L’arrivée de l’hypnose dans un service médical d’urgence. Dr Didier Brodsky

L’hypnose dans un service médical d’urgence

Avant l’heure, c’est déjà l’heure Après l’heure, c’est encore l’heure

L’urgence se définit par le temps disponible à l’accomplissement d’un acte, un service médical d’urgence devrait donc être le lieu de la meilleure utilisation du temps. L’hypnose, par contre, n’a pas de lien fixe avec cette quatrième dimension puisqu’elle va faire varier son unité de mesure en fonction des circonstances. Comment donc associer ces deux entités – l’urgence médicale et l’hypnose – alors que l’efficacité immédiate, encore plus que l’efficience, est devenue le point d’orgue de toute organisation sanitaire ? Comment faire entrer l’hypnose dans un de ces temples de la rationalité et du cartésianisme que sont les hôpitaux français ?

Comment faire entrer l’hypnose :

– en tant qu’outil dans une boîte déjà bien fournie, mais de forme et de maniement différents de tous les autres ;

– comme incitateur pour une organisation du soin prenant mieux en charge la globalité de la personne, permettant de remettre du lien et de l’humain, d’ajouter la parole à la technique ;

– comme médiateur entre des préoccupations physiques et des entités comprenant des éléments psychosociaux encore plus prégnants dans le cadre diversifié de l’urgence réelle ou ressentie ;

– comme réponse à des envies de soins différents telles qu’elles sont exprimées de plus en plus chez nos patients ? C’est à l’ensemble de ces questions que je vais essayer de répondre dans cet article en partant d’une expérience originale : l’introduction de l’hypnose comme soin courant dans un service d’urgence.

Comment s’est créée cette aventure dans un des plus grands services d’urgence de Lyon ? Il s’agit tout d’abord d’une histoire personnelle. Après avoir travaillé pendant plus de vingt ans en prise directe avec cette entité mal définie qu’est l’urgence médicale et finalisé une formation universitaire concernant le diagnostic, l’évaluation et le traitement de la douleur, j’ai voulu à titre personnel m’initier à une nouvelle pratique, celle de l’hypnose. Sans aucune idée des implications de cette technique sinon fantasmatiques, mais également sans aucune certitude quant à sa faisabilité dans mon univers professionnel. Il s’agissait surtout pour moi d’aller jusqu’au bout d’une démarche personnelle. Ma formation a donc débuté au mois de juillet 2010 et a comporté quatre sessions. Fort de nouvelles possibilités d’approche et de résolution de problèmes de santé, je me trouve pour la première fois en face d’une patiente, prêt à lui faire bénéficier de mon nouveau savoir. Il est 2 ou 3 heures du matin, la tension due à l’affluence a quelque peu baissé et la crise d’angoisse très démonstrative qui a amené Mlle M.jusqu’à notre service est l’indication rêvée pour un débutant. La première impression est une interrogation voire une anxiété : comment avec mes mots tranquilliser et soulager, ne pas paraître ridicule ou mal à propos, alors que la chimie moderne a tellement de solutions à proposer dans un tel cas ? Le succès – facile a posteriori – fut rapide et enivrant. Il fut aussi démonstratif pour moi que pour l’équipe avec laquelle je travaillais ce jour-là. Le temps passé avec Mlle M. a été certes plus important que celui qui aurait été nécessaire pour lui prescrire et lui faire prendre un anxiolytique, mais l’effet fut finalement beaucoup plus rapide donc, au final, moins de présence soignante fut nécessaire près de la patiente.Me voilà donc entré dans la « vie active hypnotique »…

J’ai continué, au gré des besoins des patients, de ma disponibilité d’esprit et de temps (si, si), à faire des séances, tant pour soulager l’esprit que le corps. Une des séances les plus importantes de cette période concerne un patient agité, ne voulant en aucun cas recevoir des soins et pour lequel se posait la question d’une pathologie psychiatrique aiguë ou d’un désordre somatique. Les différents acteurs médicaux avaient besoin de temps pour faire un diagnostic en recherchant notamment les antécédents et l’anamnèse de la situation présente. Cependant, l’agitation psychomotrice de Mr. G. devenait problématique et une contention physique et chimique fut décidée – ce qui par ailleurs rendrait tout interrogatoire et consultation psychiatrique impossible. Je fus donc appelé pour participer à cette contention, manœuvre qui doit se faire dans le calme, mais avec au moins six intervenants. Arrivé vers Mr. G., sans intention particulière autre que de faire partie du groupe de contention, je parle avec calme mais fermeté. Je m’aperçois alors que le ton de ma voix et le rythme de mes paroles semblent entrer en résonance avec l’esprit du patient : une idée puis une résolution me gagnent. Je poursuis donc mon flot de paroles devant l’équipe – comprenant le psychiatre – médusée et encore aux aguets. Petit à petit, doucement et calmement, Mr. G. reste attentif puis s’assoit – pour la première fois depuis plus d’une demi-heure – , s’allonge, s’apaise. Le reste de l’équipe s’éloigne en dehors du psychiatre, très intéressé par la séance. Je poursuis en restant seul actif, m’asseyant et restant en contact verbal. Mr. G. s’endort et nous le laissons dans ses propres pensées. Les recherches anamnestiques peuvent donc reprendre. Au bout d’un quart d’heure, Mr. G.se réveille et s’agite à nouveau. Je reviens près de lui et au bout de 5 minutes, le calme est revenu. La situation a pu ainsi être contrôlée jusqu’à l’obtention des éléments recherchés. Dans la suite, Mr. G. a de nouveau présenté des épisodes d’agitation. Je n’étais plus alors dans le service et la contention chimique et physique initialement prévue a été mise en œuvre.

Qu’est-il ressorti de cette expérience :

– la possibilité d’utiliser l’hypnose pour réguler un moment de tension important, dans le calme et finalement l’économie de moyens humains : une personne plutôt que cinq ou six près du patient ;

– la nécessité d’avoir, quels que soient l’heure et le jour, des ressources humaines multiples prêtes à mettre en œuvre cette technique pour une logique de prise en charge ;

– l’importance de pouvoir déléguer la réalisation d’une séance d’hypnose à la personne ressource la plus disponible en fonction de son métier et du moment ;

– l’hypnose sera d’autant mieux utilisée qu’elle sera comprise, admise, voire utilisée par un maximum d’acteurs du service.

Déjà germait une idée dans mon esprit…

La graine a trouvé son terreau dans la participation au concours APICIL de 2013, dont le sujet « Urgences et douleur » a permis la présentation d’un projet de formation de l’ensemble d’un service d’urgence – tous métiers confondus – à la pratique de l’hypnoanalgésie. Ce projet, présenté avec l’appui de mon établissement hospitalier, a remporté un prix permettant d’initier un cycle de formation en 2014. C’est ainsi que furent formées (70 heures sur 10 jours) 65 personnes, médecins somaticiens, médecins psychiatres, infirmières et cadre infirmier, aides-soignantes, brancardiers et manipulatrices d’électro-radiologie.

La pratique sur le terrain

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, chacun des agents formés a été confronté – peu ou prou – aux appréhensions qui m’ont envahi lors de ma première séance. Cependant, la présence et l’encouragement de plusieurs « nouveaux praticiens » ont permis de faciliter et d’accélérer la mise en œuvre de ce nouveau savoir. De principe dans le service d’urgence, toute séance d’hypnose ne peut être réalisée qu’après avis et prescription médicale. Soit elle est un acte médical, réalisé par des médecins, soit elle est un acte médical délégué alors réalisé par des soignants non-médecins. Elle fait donc l’objet d’une prescription comme tout acte médical, ainsi que d’une cotation d’acte et d’une traçabilité, renforçant ainsi son caractère « officiel » et sa crédibilité.

Les personnels les plus actifs dans la réalisation de séances sont incontestablement les aides-soignantes ! La possibilité d’agir effectivement sur les symptômes et sur le mal-être des patients, la motivation de ces personnes dans un service d’urgence qui pour venir ont interrompu parfois brutalement toute activité ainsi que l’utilisation d’un outil efficient dont elles ont la maîtrise ; tout ceci constitue un puissant aiguillon pour des professionnelles trop souvent jugées comme subalternes.

Tout lieu est disponible pour une séance, et ce dès l’arrivée du patient si elle paraît nécessaire à ce moment. Les acteurs du service ont acquis maintenant suffisamment d’expérience pour ne pas être perturbés par un environnement parfois bruyant ou agité.

La notion d’urgence entre parfois en collision avec le temps disponible. D’une part, il est rare que tous les métiers soient concernés en même temps, d’où l’importance d’avoir formé des professionnels de métiers variés, d’autre part on confond souvent urgence et précipitation. Aussi avoir des impératifs d’efficacité en un temps donné ne veut pas dire que tout doit être fait en même temps. L’urgence, c’est bien l’obtention d’un résultat final dans le temps le plus court, même si la réalisation d’un acte prend un temps jugé par certains important. Une prise en charge en urgence, dans l’agir pur, est contraignante en terme de nombre de personnels, de tensions psychiques pour le patient et pour les soignants, augmente la part d’anxiété voire de panique pour le patient. Cette angoisse est elle-même responsable de troubles organiques qui se rajoutent aux troubles déjà présents et qui sont à l’origine de la venue du patient. Lorsque cette prise en charge peut s’accompagner d’un espace où l’esprit prend sa part, où le somatique est guidé en partie par le psychique, les tensions s’apaisent pour tous et l’espace de soin devient plus serein. Pour tous. Et tous sont alors plus efficaces.

Cela est particulièrement vrai dans un espace confiné comme peut l’être celui des machines d’imagerie médicale (scanner et plus encore IRM). De même, la réalisation d’examens d’imagerie, y compris les radiographies traditionnelles, peut être très douloureuse voire impossible en cas d’urgence traumatologique. On est certes à l’extérieur du Service Médical d’Urgence, mais les patients ont régulièrement besoin de ces examens complémentaires. Il est rarement possible de les préparer à un tel confinement qui, dans certains cas, représente une agression supplémentaire, une angoisse surajoutée au mal-être parfois intense qu’ils ressentent. Travaillant conjointement avec le service d’Imagerie Médicale, c’est donc sciemment que nous avons inclus les personnels de ce service dans notre cycle de formation, et cela dès le début. Cependant, lorsque personne « d’hypnotiquement compétent » n’est disponible dans le service d’Imagerie, la continuité de la prise en charge se fera avec le personnel du Service Médical d’Urgence. Et c’est ainsi que nombre d’examens d’imagerie ont pu être réalisés dans de bonnes conditions, avec un temps de prise en charge globale beaucoup moins important et avec une sécurité tant du point du vue diagnostique que thérapeutique bien supérieure, que s’il avait fallu s’en passer ou les pratiquer sous sédation chimique.

Médecin urgentiste depuis 1989, j’exerce dans le Service Médical d’Urgence du Centre Hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc à Lyon. Diplômé en algologie depuis 2010. Formé à l’hypnose en 2010 à l’Institut Milton H. Erickson d’Avignon-Provence, je la pratique dans le cadre de l’urgence depuis maintenant cinq ans et demi. Lauréat du prix « Urgence et Douleur » de la fondation APICIL en 2013, j’ai initié un programme de formation pour tout le personnel du service dans lequel j’exerce.

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belletDe l’inattendu à l’évidence.Dr Patrick Bellet

Il y a un peu plus de dix ans commençait l’aventure « Hypnose & Thérapies Brèves ». En voici quelques éléments. C’est Jean-Pierre Joly avec Daniel Renson qui en avaient posé les prémices éditoriales. Malheureusement, Jean-Pierre est décédé brutalement en janvier 2006 avant le premier numéro. Ton idée était bonne, votre idée était opportune. Dix ans plus tard, notre revue est devenue la plus importante d’Europe, la plus libre et originale du monde entier dans son domaine, comme me le confiait récemment Thierry Servillat qui m’a succédé en 2012 avec talent, élégance et intelligence.

belletCommencement et partage. Dr Patrick Bellet

28 août 2015, Paris. La flûte d’Isabelle Courroy accompagne cette histoire dans laquelle les légendes et les songes s’entrecroisent. Une improvisation musicale dont le souffle rythme les départs, les commencements, leurs obstacles et leurs dépassements. Aujourd’hui, la femme-lézard de Jean Paul Forest nage en notre compagnie, glissant son corps hybride de la pénombre de la jungle jusqu’à d’autres sillons plus organiques. Temps suspendu en hypnogenèse…

dominique-meggleMigrations en âge. Dr Dominique Megglé

Le Docteur Patrick Martin, rhumatologue de 52 ans, est en train de jouer aux billes avec ses petits copains dans la cour de récréation ; ils jouent à la tic et c’est agité : un garçon de sa classe tente de lui piquer les siennes et il se défend ; comme je suis le surveillant, il me montre discrètement son sac à trésor : elles sont toutes là, les normales, les calots, les agathes, les araignées, les porcelaines, les schroumpfs et les autres ; soudain, un sourire vengeur apparaît sur son visage : il vient de gagner un autre calot.

teresa-roblesPsychothérapie ericksonienne basée sur la Sagesse Universelle. Dr Teresa Robles

Teresa Robles vient nous parler de son cœur et de ses racines, complexes. De ce qu’elle a appris au contact de l’humanité où elle a grandi. Le Mexique : terre du maïs, l’une des espèces les plus nourricières, peut-être le symbole d’une fécondité universelle. Qu’est-ce que la Sagesse Universelle et comment elle est apparue, c’est en relation avec ce que je suis, c’est une longue histoire.

olivier-deslanglesL’Hypnose dans l’univers d’Amélie Poulain. Dr Olivier Deslangles

Quelques secrets dévoilés sur un fabuleux destin. Olivier Deslangles revient du ciné. Il est sous le charme. Amélie la malicieuse a su lui faire croire que les nains de jardin avaient un passeport. Elle est très forte en hypnose, Amélie. Au moins trois médecins, dont deux qui connaissent la technique, ont été subjugués. Voici ses secrets.

jane-turner120Des ressources sur toute la Ligne du Temps. Jane Turner

Comment la Ligne du Temps peut-elle servir dans un travail thérapeutique, y compris pour consolider les acquis du travail de changement et enrichir les ressources ?  Voilà ce que je me propose de traiter dans cet article. Comment la Ligne du Temps, modèle spécifique de transe et de transformation, permet aussi bien de trouver des remèdes aux problèmes posés qu’à rechercher, développer et consolider des ressources. Une technique particulière, « Le Générateur de Ressources », est présentée sous forme de protocole, suivie d’une proposition d’auto-application.

joelle-mignotRuines et palimpsestes. Joëlle Mignot

Ou comment utiliser les strates du temps en hypnothérapie ?Vous proposer une balade ?… Car se promener dans des ruines, c’est d’abord s’imprégner d’une ambiance très particulière où l’esprit est happé par les lieux d’un calme étrange où la pierre est singulièrement reine, lumineuse souvent… Chacun de vous a des souvenirs qui sans doute affluent, qui à Rome, qui à Athènes, qui encore à Vaison-la-Romaine, qui à Carthage ou à Pompéi…Les ruines rendent la marche hésitante d’où la nécessité d’être bien chaussés.

h&tbL’arrivée de l’hypnose dans un service médical d’urgence. Dr Didier Brodsky

L’urgence se définit par le temps disponible à l’accomplissement d’un acte, un service médical d’urgence devrait donc être le lieu de la meilleure utilisation du temps. L’hypnose, par contre, n’a pas de lien fixe avec cette quatrième dimension puisqu’elle va faire varier son unité de mesure en fonction des circonstances. Comment donc associer ces deux entités – l’urgence médicale et l’hypnose – alors que l’efficacité immédiate, encore plus que l’efficience, est devenue le point d’orgue de toute organisation sanitaire ?

h&tbL’Hypnose droit au coeur. Christine Favier

Au Centre Hospitalier Annecy-Genevois, la chirurgie cardiaque s’est développée rapidement, répondant à une demande croissante liée au développement de la région. En 2015, nous aurons réalisé 500 interventions sous CEC (circulation extra-corporelle) et à ce jour une centaine de TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation). Lorsque la valve aortique est rétrécie, cela entraîne une surcharge du travail myocardique et une baisse du débit cardiaque. Le traitement de référence est le remplacement valvulaire aortique chirurgical.

stefano-colombo« Injecter du temps au temps » Dr Stefano Colombo

La modestie suggère de s’arrêter au constat de saint Augustin (354-430) : « Qu’est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. » Aristote (384-322) se posait la question si le temps est un produit de notre conscience ou s’il existe en dehors d’elle. Le changement d’aspect et de la position des astres indique un déplacement dans l’espace, un mouvement. Ce dernier nécessite de l’action du temps. Et voilà temps et espace déjà liés.

regis-dumasDestination Kaïros: l’éternité n’est pas de trop. Dr Régis Dumas

Un peu de temps à l’état pur…Tant qu’il n’y a pas de cela, il n’y a rien…« Le but de l’homme moderne sur cette terre est à l’évidence de s’agiter sans réfléchir, dans tous les sens, afin de pouvoir dire fièrement, à l’heure de sa mort : je n’ai pas perdu mon temps. »  Pierre Desproges. Je me rappelle encore la réflexion d’un de mes amis qui me disait à Dakar, affolé de notre course au temps : « Vous les Européens, vous avez la montre, nous les Africains, nous avons le temps. »

h&tbEntre les lignes. Aurélia Ballou

Aurélia Ballou, artiste discrète et talentueuse, accompagne l’hypnose depuis les débuts de la CFHTB. L’exposition « L’hypnose dans tous ses états », lors du 2e Forum à Vaison-la-Romaine en 2000, lui donna l’occasion d’exprimer la subtilité paradoxale de la cérémonie du thé. La précision délicate, éphémère du geste, dont la sédimentation froissée des sachets garde la chorégraphie. Origami de senteurs mêlées, rappel de ses origines asiatiques.

stefano-colombo« La plage du temps » Dr Stefano Colombo

La vague hésite, timide, elle effleure la surface, elle s’éclipse. Le sable doute entre les courbes convexes et les concaves. La brise, légère, s’insinue entre les grains, elle s’assoupit.
Les paupières changent de transparence, elles se figent. Le ciel se colore d’un azur brillant,
il s’épaissit. Le corps épouse l’arène, s’endort, il s’oublie. Les palmiers gesticulent dans un vent imaginaire, ils bourdonnent. Le rocher domine impérial, imbibé d’illusions, il se tétanise. Les couleurs se frayent un chemin entre les gouttes dispersées, elles se querellent. Les crevettes, indécises, s’enquièrent du fond marin, elles s’y abandonnent. Les poissons se faufilent entre les perles aquatiques, ils s’enflamment.

sophiecohen« Docteur, j’ai quelque chose… ». Sophie Cohen

« Docteur, j’ai quelque chose à vous dire ; en plus de quinze ans je n’ai jamais osé, mais… » Il y a peu, une personne me raconte cette pépite d’histoire. Alors, voici un accompagnement possible… Vous souvenez-vous du temps des étiquettes sur les manteaux ? Que de fois ai-je vu ma mère assise près de la fenêtre au salon, attelée à son ouvrage, elle cousait, raccommodait, brodait patiemment. Combien de fois ai-je vu ma mère qui coud ces petites étiquettes. Je la vois, maintenant, avec la patience inégalable de l’amour, avec le temps qu’il fait, pluvieux, beau ou neigeux, elle se pose près de la fenêtre.

belletLe baquet moral existe. A Rouen ! Dr Patrick Bellet

Aujourd’hui, « Références » s’ouvre sur une redécouverte du passé, l’existence d’un deuxième baquet de Mesmer, et peut-être, plus important encore, la « preuve indirecte » de son fameux secret. 2015 a été l’année des IXe Forum de la CFHTB et XXe Congrès mondial d’Hypnose à Paris, c’était aussi le bicentenaire de la mort de Franz Anton Mesmer à Meersburg, près du lac de Constance. Pour commémorer cet événement, nous avions envisagé de présenter le baquet de Mesmer à Paris.

christine-guillouxContes de temps sans mesure. Christine Guilloux

Un thème donné, une orientation vers le futur, le numéro 41 d’« Hypnose et Thérapies brèves » est à venir au joli mois de mai. Un thème donné, la temporalité. Une marque à poser sur le chemin pour célébrer dix ans d’existence. Aux confins du futur et du passé, un exercice de style pour tordre le cou aux idées reçues comme aux accélérations du temps. Quelles idées reçues ? Quelles accélérations du temps ? Voyager plus vite que la lumière, à la « warp speed » comme dans Star Trek et démontrer qu’Einstein avait tort quant aux limites de l’espace-temps ?

pr-andre-mullerLe temps de la douleur chronique. Pr André Muller

Itinéraire sensible d’un expert. C’est égoïstement que j’aimerais faire part de mon expérience. Médecin anesthésiste-réanimateur, agrégé de thérapeutique, algologue, je m’occupe de patients douloureux chroniques depuis près de quarante ans. Bien au fait des différences qui existent entre une douleur aiguë et une douleur chronique, j’ai toujours pris le temps d’expliquer à mes patients ces différences, insistant sur le fait que ce n’est qu’exceptionnellement que l’on peut « réduire à zéro » une douleur chronique, et qu’au mieux on peut espérer, grâce à une prise en charge pluriprofessionnelle, une amélioration suffisante pour rendre le quotidien vivable.

Hypnose Thérapeutique Paris 11

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Laurent GROSSLaurent Gross hypnose ericksonienne Paris
Hypnothérapeute, Kinésithérapeute, Psychothérapeute certifié ARS en 2013
Président du CHTIP, Collège d’Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris.
Conférencier aux Congrès de la CFHTB, Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves.
Formations aux Cercle de Lariboisière, Institut Milton Erickson d’Avignon, Institut Emergences Rennes.
Spécialisé sur le Psychotraumatisme
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Valérie TOUATI-GROSSHypnose Paris 11, Valérie Touati-Gross
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Formation en Hypnose et Thérapies Brèves au CHTIP, Collège d’Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris.
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Florent HAMONFlorent Hamon, Hypnose 75011
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Théo CHAUMEILhypno-analgésie
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Spécialiste en Hypno-Analgésie, hypnose médicale en Douleur Chronique et Douleur Aigüe.
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Nourritures. Dr Thierry Servillat

thierry-servillatBIBLIOGRAPHIE

Corine Pelluchon, Les nourritures. Philosophie du corps politique, L’Ordre philosophique, Seuil, Paris, 2015.

les-nourritures

La lecture de ce livre est un délice. Et ce pour plusieurs raisons : d’abord les propos de Corine Pelluchon, professeure de philosophie à l’université de Franche-Comté, spécialiste en éthique médicale et biomédicale, sont pleinement orientés vers la vie. Ayant déjà travaillé sur la vulnérabilité (L’autonomie brisée. Bioéthique et philosophie, 2009 ; La raison du sensible. Entretiens autour de la bioéthique, 2009 ; Eléments pour une éthique de la vulnérabilité. Les hommes, les animaux, la nature, 2011), notion éricksonienne centrale (« Les faiblesses sont les fibres de la vie », M.H. E.), elle centre dans son dernier livre son propos sur le corps. C’est un deuxième motif d’intérêt pour nous, hypnothérapeutes.

Dès le début, Corine Pelluchon situe son propos dans la continuité d’Emmanuel Levinas : « Au commencement était la faim ». Et elle commente à sa manière : « Ainsi, le corps est le point de départ de notre expérience. Il rabat la prétention de la conscience à être à l’origine de tout le sens (…). » Voilà qui peut aussi nous intéresser, nous praticiens (même quand nous sommes « psy ») du corps qui n’avons pas attendu les découvertes des neurosciences (y compris celle sur le deuxième cerveau digestif1) pour envisager (après Nietzsche, il est vrai) la possibilité d’une pensée corporelle. Nous qui, aussi, nous préparons au congrès de Paris dont la conscience sera la thématique centrale.

La conséquence d’une telle prémisse sur la centralité du corps est immédiate, et nous pourrions la qualifier de systémique: « Nous sommes immergés dans un monde sensible et celui-ci n’est pas habité uniquement par des hommes ni même façonnés exclusivement par eux. » Y vivent en effet, nous le savons depuis notre plus tendre enfance – mais que faisons-nous de ce savoir plus tard ? –, végétaux et animaux, et aussi la terre, le minéral.

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h&tb38-110

Hypnose et Thérapies Brèves n°38 Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Rédacteur en Chef
L’hypnose, une pratique mondiale. Nos yeux sont maintenant rivés sur Paris, sur ses aéroports et ses gares d’où vont arriver dans quelques semaines nos collègues du monde entier. Dame Tour Eiffel, redessinée par Jean-Michel Hérin, va devenir l’emblème de l’hypnose pendant 4 jours. Un bien beau symbole que cet exploit que Gustave, son concepteur, réussit après avoir mené pendant plusieurs années une intense campagne de communication pour susciter l’adhésion – au début très hypothétique – des décideurs et du grand public.

OHM. organisme hypnotiquement modifié. Dr Patrick Bellet
Ou comment réparer et cicatriser les blessures « En voilà une idée. Encore un de ces titres accrocheurs pour attirer l’attention ! » C’est ce que me disait un stagiaire lorsque nous évoquions les modifications sensorielles et trophiques en relation avec des suggestions hypnotiques.  Il remarquait, critique, que la forme, le nom donné conférait la propriété suggérée au sujet auquel elle s’appliquait.

 

h&tb38-110Conduites addictives (tabac, alcool) : l’hypnose à la rescousse

Longtemps sous- estimée, l’utilité de l’hypnose en addictologie apparaît de plus en plus évidente et attire l’attention des acteurs de santé publique. Le concept d’addiction se définit par un état dans lequel tout le comportement se focalise sur la production d’une satisfaction (et la disparition de sensation aversive), avec une incapacité de le maîtriser et son maintien en dépit des conséquences délétères. Il regroupe les addictions aux substances et les addictions comportementales.

 

Modeler le lien : massage et hypnose en suicidologie
Lorsque l’envie de vivre s’est échappée, mais que la vie est encore là après un échec à la supprimer, des pratiques innovantes sont les bienvenues pour frayer un chemin possible pour et avec le patient qui n’a plus, ou presque plus, l’espoir. Dans notre pratique d’hypnothérapeute, massothérapeute et de psychologue clinicienne en centre de prévention, nous travaillons à l’accompagnement des personnes ayant commis une tentative de suicide.

Comment aggraver ? Pour améliorer paradoxalement
Dans la tradition de l’école de Palo Alto, la nouvelle génération des thérapeutes stratégiques approfondit et nuance les approches de leurs maîtres fondateurs. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander, chaque jour, de vous poser plusieurs fois la question suivante : « Que pourrais-je faire activement pour faire empirer ma situation ? Que devrais-je dire (ou ne pas dire), faire (ou ne pas faire), penser (ou ne pas penser), si je voulais volontairement augmenter mes problèmes, aggraver mon mal-être ? »

74 jours en canoë : le périple d’Erickson
Le voyage en canoë qui élargit la conscience du jeune Erickson, pavant le chemin pour ses futures stratégies thérapeutiques.Vingt-quatre mois après s’être rétabli d’un épisode sévère et prolongé de poliomyélite, encore à peine capable de se passer de béquilles, le jeune Milton Hyland Erickson, 21 ans, entreprit un voyage qui élargit significativement sa perspective sur la vie et influença grandement son travail à l’âge adulte en tant que médecin et hypnothérapeute.

«Qu’attendez-vous de moi ?». Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 38
La saison touristique bat son plein : tout le monde, ou presque, est en vacances. Agence de voyages pour les traditionnels, internet pour les plus speedy, nousavons les yeux rivés sur l’endroit de rêve : lieu insolite, loin de tout rappel au travail, à juste quelques heures de chez nous, plage céleste sans baigneurs, bungalow toutes commodités isolé de tous, au beau milieu de la nature sauvage, proche des voies de communication, le silence de la forêt et la liaison wi-fi, sans montre au poignet, le portable dans la poche, évidemment sur« silence », quitte à le regarder deux fois l’heure juste pour savoir si nous sommes capables de deviner l’heure en nous basant sur le soleil et les ombres.

Un nouveau rapport INSERM sur l’hypnose. Antoine Bioy
L’unité Inserm U669, dirigée par le Pr. Bruno Falissard, s’intéresse aux problèmes de santé mentale dans une perspective de santé publique. A la demande du ministère de la Santé (Direction générale de la Santé), cette unité de recherche a pour mission d’évaluer diverses pratiques thérapeutiques dites « non conventionnelles ». Elle a déjà publié plusieurs rapports (mésothérapie, chiropratique, biologie totale, ostéopathie, auriculothérapie, acupuncture…).

Conséquences d’un Si.
Il y a quelques mois, au cours d’un dîner, un ami me lance : « Et toi ? Tu ne viendrais pas sauter en parachute avec moi ?» (Sachant très bien qu’il s’adressait à la personne pour laquelle, d’ordinaire, un dos d’âne pris sans trop de précaution créait déjà des sensations vertigineuses!) Sans que je m’y attende, ma bouche articule un mot franc et intelligible : « Si.» A la surprise générale, ainsi qu’à la mienne, je dois l’avouer, je réponds par l’affirmative à cette demande aussi inattendue, que définitive.

La main froide du sage-femme
Suture sous hypnose en maternité. Par cet article je souhaite partager avec vous l’histoire d’un accouchement sous hypnose. Cette histoire pourrait aussi s’intituler « L’accouchement surprise ».  Nelly est une patiente de 29 ans, primipare sans antécédents particuliers. Le couple a choisi d’être suivi par un intervenant unique pendant toute la grossesse, y compris pendant l’accouchement, c’est ce qu’on appelle le « suivi global ».

Un amour bouleversant
Tout a commencé il y a cinq ans… Ou peut-être plus. Après un parcours « traditionnel » de pratique de la kinésithérapie, je décidais de partir en quête d’une technique liant le corps et l’esprit.  Alors tout naturellement je me suis adressé à l’IMELyon pour intégrer le cycle I de cette formation en hypnose éricksonienne. Plein d’attente, d’interrogations, mes sens étaient en éveil.

Hypnose, stress et intéractions neuro-digestives

bruno-bonazVers de nouveaux possibles

Bruno BONAZ – Professeur à la Clinique Universitaire d’Hépato-Gastroentérologie, CHU de Grenoble. Chercheur à l’Unité Inserm U836 « Stress et Interactions Neuro-Digestives », Grenoble Institut des Neurosciences (GIN).

Dans nos contrées cartésiennes, l’arrivée des connaissances sur le système nerveux entérique a mis 20 ans. Mais maintenant, nos chercheurs sont pleinement activés pour mieux connaître le fonctionnement de ces intenses et subtils flux d’informations. Dans le but de les rétablir quand ils sont perturbés, grâce, notamment, à l’hypnose thérapeutique.

RELATIONS NEURO-DIGESTIVES

Le tube digestif possède une autonomie propre, grâce au système nerveux intrinsèque (SNI) ou système nerveux entérique, encore appelé « deuxième cerveau ». Cependant, notre cerveau et notre tube digestif (TD) communiquent de façon bidirectionnelle par l’intermédiaire du système nerveux autonome (SNA) et les organes circumventriculaires. Cette communication assure un fonctionnement intégré pour assurer le contrôle des fonctions digestives telles que la motricité, la sensibilité, l’immunité, la satiété ; ces fonctions pouvant devenir, dans certaines conditions, pathologiques.

Le système nerveux autonome

Il comprend les systèmes nerveux sympathique et parasympathique, classiquement antagonistes, représentés notamment par les nerfs splanchniques, le nerf pneumogastrique et le parasympathique sacré. Ce sont des systèmes mixtes comprenant essentiellement des fibres afférentes (80 % pour le nerf vague, 50 % pour les nerfs sympathiques) véhiculant les informations en provenance du tube digestif vers le système nerveux central (SNC) et inversement. Les efférences sympathiques comprennent des neurones qui ont leur origine au niveau de la moelle épinière (T5- L2) et qui s’articulent avec des neurones des chaînes sympathiques et des nerfs splanchniques qui innervent le TD. Le neurotransmetteur est la noradrénaline. Les neurones spinaux (T5-L2) sont sous l’influence de voies descendantes modulatrices provenant de l’hypothalamus et du tronc cérébral.

Les efférences parasympathiques comprennent :

– le contingent efférent du nerf vague qui prend son origine au niveau du bulbe et qui s’articule avec des neurones situés dans la paroi digestive, au sein du SNI. Le nerf vague innerve tout le tractus digestif jusqu’au colon transverse encore que, pour certains anatomistes, il innerverait tout le tube digestif chez l’Homme ;

– le contingent efférent parasympathique pelvien (S2-S4) qui constitue les nerfs pelviens qui vont s’articuler avec des neurones situés dans le TD. Le parasympathique pelvien innerve la fin du tube digestif et la vessie. Le neurotransmetteur est l’acétylcholine.

Les voies afférentes : elles véhiculent les informations en provenance du TD vers le SNC et permettent au SNC d’être informé, de façon consciente ou inconsciente, par notre TD. A l’exception de la douleur, la plupart des informations nerveuses provenant des viscères ne sont pas conscientes, excepté dans des conditions pathologiques.

Les afférences vagales sont sensibles aux nutriments contenus dans la lumière digestive, elles contiennent des chémorécepteurs, thermorécepteurs, osmorécepteurs, mécanorécepteurs.

Les afférences sympathiques véhiculent essentiellement les voies de la douleur viscérale digestive vers la moelle épinière.

Les organes circumventriculaires

Ils sont situés en dehors de la barrière hémato-encéphalique. Ils ont pour nom notamment : « organe subfornical, glande pinéale, area postrema, organe vasculaire de la lamina terminalis ». Ils sont « sensibles » au contenu vasculaire (interleukines, électrolytes notamment) circulant. Ces organes sont en relation avec des neurones à proximité, situés dans le SNC, qui vont activer des centres autonomiques bulbaires et l’hypothalamus (axe corticotrope). La finalité est d’intégrer un message périphérique et d’entraîner une réaction adaptée pour assurer l’homéostasie. Ils interviennent dans la régulation cardio- vasculaire, la balance hydro-électrolytique, la fonction immune, la régulation de la température corporelle, l’alimentation, la balance métabolique et énergétique, la reproduction.

Intégration centrale des informations digestives

L’intégration centrale des informations digestives véhiculées par les afférences viscérales sympathiques et parasympathiques se fait au niveau du bulbe (noyau du tractus solitaire) pour le nerf vague, et au niveau de la moelle épinière thoraco-lombaire et sacrée pour le système sympathique et parasympathique sacré, respectivement. De là l’information va être intégrée au niveau du cerveau dans les centres de la douleur (cortex sensitif), au niveau de l’hypothalamus, du tronc cérébral, et des structures limbiques (amygdale notamment), intervenant dans les émotions. Cette intégration centrale consciente ou inconsciente va donner lieu à des réponses comportementales, autonomiques (activation ou inhibition du SNA), motrices, endocriniennes (activation de l’axe hypothalamohypophysaire-surrénalien ou axe corticotrope).

La fonction autonomique est intimement liée au fonctionnement du SNC et aux émotions. C’est le cas des effets du stress sur le TD et des désordres mentaux, spécialement la dépression et les désordres anxieux, associés notamment aux troubles cardio-vasculaires mais également aux troubles du TD.

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thierry-servillatHypnose et Thérapies Brèves n°37 Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Rédacteur en Chef

COMME SUR UN PLATEAU. Dans moins de quatre mois : Congrès de Paris. Un moment historique arrive à grande vitesse. Déjà un très grand nombre d’inscrits, qui vont, comme dans un magnifique restaurant – on sait combien Milton Erickson appréciait cette métaphore de la vie et des choix qu’elle nous propose – avoir une bien jolie carte à regarder avant de se décider à rentrer dans telle ou telle salle de conférence, d’atelier (de pratique ou vidéo), de démonstration…

Rouvrir de l’espace après le trauma grâce aux émotions

Dans deux récits cliniques de cas de patientes traumatisées, l’une anxieuse, l’autre dépressive, l’hypnose est utilisée pour que les émotions symptomatiques puissent oeuvrer à recréer un espace pour que le mouvement vital reprenne. Peur, douleur, deuil, chagrin : n’avons-nous pas chacun nos prisons, nos enfermements, nos chaînes qui entravent le bon fonctionnement du vivant à l’intérieur de nous ? Quand nous n’allons pas bien, il n’est pas rare que les émotions s’en mêlent.

 

cecile-colas-nguyenHypnos chez les pompiers

Une étude pilote est actuellement réalisée en Alsace pour évaluer l’utilité de certains outils hypnotiques dans la pratique quotidienne des « guerriers du feu » qui, rappelons-le, combattent bien d’autres dangers ! A l’heure où les C-PAP de Boussignac et autres Lifepak encombrent à juste titre nos valises, la technicité nécessaire a peu à peu minimisé l’impact sous-estimé de nos mots et bouté au second plan l’approche comportementale de nos victimes. L’avènement de Dame Morphine et sa simplicité d’emploi ont relégué le dieu Hypnos au rôle de traîne-savate, vieux barbon inutile et dépassé qui, j’en conviens, est nettement moins séduisant que notre jouvencelle efficace et véloce.

 

 

Groupes pour patients psychotiques : des outils hypnotiques adaptés

L’hypnose est habituellement déconseillée pour traiter les patients psychotiques. Sauf lorsqu’un thérapeute expérimenté et prudent propose dans un cadre sécurisé des outils innovants.Cet article présente certains des outils utilisés dans une nouvelle technique de groupe développée à la Communauté thérapeutique de Valme (Séville, Espagne); celle-ci est rattachée au Service andalou de Santé publique, intégré dans le NHS. Nous avons commencé à utiliser cette technique il y a trois ans. Les résultats, dès les premiers groupes de patients, ont été positifs tant aux niveaux psychopathologique que social et général.

 

 

Elargir nos pratiques : Hypnose et yoga nidra

Conférencière au congrès de la Rochelle, Marie-José Dumoulin a captivé son auditoire désireux d’établir des ponts entre hypnose et yoga, et a surpris dans sa simplicité lorsqu’elle a fait une séance collective de yoga nidra. L’hypnose et le yoga nidra induisent des états modifiés de conscience comparables. Le yoga nidra fait partie du « raja yoga » : yoga mental. Le yoga nidra est une méthode de relaxation profonde amenant à l’état de méditation mise au point puis diffusée aux alentours de 1960 par Swami Satyananda à partir des yoga sutras de Patanjali et de pratiques tantriques très anciennes qu’il a adaptées au monde contemporain.

 

 

PARIS 2015 : l’interview des membres du Comitécomite-paris2015

Ce 20e congrès de l’ISH s’associe au 9e forum de la CFHTB. Quelles sont pour vous les valeurs fortes, celles qui donnent toutes raisons de participer à ces deux événements majeurs pour lesquels vous vous êtes investis dans le Comité d’organisation depuis 2009 ?Claude Virot (directeur du congrès) : Tous les professionnels de santé ayant le bonheur de pratiquer l’hypnose savent que c’est une compétence majeure pour aider nos patients. Elle crée un pont entre la médecine technique et la médecine humaniste.

 

Amour quand tu nous tiens. Dr Thierry Servillat

Bon nombre de patients, individuels ou a fortiori en couple, nous parlent d’amour. Oui, mais comment définir celui-ci ? Y’en aurait-il différentes formes ? Si oui, lesquelles ? Etudier celles-ci est la tâche que s’est assignée Ruwen Ogien, philosophe, directeur de recherche au CNRS, et membre du Centre de Recherche Sens, Ethique, Société (CERSES Paris Descartes). Son ton est mi-naïf, mi-provocatif, ce qu’illustre bien l’image de couverture montrant un lapin et une ours qui semblent en peluche, et qui sont manifestement dans une posture propice à ce que nous appellerons un « gros câlin ».

 

« Qu’est-ce qui vous amène ? ». Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 37

Qu’est-ce qui vous amène à lire ce pamphlet ou, soyons sérieux, cet article ? La rédaction pourrait bien lancer une enquête afin de connaître l’opinion des lecteurs. Risqué ! Et s’il n’y avait aucun lecteur ? Cela serait chose extraordinaire pour le soussigné. Le Quiproquo n’étant lu par personne, il pourrait contenir un nombre de mots choisis au hasard dans un texte rébarbatif tel un dictionnaire ou le bottin, éventuellement, en faisant un effort, dans un texte complexe d’histoire ou de philosophie.

 

De la douleur vers l’endormissement. Antoine Bioy

Commençons en signalant que l’intérêt de l’hypnose en douleur continue de se confirmer : Tan et ses collègues (2015) abordent le chapitre des dorsalgies chroniques. Trois groupes sont constitutes (séances sur 3 mois) : 8 séances de biofeedback ; 8 sessions d’apprentissage de l’autohypnose; 8 sessions d’apprentissage de l’autohypnose avec des enregistrements d’aide pour les sessions à domicile ; 2 sessions d’apprentissage de l’autohypnose avec des enregistrements d’aide pour les sessions à domicile et un appel téléphonique par semaine pour rappel des exercices à effectuer.

 

 

 

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Erickson… comme dans mes petits souliers

Depuis plusieurs jours, je voulais écrire un compte rendu sur le symposium d’ouverture de l’Institut Milton H. Erickson d’Ile de France de Christine Guilloux qui s’est tenu le 5 décembre dernier. Et je me suis réveillée ce matin de Noël, avec la surprise d’avoir eu du courrier…dans mes petits souliers ! Une lettre de Milton Erickson ! Ah, la magie de Noël ! « Chère Marion, Tu étais là, à observer, écouter…et moi aussi. Je t’envoie ce message pour que tu le distribues aux autres. Je ne sais pas si vous aviez senti ma présence dans cette salle ce jour-là. Pourtant, j’étais là à observer et écouter…