoutenable légèreté de l’être » : c’est en ces mots que François Roustang évoque lors d’un de nos derniers entretiens, à l’aube de ses derniers jours en guise peut-être de clôture de son œuvre, l’essence de la vie qu’il nous invite inlassablement à contacter, dans une forme de présence au monde libre, intense, fluide. François Roustang sans relâche incite, propose, impose même de s’installer dans la vie telle qu’elle est, dans cette « légèreté de l’être, insoutenable parfois ».

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Dans les blocs opératoires. Dr Marc Galy 
En octobre 1995 François Roustang donne une conférence à la Fondation Ling de Lausanne : « Pourquoi notre culture se méfie-t-elle de l’hypnose ? ». Cette conférence est publiée dans Feuilles oubliées, feuilles retrouvées en mai 2014 par Payot. Dans ce texte, il souligne que « notre époque accueille relativement volontiers l’hypnose lorsqu’elle est capable de produire des effets d’anesthésie ou d’analgésie, c’est-à-dire lorsqu’elle nous coupe des stimuli afférents qui pourraient être cause de douleur… ».

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Faire vivre avec, jusqu’au bout ! Prolonger le geste de François Roustang. Dr Eric Bonvin
Après avoir exploré durant de nombreuses décennies l’expérience de vivre en ce monde avec les êtres vivants, permis à ceux qui en souffrent de la vivre mieux, évité d’échouer sur les écueils mortifères de la modernité, François Roustang a, tout au long de son cheminement, laissé de précieux indices sur l’expérience de vivre. Son parcours l’a conduit dans tous les domaines où elle peut être explorée, comme dans l’institution spirituelle religieuse, la psychologie, la psychanalyse, la philosophie puis l’hypnose thérapeutique.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
François Roustang : le début d’une aventure. Dr Julien Betbèze
Le début des années 1980 a été marqué par l’arrivée sur la scène thérapeutique de l’importance de l’œuvre de Milton Erickson, avec la publication en 1984 en français du livre de Jay Haley, Un thérapeute hors du commun. L’entrée de l’hypnose thérapeutique en France a été facilitée par les formations mises en place par Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz. Mais si l’hypnose thérapeutique a pu être accueillie comme une pratique et également comme une pensée, elle le doit au travail théorique effectué par François Roustang depuis la publication de Suggestion au long cours en 1984.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
« Jamais contre d’abord ». Dr Stefano Colombo
Je me suis bien préparé pour cette marche à la montagne. Je le sens. J’avance à un rythme régulier. La première partie est une étape d’exploration : un nouveau paysage, des repères à fixer, une évaluation de la difficulté, le choix du bon chemin. Peu à peu, le terrain devient plus irrégulier, la pente commence à se faire sentir. Pendant cette deuxième étape, nous marchons en file indienne à une cadence qui convient à chacun du groupe. Nous avons, au fond, presque le même entraînement.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Le vent dans le dos. Dr Véronique Bonnet
Bonne nouvelle, ça pousse le facteur… « Le vent dans le dos » : l’expression est lancée dans la discussion, elle se pose sur la table. Il amène des lettres du bout du monde. Au fait, de quel bout s’agit-il ? C’est un restaurant « branchouille » où se rassemblent les amis, dans une ambiance qui éveille le regard. Du monde peuplé d’amis, de chaleur et de lumière. Ah, comme c’est bon dans le corps ces lettres… lire ces mots adressés.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
La guérison n’a pas d’odeur. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, continuons notre exploration. Certains patients nous surprennent, parfois nous tourmentent, et même nous heurtent. Nous nous efforçons alors de parler d’empathie. Selon Carl Rogers : « Etre empathique, c’est percevoir le cadre de référence interne d’autrui aussi précisément que possible et avec les composants émotionnels et les significations qui lui appartiennent comme si l’on était cette personne, mais sans jamais perdre de vue la condition du “comme si” ».

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Méditation Vipassana. Dr Dina Roberts
Les liens entre la méditation et l’hypnose suscitent beaucoup de questionnements. Je n’avais aucune pratique méditative lorsque j’ai décidé d’aller en faire l’expérience, en immersion, lors d’une retraite de dix jours pendant laquelle j’ai pratiqué la méditation Vipassana. Cette technique, également décrite comme un « art de vivre », propose d’apprendre à « voir la réalité telle qu’elle est » en passant par une exploration de soi fondée sur l’observation des sensations physiques.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Entretien avec Joyce Mills. Par Gérard Fitoussi
Pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel ? Joyce Mills : Enfant, je racontais déjà des histoires. Mon fils aîné fut atteint de paralysie cérébrale, ce qui m’a conduit à m’intéresser à un programme pour les enfants dans sa condition. J’obtins mon doctorat en 1982 et en 1992 nous avons déménagé à Hawaii. Dix jours après notre arrivée, l’île fut touchée par un ouragan, le pire désastre naturel de cette région au XXe siècle. Cet événement a changé ma vie et mon travail.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Le gorille invisible. Quand nos intuitions nous jouent des tours
Notes de lectures par Christine Guilloux. Vous souvenez-vous d’avoir vu passer le gorille ? Ou vous est-il passé sous le nez sans que vous n’y preniez garde ? Vous riez jaune. Votre attention a été détournée, absorbée par une tâche et vous n’avez eu d’yeux que pour la tâche qui vous était assignée. Rappelez-vous, vous assistiez, sur une vidéo, à un jeu de basket entre deux équipes, l’une habillée en tee-shirts blancs, l’autre en tee-shirts noirs, et vous aviez à compter le nombre de passes entre les joueurs de l’équipe des blancs.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
La psychothérapie des obsessionnels compulsifs. Claude Michel
Notes de lectures par Gérard Fitoussi. Dans un des ouvrages de références de l’hypnose, « Hypnotic suggestions and metaphors » de D. Corydon Hammond, où sont répertoriées nombre de propositions concernant l’utilisation de l’hypnose dans une variété de troubles, y compris les troubles anxieux, on ne trouve cependant pas de référence à l’utilisation de l’hypnose dans les TOC, pas plus que dans, par exemple, le « Oxford Handbook of Hypnosis ».

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
L’Hypnose à l’Académie nationale de médecine? Dr Lauriane Bordenave
Entretien avec Jean-Marc Benhaiem. Audition de l’Académie nationale de médecine. Lauriane Bordenave : Bonjour Jean-Marc, tu as été auditionné par l’Académie nationale de médecine (ANM) en janvier de cette année au sujet de l’hypnose. Pour quelles raisons ? Jean-Marc Benhaiem : en mars 2013, l’Académie nationale de médecine publie un rapport et des recommandations sur les médecines complémentaires.

 

Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Soyons le messager de notre message. Dr Régis Dumas
Humilité, transmission et partage d’expérience. Petites réflexions à l’intention des futurs congressistes. Le 10 mai 2017 va s’ouvrir en terre volcanique, à Clermont Ferrand, le 10e Forum de la CFHTB : notre terre d’Auvergne et ses volcans montent tranquillement en température… Cette manifestation exceptionnelle, une fois tous les deux ans, va réunir les 35 branches du bel arbre que constitue la Confédération Francophone Hypnose et Thérapies Brèves.

Entretien avec le Docteur Jeffrey Zeig. Dr Gérard Fitoussi

Les grands entretiens

Bonjour Docteur Zeig, vous avez une énorme influence dans le champ de l’hypnose ericksonienne, pouvez-vous nous donner des précisions sur votre cheminement personnel ?

Jeffrey Zeig : J’ai commencé à étudier l’hypnose à l’université de San Francisco au moment de mon master de psychologie clinique. Un des psychiatres présents, qui était mon superviseur, m’a fait connaître l’hypnose et m’a indiqué qu’une des meilleures façons de la découvrir était de l’expérimenter moi-même. Il m’invita à son bureau un samedi matin pour ma première session d’hypnose. J’étais nerveux et je tapotais avec mes doigts l’accoudoir du fauteuil. Il m’a suggéré d’observer les mouvements de mes doigts et la façon dont le rythme se modifiait. C’était ma première expérience avec le phénomène utilisationnel. Je voulais en savoir davantage et il m’invita à lire les ouvrages de Milton Erickson dont je n’avais jamais entendu parler. Il n’y avait qu’un seul livre disponible, un recueil d’articles, qui n’est plus disponible aujourd’hui. Je fus immédiatement subjugué par l’ingéniosité d’Erickson. Bien que timide, je lui écrivis et lui rendis visite en décembre 1973. J’avais 26 ans. J’obtins mon doctorat en psychologie clinique en 1978 et décidai de m’installer à Phoenix Arizona pour me rapprocher de lui.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la psychologie ?

Ma mère. Je suis sa projection. Si cela avait été possible elle aurait aimé être thérapeute. Elle croyait en la thérapie à une époque où cela n’était pas vraiment à la mode. Elle a aussi mis la barre très haut par son engagement social. J’ai travaillé comme bénévole avec des enfants perturbés quand j’étais au lycée.

Qu’avez-vous surtout retenu du Dr Milton Erickson ?

Erickson était profondément humaniste. En sa présence il saturait l’atmosphère d’un optimisme foncier avec des propos tels que : « bien sûr vous pouvez » ; « bien sûr vous pouvez entrer en transe » ; « bien sûr vous pouvez avoir des phénomènes de transe profonde » ; « bien sûr vous pouvez changer ou faire face ». Erickson était une source d’inspiration. Ayant passé les treize dernières années de sa vie en fauteuil roulant, il avait en dépit de cela une attitude positive et utilisait tout ce qu’il pouvait pour venir en aide à autrui. Il était intéressé par la vie des gens et non par leur argent.

Vous avez aussi travaillé avec d’autres géants de la psychothérapie comme Albert Ellis ou Jay Haley, pouvez-nous dire ce que vous avez appris d’eux ?

J’ai eu la grande chance d’apprendre de tels maîtres, notamment en organisant depuis 1985 les rencontres sur l’évolution de la psychothérapie (www.evolutionofpsychotherapy.com). J’ai été particulièrement influencé par Carl Whitaker, Jay Haley, Paul Watzlawick, Salvador Minuchin, Viktor Frankl, et bien sûr Milton Erickson. Il est impossible de résumer ce que j’ai appris de chacun d’entre eux tant humainement que professionnellement. S’il n’y avait qu’un seul message à retenir, ce serait de développer chacun son unique talent et perspective et d’être passionné dans la vie.

Comment définiriez-vous l’hypnose aujourd’hui ?

L’hypnose est constituée d’éléments à la fois psychologiques sociaux et contextuels. Sous cette appellation sont regroupées diverses expériences, ce n’est pas une entité par elle-même. En termes simplifiés, l’hypnose consiste en une modification de l’attention, de l’intensité de l’expérience, de dissociations, et en modification de la réponse dans un contexte qui est explicitement ou implicitement défini comme hypnotique. La réactivité du thérapeute à la réponse du sujet est un élément clé de l’hypnose.

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Des étoiles pour nous guider. Sophie Cohen

Chères lectrices et chers lecteurs, Comme vous le savez certainement, le monde de l’hypnose vient de perdre l’une de ses grandes figures en la personne de François Roustang. Il a été l’un des grands « penseurs » de l’hypnose. Il a en particulier cherché à définir et comprendre ce qui se déroulait dans une rencontre et lors d’une séance. Nous lirons l’hommage de Jean-Marc Benhaiem, son ami et disciple.

Se réinventer grâce à l’hypnose. Nicole Prieur

Une nécessité pour notre XXIe siècle. Notre siècle génère de nouvelles souffrances liées aux progrès mêmes qu’il a mis en œuvre. L’accélération de notre époque impose un rapport au temps très paradoxal, nous n’avons jamais eu autant de temps à notre disposition (davantage de temps de loisirs, plus grande espérance de vie) et pourtant nous en manquons sans cesse au regard de toutes les tâches à faire en un temps donné.

Les suggestions directes. Dr Dominique Megglé

Qu’en pense le Docteur Erickson ? Dominique Megglé a fait un vrai travail de recherches dans tous les livres et articles d’Erickson. Il développe sa pensée qu’il avait déjà en partie évoquée dans le numéro 30 de notre Revue. Des échanges avec des spécialistes ont invité Dominique Megglé à réaliser davantage de recherches.

Anorexie/boulimie : véritable enjeu de santé publique. Dr Bruno Dubos

Les données de l’Inserm s’accordent sur deux constats : 0,5 % des jeunes filles dans leur dix-huitième année, et seulement 0,03 % des garçons, présentent des symptômes évocateurs d’anorexie. Le deuxième aspect est que ces troubles évoluent vers la chronicité. Ces problèmes représentent un véritable défi pour les thérapeutes et donc pour les hypnothérapeutes que nous sommes. Lorsqu’il m’a été confié la responsabilité de diriger ce numéro thématique sur l’anorexie et la boulimie, le titre m’est venu spontanément : « Un nouveau regard ».

Anorexie : du symptôme aux processus. Dr Bruno Dubos

L’anorexie et la boulimie sont un véritable défi pour les thérapeutes. Mais plutôt que de parler d’anorexie ou de boulimie, il convient de prendre en compte qu’il s’agit de patientes, adolescentes ou moins jeunes qui viennent dans nos cabinets de consultation avec ce symptôme. La réputation de ces problèmes est particulière, renforcée il est vrai par nos expériences en thérapie avec ces patientes.

La réassociation dans les troubles alimentaires. Sophie Cohen

Le thème de la réassociation est souvent peu traité. On parle et on écrit en effet volontiers de la dissociation en hypnose. La dissociation est utile dans nombre de situations où, par exemple, des soins génèrent de la douleur. Ainsi l’on enseigne le savoir-accompagner le patient dans un état dissociatif. Dans un ensemble de pathologies, savoir si une personne est dissociée ou associée n’est pas pris en compte. Alors que la dissociation spontanée peut représenter une protection naturelle dans les premiers temps d’une situation, elle devient pathologique si elle s’inscrit comme une façon d’être dans la durée.

Thérapie du couple parental. Dr Patrice CHARBONNEL

L’anorexie mentale est une pathologie essentiellement féminine qui se révèle le plus souvent juste après la puberté. Ce trouble des conduites alimentaires associe des symptômes de comportements nutritionnels (privation alimentaire stricte et volontaire pendant plusieurs mois ou années, éviction de certains aliments, phases boulimiques) et somatiques (aménorrhée, arrêt de la croissance chez l’adolescente) à des symptômes psychologiques (perception déformée de son corps et en particulier de sa maigreur, peur de grossir, besoin de contrôle sur le corps, obsessions alimentaires, hyperactivité, surinvestissement intellectuel, régression en âge émotionnel).

« Au fait, j’y pense, j’ai oublié d’vous dire… » Dr Stefano Colombo

Frédéric venait de poser son téléphone. Après d’innombrables hésitations, il avait pris la décision de consulter un thérapeute. Cela faisait un bon moment que son épouse insistait pour qu’« il voit quelqu’un ». « Ça te fera du bien, précisait-elle, on ne peut pas continuer ainsi. » Il en avait conscience. Il partageait l’avis de sa femme tout en se questionnant sur l’efficacité d’une telle démarche.


Des étoiles pour guide. Sophie Cohen

Des étoiles… des stars… en anglais… des personnes… des personnes de passage avec une présence merveilleuse… comme ça, une chaleur offerte à ce moment-là…
Au bon moment… Des personnes comme de petites ou de grandes étoiles… Etoiles qui clignotent dans le ciel dont la lumière éclaire les larmes de joie qui ruissellent sur nos visages… Qui n’a pas pleuré sous un ciel étoilé ? Qui ne s’est pas ému devant la fragilité de nos vies ?

Les champs du possible. Dr Adrian Chaboche

Chers lecteurs, continuons de nous interroger sur la façon dont l’hypnose amène à réinstaller un mouvement dans la vie du patient. Et enrichissons-nous de prolonger la réflexion : n’appartient-il pas déjà au thérapeute d’être dans son mouvement et s’autoriser à ne plus savoir pour entrer dans la créativité thérapeutique ? Autant que deux danseurs, le thérapeute serait alors celui qui ouvre le premier pas à l’aide d’une suggestion, autant que d’une main il invite son partenaire à s’avancer.

Pédagogie Kaddouch. Dr Dina Roberts

Ce « pas de côté » vers la pédagogie musicale est né de ma rencontre avec Julien Laroche lors d’une conférence sur le thème « Jouer ensemble », organisée par des danseurs. J’ai été immédiatement tentée de l’inviter ici quand je l’ai entendu se définir comme « chercheur indiscipliné » plutôt qu’interdisciplinaire. Sa démarche même est faite de pas de côté : il part du phénomène qu’il étudie et convoque les disciplines qui permettent de l’éclairer. Ses études sur les interactions sociales l’ont amené à travailler sur l’improvisation musicale dans la méthode Kaddouch.

Entretien avec le Docteur Jeffrey Zeig. Dr Gérard Fitoussi

Bonjour Docteur Zeig, vous avez une énorme influence dans le champ de l’hypnose ericksonienne, pouvez-vous nous donner des précisions sur votre cheminement personnel ? Jeffrey Zeig : J’ai commencé à étudier l’hypnose à l’université de San Francisco au moment de mon master de psychologie clinique. Un des psychiatres présents, qui était mon superviseur, m’a fait connaître l’hypnose et m’a indiqué qu’une des meilleures façons de la découvrir était de l’expérimenter moi-même.

 

Livres en bouche. Dr Grégory Lambrette

Compte-rendu. Voilà qu’à l’occasion de la rentrée littéraire de septembre 2015 est arrivé sur les étagères de nos librairies non pas un, mais deux ouvrages signés de la main de Giorgio Nardone, l’une des figures de proue les plus actives et créatives du modèle stratégique en psychothérapie. On le sait, Nardone cultive depuis plusieurs décennies maintenant un art du changement consistant à trouver des solutions simples aux problèmes insolubles comme il le qualifie lui-même.

Colloque « L’œuvre de François Roustang ». Dr Grégory Tosti

Le 23 novembre 2016, François Roustang s’est éteint à l’âge de 93 ans. Psychanalyste dissident, philosophe, hypnothérapeute, écrivain, cet ancien jésuite a bouleversé la pratique et la compréhension de l’hypnose et a créé en 1996, avec le Dr Jean-Marc Benhaiem, l’Association française pour l’étude de l’hypnose médicale (AFEHM) ; association qui donna le jour au premier Diplôme universitaire d’hypnose médicale en 2001.

Recherches: les applications. Dr Lauriane Bordenave et Dr Adrian Chaboche

La neurochirurgie éveillée est un mythe qu’on agite souvent lorsqu’on parle d’hypnose au bloc opératoire. Sauf qu’il s’agit d’une réalité. La preuve avec cette belle série française. Les glioblastomes de bas grade sont des tumeurs cérébrales malignes infiltrantes, et le défi de la chirurgie est de trouver le meilleur compromis entre l’exérèse la plus complète possible et la préservation des tissus sains adjacents. Pour ce faire, certaines équipes réalisent des craniotomies sur des patients éveillés.

Hommage à François Roustang. Dr Jean-Marc Benhaiem

Je m’exprime au nom de tous les soignants, médecins, psychologues si nombreux à avoir lu, entendu, aimé et intégré l’œuvre de François Roustang dans leur pratique. Je parle aussi, bien entendu, en mon nom propre. François a bien voulu s’associer à mon projet de formation. Nous avons ainsi travaillé ensemble pendant vingt années, côte à côte, dans notre association d’enseignement de l’hypnose médicale et au sein de l’Université Paris VI à la Pitié-Salpêtrière.

Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet

Médecin. Président-fondateur de la Confédération Francophone d’Hypnose et de Thérapies Brèves. Président de l’Institut Milton H. Erickson d’Avignon-Provence. Rédacteur en chef-fondateur de la revue « Hypnose & Thérapies Brèves ». Conférencier international.

En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. »

Erickson : « Une intense mémoire plutôt que de l’imagination. Vous vous souvenez comment du goût des choses, vous vous souvenez comment vous retrouvez un certain picotement de menthe poivrée. Comme n’importe quel enfant, j’avais l’habitude de grimper dans les arbres et ensuite de sauter d’un arbre à un autre comme un singe. Je devais me souvenir des différentes manières de pivoter et de tourner correctement pour retrouver ce que sont les mouvements quand vous avez tous vos muscles. »

R. : « Vous activiez de réels souvenirs de votre enfance de façon à apprendre comment contrôler beaucoup mieux les muscles que vous aviez perdu et comment réacquérir ce contrôle. »

E. : « Oui, vous utilisez de réels souvenirs. A 18 ans, je me souvenais de tous les mouvements de mon enfance pour me réapprendre la coordination musculaire. »

A 18 ans, sa vie est menacée par une gravissime atteinte de poliomyélite. Condamné par les médecins, Milton Erickson tombe dans le coma plusieurs jours. Il en sortira au prix d’une laborieuse rééducation.

Au fond de son lit, paralysé, il observe ses petits frères et sœurs. Il observe com- ment sans aucun conseil, ni enseignement, ils passent de la position rampante à celle dite « château branlant », puis à celle plus assurée bien qu’instable qui précède la marche d’un « grand »… D’autres obstacles vont surgir : monter et descendre des marches et des escaliers. Non sans mal. Toutes ces étapes, Milton les a connues, pratiquées et au bout du compte avec succès. De cette réussite d’apprentissage précoces, il ne reste qu’un souvenir. Tout comme à nous. Milton a compris intuitivement que ce souvenir serait le seul moyen de recouvrer la position debout et la marche. La méthode expérimentale. Celle qui précède la compréhension !

Milton observe, observe et observe. Redevient petit enfant et réapprend à ressentir. Et cette sensation s’incarne. Dans le rocking-chair, l’équilibre s’affirme. Le balancement l’oriente dans la chambre grâce à ce déplacement oscillatoire. L’idée crée le frémissement musculaire qui se propage au fauteuil bancal dont l’instabilité augmente l’amplitude du mouvement. La pensée s’est transformée en action et il re- trouve ses souvenirs de gamin de la campagne avec ses jeux dans les arbres. Le contact rugueux de l’écorce dans les paumes des mains, l’appui arrondi des branches sous les pieds et aussi l’odeur des foins coupés portée par le vent qui fait frémir les feuilles autour de lui, etc.

La classique suggestion idéo-motrice. La base de l’hypnose !

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Hypnose, médecine générale, sommeil

Ouvrir le champ des possibles. Sophie Cohen
Nous nous retrouvons avec plaisir en cet automne. Ce numéro de la Revue fait la part belle à la Médecine fonctionnelle. Henri Bensoussan et les auteurs de ce dossier thématique nous présentent l’actualité et les possibilités de l’utilisation de l’hypnose et des thérapies brèves dans ce secteur de la médecine où les croyances tricotées avec les limitations corporelles peuvent faciliter ou entraver la reprise des activités, la pour-suite de la vie dans son ensemble chez nos patients.

Hypnose, médecine générale, sommeil
Danser avec le patient : l’accordage pour soulager douleur, souffrance. Dr Olivier Debas
Les cas cliniques de soulagement de la douleur et de la souffrance qui suivent, et leurs commentaires, illustrent la pratique libre et tranquille d’Olivier Debas. Quatre cas cliniques comme les quatre directions possibles de remise en mouvement. Alice a 20 ans et souffre de douleurs chroniques depuis deux ans. Initialement localisées au niveau du genou gauche, elles se sont étendues à l’ensemble des membres inférieurs puis au rachis lombaire.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La patiente récalcitrante: sortir du burn-out. Marie-Clotilde Wurz
Avec beaucoup de sincérité, Marie-Clotilde, psychologue, nous livre la façon dont elle a utilisé l’hypnose pour ouvrir vers de la nouveauté. Je suis psychologue clinicienne et hypnothérapeute. J’ai fait le choix de travailler essentiellement en cabinet libéral et d’avoir en parallèle des activités d’enseignement pédagogique et universitaire ainsi que des groupes de parole.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La perception de l’hypnose par les patients hémodialysés. Dr Catherine Lasseur
L’hémodialyse mobilise le patient pendant de longues heures, trois fois par semaine. Au travers de cet article, le Docteur Lasseur nous fait part des résultats d’une enquête sur la façon dont l’hypnose est appréciée par ces patients. ’insuffisance rénale chronique termi- nale nécessite le recours à des techniques de suppléance du fonctionnement des reins, parmi lesquelles l’hémodialyse.
Hypnose, médecine générale, sommeil
La qualité de vie des patients. Un protocole de recherche. Carole Maurer
Évaluer l’intérêt de l’hypnose dans les douleurs induites par la chimiothérapie. Passionnées par la découverte des possibilités de l’hypnose, c’est avec enthousiasme qu’avec mes collègues nous avons mis en application nos rudiments. Rapidement, il nous est apparu que les moyens hypnotiques à notre disposition allaient changer beaucoup de choses dans notre métier. Mais il nous avait été enseigné toute la pertinence de « l’œil du débutant », un regard ouvert et curieux.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose et rééducation. Dr Henri Bensoussan
Hypnose et rééducation, le rapprochement a été effectué il y a longtemps par le jeune Milton H. Erickson, lors de son second épisode de poliomyélite. L’anecdote est connue : condamné à mourir à cause de ses paralysies, il va vivre, condamné à ne plus pouvoir marcher, il va marcher. C’est en puisant dans la mémoire de son corps, en retravaillant les automatismes qui nous font bouger, en utilisant ses souvenirs de mouvements qu’il va progressivement se remettre en mouvement et repartir dans le flux de sa vie.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose en rééducation pédiatrique. Bénédicte Ansel et Dr Cécile Mareau
En pratique, pendant une séance de rééducation, le kinésithérapeute intègre l’hypnose conversationnelle lors de moments bien précis : massage, mobilisation. Il peut également proposer des séances d’hypnose formelle en dehors des séances de rééducation. Il profite ensuite des séances de rééducation pour reprendre les mots employés par l’enfant, ses métaphores, et ancrer les modifications en hypnose conversationnelle.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose médicale : Douleur et difficultés motrices. Dr Henri Bensoussan
Quel bilan faire de seize années de consultations d’hypnose médicale orientées vers la douleur chronique et les difficultés motrices ? Nous proposons de distinguer deux groupes de patients. Le premier groupe qui, une fois le diagnostic posé, se sent rejeté par des phrases du style : « je ne peux rien pour vous » ; « votre état va se dégrader » ; « vos douleurs sont inévitables ».
Hypnose, médecine générale, sommeil
Faire corps ou cicatriser avec l’hypnose. Dr Patrick Bellet
En matière de rééducation et d’hypnose, le propre cas d’Erickson est exemplaire. Extrait de l’article « Autohypnotic experiences of Milton H. Erickson », de 1977, qui parut sous la forme d’un dialogue avec Ernest Rossi. Rossi : « Dans vos expériences d’auto-réhabilitation entre 17 et 19 ans, vous avez appris de votre propre expérience que vous devriez utiliser votre imagination pour obtenir les mêmes effets qu’un effort réel. ».
Hypnose, médecine générale, sommeil
AVC, intérêt de l’hypnose. Revue de littérature
L’hypnose a fait ses preuves dans la gestion de la douleur et de la souffrance psychologique, entrant dans les centres de rééducation. L’arrivée de la pratique de l’hypnose dans des équipes pluridisciplinaires a ouvert des perspectives sur la prise en charge d’autres pathologies, notamment neurologiques. Il n’existe pas d’étude à notre connaissance spécifique à l’hypnose en rééducation neurologique.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Métaphores possibles dans le SDRC. Dr Philippe Marchand
Le syndrome douloureux régional complexe est une pathologie dont le diagnostic est évoqué devant des suites opératoires inhabituellement douloureuses. Ce syndrome, parfois appelé algodystrophie, entraîne une impotence, des troubles trophiques et vasomoteurs : œdème, modification de température et d’aspect de la peau. Les appellations évoluent au cours des années et de la compréhension de cette pathologie.
Hypnose, médecine générale, sommeil
« Je viens vous voir, y’a rien qui marche ». Dr Stefano Colombo
Cela commence bien ! Ce verbe, marcher, est omniprésent et utilisé un peu dans toutes les sauces. A la sauce mécanique quand vous vous décarcassez avec un ustensile qui ne veut pas démarrer, à la sauce militaire avec l’ordre de marche, à la sauce numérique quand votre ordi refuse de quitter le bug. Vous êtes en surpoids ? Vous vous précipitez pour savoir si le régime X,Y,Z marche pour maigrir.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Le temps de l’été. Sophie Cohen
Il était une fois l’été… Il a été… Il était ce temps attendu, ce temps de la vacuité… le temps où on le prend, on le sent… Un temps de vacances, d’ouverture pour voir, un temps pour respirer, du temps pour trouver, à moins que ce ne soit pour retrouver ? Le temps d’aller au rythme du temps. Avec ces longues journées où le soleil est souvent en complet de soirée… Flâner dans le beau temps où l’on sent les chants d’oiseaux, le bruit des vagues, les symphonies du vent qui parcourent les fibres des corps.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Dans le mouvement. Dr Adrian Chaboche
Cette rubrique est destinée à partager des expériences cliniques en quittant l’installation statique de nos habitudes de pratiques. Ouvrons-nous aux champs des possibles, dans le mouvement. Celui du patient et le nôtre. Car il existe une représentation très ancrée de l’hypnose figée, immobile. L’image du patient hypnotisé assis, parfois allongé. Se taire pour mieux s’entendre, ne faire rien pour retrouver l’action : l’hypnose est tout sauf l’immobilisme.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Rencontre avec Guillaume Martinet, jongleur. Dr Dina Roberts
Dina : Mon envie de travailler avec toi est née quand je t’ai vu sur scène. Ce qui me fascinait n’était pas seulement ton niveau technique, mais surtout ta présence. Tu parvenais, en jonglant, à captiver l’attention de toute la salle. Et si dans le public un bébé pleurait, tu réagissais immédiatement, avec la réactivité d’un animal, tout en continuant à jongler. Je te sentais à la fois entièrement plongé dans ce que tu faisais tout en restant ouvert, extrêmement sensible à l’environnement.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Gaston Brosseau, psy non classique. Dr Gérard Fitoussi
Gaston Brosseau propose une lecture de son parcours. Je lui propose des mots extraits de son univers. Solitude. C’est le mot qui me vient lorsqu’on m’interroge sur ma conception de l’hypnose. J’ai osé, depuis plus de trente- cinq ans, établir une géolocalisation de l’hypnose en dehors de toute la cartographie classique en m’autorisant toute la liberté nécessaire pour la rendre accessible à tout le monde.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose et acupuncture en anesthésie. Dr Jean-Michel Hérin
Par le Dr Jean Becchio. Jean-Michel Hérin, confrère formé en hypnose ericksonienne par Claude Virot, nous offre un bouquin agréable à lire dans lequel il évoque et décrit le lien qui unit les espaces, en apparence différents, de l’hypnose et de l’acupuncture. Expert dans les deux domaines, le Dr Hérin illustre son bel ouvrage de cas cliniques et de réflexions sur les mécanismes, communs et particuliers de ces deux approches.
Hypnose, médecine générale, sommeil
En mouvement. Une vie. Christine Guilloux
Oliver Sachs s’était déjà livré dans Oncle Tungstène où il nous avait embarqués en sa passion pour la chimie, sa fascination pour les métaux, ses explorations de l’ordre caché des choses. Une première autobiographie qui nous avait déjà familiarisés à ce parcours d’une passion scientifique, étayée d’anecdotes et d’illustrations des découvertes scientifiques en chimie inorganique des XVIIIe et XIXe siècles.
Hypnose, médecine générale, sommeil
« Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités »
Article écrit par Sophie Cohen. Nous retrouvons ici cinq auteurs : Yves Doutrelugne, Olivier Cottencin, Julien Betbèze, Luc Isebaert et Dominique Megglé, appréciés pour leur approche clinique pragmatique des situations. Dans leur dernier ouvrage tout juste paru, intitulé : « Interventions et thérapies brèves : 10 stratégies concrètes. Crises et opportunités », ils présentent l’utilisation des outils de thérapies brèves.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Je ne pense pas donc je suis. Christine Guilloux
Colloque « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience ». « Hypnose et créativité, aux frontières de la conscience », une journée menée tambour battant, riche d’histoires, d’expériences, de questions sans réponses, de réponses sans questions là où Charcot a fortement contribué à la recherche médicale. Une journée tonique, brillamment orchestrée par le Dr Eric Gibert et le Pr Bruno Fautrel, Service de Rhumatologie & CETD au CHU de La Pitié-Salpêtrière, le 16 juin dernier.
Hypnose, médecine générale, sommeil
Hypnose, médecine générale, sommeil. Drs Adrian Chaboche et Lauriane Bordenave
Pour ce numéro, nous vous présentons un travail national particulièrement intéressant, et dans la continuité de l’article de Daniel Quin au précédent numéro, une récente étude portant sur le sommeil. Cordi M.J., Hirsiger S., Merillat S., Rasch B., « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the ederly », Neuropsychologia 69 (2015), pp. 176-182. Cette étude clinique s’est intéressée aux effets de l’hypnose sur le sommeil et sur les facultés cognitives du sujet âgé
Hypnose, médecine générale, sommeil
La douleur ou la souffrance ? Dr Jean-Marc Benhaiem
Lorsqu’une personne est confrontée à un soin potentiellement douloureux, elle est en réalité, confrontée à la souffrance. La médecine clive la perception de la douleur en différentes composantes : émotionnelle, sensori-discriminative, cognitive et comportementale. En morcelant l’expérience de la douleur, il devient possible de mieux comprendre où se situent les difficultés.