Hypnose, stress et intéractions neuro-digestives

bruno-bonazVers de nouveaux possibles

Bruno BONAZ – Professeur à la Clinique Universitaire d’Hépato-Gastroentérologie, CHU de Grenoble. Chercheur à l’Unité Inserm U836 « Stress et Interactions Neuro-Digestives », Grenoble Institut des Neurosciences (GIN).

Dans nos contrées cartésiennes, l’arrivée des connaissances sur le système nerveux entérique a mis 20 ans. Mais maintenant, nos chercheurs sont pleinement activés pour mieux connaître le fonctionnement de ces intenses et subtils flux d’informations. Dans le but de les rétablir quand ils sont perturbés, grâce, notamment, à l’hypnose thérapeutique.

RELATIONS NEURO-DIGESTIVES

Le tube digestif possède une autonomie propre, grâce au système nerveux intrinsèque (SNI) ou système nerveux entérique, encore appelé « deuxième cerveau ». Cependant, notre cerveau et notre tube digestif (TD) communiquent de façon bidirectionnelle par l’intermédiaire du système nerveux autonome (SNA) et les organes circumventriculaires. Cette communication assure un fonctionnement intégré pour assurer le contrôle des fonctions digestives telles que la motricité, la sensibilité, l’immunité, la satiété ; ces fonctions pouvant devenir, dans certaines conditions, pathologiques.

Le système nerveux autonome

Il comprend les systèmes nerveux sympathique et parasympathique, classiquement antagonistes, représentés notamment par les nerfs splanchniques, le nerf pneumogastrique et le parasympathique sacré. Ce sont des systèmes mixtes comprenant essentiellement des fibres afférentes (80 % pour le nerf vague, 50 % pour les nerfs sympathiques) véhiculant les informations en provenance du tube digestif vers le système nerveux central (SNC) et inversement. Les efférences sympathiques comprennent des neurones qui ont leur origine au niveau de la moelle épinière (T5- L2) et qui s’articulent avec des neurones des chaînes sympathiques et des nerfs splanchniques qui innervent le TD. Le neurotransmetteur est la noradrénaline. Les neurones spinaux (T5-L2) sont sous l’influence de voies descendantes modulatrices provenant de l’hypothalamus et du tronc cérébral.

Les efférences parasympathiques comprennent :

– le contingent efférent du nerf vague qui prend son origine au niveau du bulbe et qui s’articule avec des neurones situés dans la paroi digestive, au sein du SNI. Le nerf vague innerve tout le tractus digestif jusqu’au colon transverse encore que, pour certains anatomistes, il innerverait tout le tube digestif chez l’Homme ;

– le contingent efférent parasympathique pelvien (S2-S4) qui constitue les nerfs pelviens qui vont s’articuler avec des neurones situés dans le TD. Le parasympathique pelvien innerve la fin du tube digestif et la vessie. Le neurotransmetteur est l’acétylcholine.

Les voies afférentes : elles véhiculent les informations en provenance du TD vers le SNC et permettent au SNC d’être informé, de façon consciente ou inconsciente, par notre TD. A l’exception de la douleur, la plupart des informations nerveuses provenant des viscères ne sont pas conscientes, excepté dans des conditions pathologiques.

Les afférences vagales sont sensibles aux nutriments contenus dans la lumière digestive, elles contiennent des chémorécepteurs, thermorécepteurs, osmorécepteurs, mécanorécepteurs.

Les afférences sympathiques véhiculent essentiellement les voies de la douleur viscérale digestive vers la moelle épinière.

Les organes circumventriculaires

Ils sont situés en dehors de la barrière hémato-encéphalique. Ils ont pour nom notamment : « organe subfornical, glande pinéale, area postrema, organe vasculaire de la lamina terminalis ». Ils sont « sensibles » au contenu vasculaire (interleukines, électrolytes notamment) circulant. Ces organes sont en relation avec des neurones à proximité, situés dans le SNC, qui vont activer des centres autonomiques bulbaires et l’hypothalamus (axe corticotrope). La finalité est d’intégrer un message périphérique et d’entraîner une réaction adaptée pour assurer l’homéostasie. Ils interviennent dans la régulation cardio- vasculaire, la balance hydro-électrolytique, la fonction immune, la régulation de la température corporelle, l’alimentation, la balance métabolique et énergétique, la reproduction.

Intégration centrale des informations digestives

L’intégration centrale des informations digestives véhiculées par les afférences viscérales sympathiques et parasympathiques se fait au niveau du bulbe (noyau du tractus solitaire) pour le nerf vague, et au niveau de la moelle épinière thoraco-lombaire et sacrée pour le système sympathique et parasympathique sacré, respectivement. De là l’information va être intégrée au niveau du cerveau dans les centres de la douleur (cortex sensitif), au niveau de l’hypothalamus, du tronc cérébral, et des structures limbiques (amygdale notamment), intervenant dans les émotions. Cette intégration centrale consciente ou inconsciente va donner lieu à des réponses comportementales, autonomiques (activation ou inhibition du SNA), motrices, endocriniennes (activation de l’axe hypothalamohypophysaire-surrénalien ou axe corticotrope).

La fonction autonomique est intimement liée au fonctionnement du SNC et aux émotions. C’est le cas des effets du stress sur le TD et des désordres mentaux, spécialement la dépression et les désordres anxieux, associés notamment aux troubles cardio-vasculaires mais également aux troubles du TD.

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thierry-servillatHypnose et Thérapies Brèves n°37 Edito du Dr Thierry SERVILLAT, Rédacteur en Chef

COMME SUR UN PLATEAU. Dans moins de quatre mois : Congrès de Paris. Un moment historique arrive à grande vitesse. Déjà un très grand nombre d’inscrits, qui vont, comme dans un magnifique restaurant – on sait combien Milton Erickson appréciait cette métaphore de la vie et des choix qu’elle nous propose – avoir une bien jolie carte à regarder avant de se décider à rentrer dans telle ou telle salle de conférence, d’atelier (de pratique ou vidéo), de démonstration…

Rouvrir de l’espace après le trauma grâce aux émotions

Dans deux récits cliniques de cas de patientes traumatisées, l’une anxieuse, l’autre dépressive, l’hypnose est utilisée pour que les émotions symptomatiques puissent oeuvrer à recréer un espace pour que le mouvement vital reprenne. Peur, douleur, deuil, chagrin : n’avons-nous pas chacun nos prisons, nos enfermements, nos chaînes qui entravent le bon fonctionnement du vivant à l’intérieur de nous ? Quand nous n’allons pas bien, il n’est pas rare que les émotions s’en mêlent.

 

cecile-colas-nguyenHypnos chez les pompiers

Une étude pilote est actuellement réalisée en Alsace pour évaluer l’utilité de certains outils hypnotiques dans la pratique quotidienne des « guerriers du feu » qui, rappelons-le, combattent bien d’autres dangers ! A l’heure où les C-PAP de Boussignac et autres Lifepak encombrent à juste titre nos valises, la technicité nécessaire a peu à peu minimisé l’impact sous-estimé de nos mots et bouté au second plan l’approche comportementale de nos victimes. L’avènement de Dame Morphine et sa simplicité d’emploi ont relégué le dieu Hypnos au rôle de traîne-savate, vieux barbon inutile et dépassé qui, j’en conviens, est nettement moins séduisant que notre jouvencelle efficace et véloce.

 

 

Groupes pour patients psychotiques : des outils hypnotiques adaptés

L’hypnose est habituellement déconseillée pour traiter les patients psychotiques. Sauf lorsqu’un thérapeute expérimenté et prudent propose dans un cadre sécurisé des outils innovants.Cet article présente certains des outils utilisés dans une nouvelle technique de groupe développée à la Communauté thérapeutique de Valme (Séville, Espagne); celle-ci est rattachée au Service andalou de Santé publique, intégré dans le NHS. Nous avons commencé à utiliser cette technique il y a trois ans. Les résultats, dès les premiers groupes de patients, ont été positifs tant aux niveaux psychopathologique que social et général.

 

 

Elargir nos pratiques : Hypnose et yoga nidra

Conférencière au congrès de la Rochelle, Marie-José Dumoulin a captivé son auditoire désireux d’établir des ponts entre hypnose et yoga, et a surpris dans sa simplicité lorsqu’elle a fait une séance collective de yoga nidra. L’hypnose et le yoga nidra induisent des états modifiés de conscience comparables. Le yoga nidra fait partie du « raja yoga » : yoga mental. Le yoga nidra est une méthode de relaxation profonde amenant à l’état de méditation mise au point puis diffusée aux alentours de 1960 par Swami Satyananda à partir des yoga sutras de Patanjali et de pratiques tantriques très anciennes qu’il a adaptées au monde contemporain.

 

 

PARIS 2015 : l’interview des membres du Comitécomite-paris2015

Ce 20e congrès de l’ISH s’associe au 9e forum de la CFHTB. Quelles sont pour vous les valeurs fortes, celles qui donnent toutes raisons de participer à ces deux événements majeurs pour lesquels vous vous êtes investis dans le Comité d’organisation depuis 2009 ?Claude Virot (directeur du congrès) : Tous les professionnels de santé ayant le bonheur de pratiquer l’hypnose savent que c’est une compétence majeure pour aider nos patients. Elle crée un pont entre la médecine technique et la médecine humaniste.

 

Amour quand tu nous tiens. Dr Thierry Servillat

Bon nombre de patients, individuels ou a fortiori en couple, nous parlent d’amour. Oui, mais comment définir celui-ci ? Y’en aurait-il différentes formes ? Si oui, lesquelles ? Etudier celles-ci est la tâche que s’est assignée Ruwen Ogien, philosophe, directeur de recherche au CNRS, et membre du Centre de Recherche Sens, Ethique, Société (CERSES Paris Descartes). Son ton est mi-naïf, mi-provocatif, ce qu’illustre bien l’image de couverture montrant un lapin et une ours qui semblent en peluche, et qui sont manifestement dans une posture propice à ce que nous appellerons un « gros câlin ».

 

« Qu’est-ce qui vous amène ? ». Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 37

Qu’est-ce qui vous amène à lire ce pamphlet ou, soyons sérieux, cet article ? La rédaction pourrait bien lancer une enquête afin de connaître l’opinion des lecteurs. Risqué ! Et s’il n’y avait aucun lecteur ? Cela serait chose extraordinaire pour le soussigné. Le Quiproquo n’étant lu par personne, il pourrait contenir un nombre de mots choisis au hasard dans un texte rébarbatif tel un dictionnaire ou le bottin, éventuellement, en faisant un effort, dans un texte complexe d’histoire ou de philosophie.

 

De la douleur vers l’endormissement. Antoine Bioy

Commençons en signalant que l’intérêt de l’hypnose en douleur continue de se confirmer : Tan et ses collègues (2015) abordent le chapitre des dorsalgies chroniques. Trois groupes sont constitutes (séances sur 3 mois) : 8 séances de biofeedback ; 8 sessions d’apprentissage de l’autohypnose; 8 sessions d’apprentissage de l’autohypnose avec des enregistrements d’aide pour les sessions à domicile ; 2 sessions d’apprentissage de l’autohypnose avec des enregistrements d’aide pour les sessions à domicile et un appel téléphonique par semaine pour rappel des exercices à effectuer.

 

 

 

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Erickson… comme dans mes petits souliers

Depuis plusieurs jours, je voulais écrire un compte rendu sur le symposium d’ouverture de l’Institut Milton H. Erickson d’Ile de France de Christine Guilloux qui s’est tenu le 5 décembre dernier. Et je me suis réveillée ce matin de Noël, avec la surprise d’avoir eu du courrier…dans mes petits souliers ! Une lettre de Milton Erickson ! Ah, la magie de Noël ! « Chère Marion, Tu étais là, à observer, écouter…et moi aussi. Je t’envoie ce message pour que tu le distribues aux autres. Je ne sais pas si vous aviez senti ma présence dans cette salle ce jour-là. Pourtant, j’étais là à observer et écouter… 

Créer la bande-son de sa vie pour améliorer sa résilience

Isabelle-stimecPar le Dr Isabelle STIMEC. Psychiatre. Pratique l’hypnose et les thérapies intégratives au sein du CITI (centre interdisciplinaire de thérapie intégrative) à Rezé, Loire Atlantique. Secrétaire de l’institut Milton H. Erickson de Rezé. Formatrice et conférencière.

Survivre à un traumatisme, de quelque nature qu’il soit, nécessite d’activer ses mécanismes de résilience interne. Parfois il n’est pas possible de dépasser ce traumatisme,
soit par l’ampleur des dommages psychiques produits, soit par l’impossibilité d’activer ces mécanismes internes. Comment, en tant que thérapeute, pouvons-nous aider nos patients à réactiver leurs ressources et leur résilience interne ?

De nombreux ouvrages, techniques, outils, existent déjà pour permettre aux personnes
ayant vécu un traumatisme de dépasser leur état de stress post-traumatique et activer leur résilience. Mais les récentes recherches sur les effets de la musique au niveau cérébral ont ouvert un champ d’utilisation thérapeutique de la musique.

Nous proposons ici un outil, issu de la pratique quotidienne, pour augmenter, améliorer
la résilience interne des individus ayant vécu un traumatisme : créer la bande son de cette période de sa vie.

Musique et émotion

La musique est le support de nombreux souvenirs personnels, que ces souvenirs soient liés à des chansons, de la musique folklorique ou classique, des chansons populaires. Certaines musiques sont des jalons de notre mémoire autobiographique, voire de notre identité. Elles véhiculent nos émotions et nous offrent un support aux échanges, une communication entre les êtres humains. La musique, par le biais des émotions qu’elle suscite, module nos états affectifs et cognitifs. Cette modulation est à l’origine de son important pouvoir de cohésion sociale. Cette réceptivité à la musique, comme construction de notre identité, est observée très tôt. En effet, les nouveau-nés, par exemple, sont déjà très sensibles aux vibrations et aux rythmes créés par les instruments de musique. Ils sont capables de reconnaître des différences de rythme, de bercement, de
pas, de musique.

Se basant sur ces constats issus de l’observation populaire, les neuroscientifiques, les neurologues, s’intéressent de plus en plus à l’impact de la musique sur le fonctionnement cérébral. Ils s’intéressent également à l’usage de la musique à des fins thérapeutiques et notamment dans l’idée d’améliorer ou de retarder les dégénérescences neuronales des maladies neurodégénératives et des démences, telles qu’entre autres les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer. Les études réalisées par nombre d’entre eux mettent en évidence que l’écoute de la musique par des sujets sains stimule les cinq champs de notre mémoire, et que la pratique régulière d’un instrument vient créer et renforcer des connections neuronales (notamment au niveau des corps calleux, et ce quel que soit l’âge auquel on débute une pratique musicale). S’appuyant sur ces découvertes, des outils de
stimulation de la mémoire ou de lutte contre les tremblements parkinsoniens ont été mis au point, en se basant notamment sur le pouvoir relationnel de la musique pour impliquer les patients dans ces propositions thérapeutiques.

L’impact de la musique sur le cerveau et le fonctionnement cognitif est présent pour chacun d’entre nous, sans que cela ne soit associé à l’âge ou à la pratique régulière d’un instrument. La musique est associée à un ensemble de réseaux neuronaux qu’elle synchronise. Les régions cérébrales sollicitées simultanément renforcent leurs connexions synaptiques, les échanges deviennent plus rapides et le nombre de neurones assurant cette communication augmente. Dans le cadre du traumatisme et du syndrome de stress post-traumatique, la mémoire est impactée puisqu’il existe des flash-back, qui sont liés à une mémorisation particulière des faits traumatiques, des cauchemars, et que l’état émotionnel qui traverse les patients lors de ces reviviscences est le même que celui mémorisé lors du trauma.

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JE SUIS…Edito du Dr Thierry ServillatDr Thierry SERVILLAT
1 janvier 2015. Devant mon écran, en entendant les sons de la télévision retransmettant la marche parisienne, j’essaie d’écrire un éditorial. La marche de Charlie continue. Loin et pas loin de Nantes où j’habite. Comment me projeter vers la période de parution de la revue, dans quatre semaines ? Je ne sais déjà pas comment va se finir la journée !

irene-bouazizSous l’outil, l’humain. Dr Irène Bouaziz
Se retenir ou pas. Prononcé dans une posture d’humilité, ce texte magistral d’Irène Bouaziz a illustré au mieux, lors du récent colloque de lancement de l’Institut Milton Erickson d’Ile de France, comment la maturation de l’hypnothérapie passe maintenant par une étape d’approfondissement éthique.

 

 

daniel-quin Implacables acouphènes : l’apport de l’Hypnose. Daniel Quin
Plaintes croissantes en médecine générale, et en apparence bénignes, les acouphènes peuvent avoir des conséquences graves en terme de souffrance psychique. Daniel Quin nous expose sa manière de travailler dans ce domaine.De plus en plus de patients souffrant d’acouphènes se tournent vers les psychothérapeutes, et en particulier vers les praticiens de l’hypnose.

 

Dr Dominique MEGGLESouffrances hystériques : des solutions à foison. Dr Dominique Megglé
Psychiatre expérimenté et pionnier de l’hypnose française, Dominique Megglé se devait de s’intéresser aux patients qu’on appelait autrefois les «hystériques ». Et si ce mot pouvait avoir encore un sens utile, générateur de solutions thérapeutiques ?

 

Guy-MissoumAu service des entraîneurs. Pour guider et accompagner. Guy Missoum
De nombreux outils dérivés de l’hypnose existent pour aider les entraîneurs et les coachs sportifs. Fin connaisseur, Guy Missoum les présente d’une manière systématisée qui facilite leur mise en oeuvre. Milton Erickson se positionnait volontiers comme supporter de ses patients !

 

 

renato-saiuDétours de transe : l’apport d’Henri Wallon. Renato Saiu
Il n’est pas sûr qu’Erickson ait lu Henri Wallon, et encore moins qu’il ait entendu parler de la théorie du détour. C’est pour cela que la réflexion de jeunes auteurs comme Renato Saiu peut contribuer à enrichir aujourd’hui notre compréhension théorique des processus hypnotiques. L’utilisation de l’hypnose est ancienne. Pourtant sa définition reste floue.

 

Dr Thierry SERVILLATAttentions à nos attentions. Dr Thierry Servillat
Yves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble. Son livre est pourtant transdisciplinaire, et porte sur un sujet qui nous intéresse tous : l’attention.
Nous n’avons pas toujours beaucoup appris lors de nos études sur un sujet pourtant capital. Ce n’est pas illogique car c’est surtout depuis une dizaine d’années que les connaissances à ce propos ont été abondamment renouvelées.

 

antoine-bioyL’hypnose dans tous ses états. Antoine Bioy
Au chapitre de la validation des effets de l’hypnose, Tan et al. confirment chez des patients dorsalgiques l’intérêt de l’autohypnose (2 sessions d’apprentissage, un support audio d’entraînement chez soi). Ils dressent même une équivalence : 2 sessions d’autohypnose = 8 sessions d’hypnose. Les effets sont toujours présents à six mois. Attention cependant, en pratique clinique, que ce qui soit proposé au patient fasse l’objet d’une vraie réflexion sur les options thérapeutiques, car la clef de prises en soins restent évidemment dans cette adéquation.

jean-claude-lavaudTranses de soin à L’île de La Réunion. Jean-Claude Lavaud
A l’île de La Réunion, dans l’océan Indien, nous sommes culturellement ancrés par ce tissage structurel où la transe est un mode de communication thérapeutique. Dans la culture indo-tamoule réunionnaise certaines de ces transes sont ouvertement publiques, telle que La Marche Sur Le Feu, sacrifice de soi pour la guérison d’un autre. D’autres transes moins connues sont aussi singulièrement centrées sur la « guérison». Cet article constitue un tout petit aperçu de l’un de ses rites de soin.

regis-dumasHumeur : Propos d’un Auvergnat. Régis Dumas
« Ce qui fait l’intérêt de l’Auvergne, c’est qu’elle est remplie d’Auvergnats », disait Alexandre Vialatte. « Auteur notoirement méconnu », comme il aimait à se qualifier. Cette Auvergne, un secret plutôt qu’une province, produit des fromages, des volcans et accessoirement des présidents de la République.» « La montagne nous donne des leçons de silence et l’horizon, au loin, des leçons d’éternité. » « L’immense espace dit la solennité, jamais l’emphase. »

Attentions à nos attentions. Dr Thierry Servillat

thierry-servillatYves Citton est professeur de littérature à l’Université de Grenoble. Son livre est pourtant transdisciplinaire, et porte sur un sujet qui nous intéresse tous : l’attention.

Nous n’avons pas toujours beaucoup appris lors de nos études sur un sujet pourtant capital. Ce n’est pas illogique car c’est surtout depuis une dizaine d’années que les connaissances à ce propos ont été abondamment renouvelées.

D’abord par les économistes, qui considèrent que les biens capitalistiques, à notre époque virtualisée, ne sont plus exclusivement matériels, ni même principalement. Non, le capital aujourd’hui c’est, comme a pu le dire un dirigeant d’une grande chaîne de télévision, d’une manière qui a pu choquer, le « temps de cerveau disponible ». A de la valeur ce qui attire, suscite de l’attention.

Mais il sera ici question d’aller plus loin que cette simple vision, pour en fournir une compréhension plus subtile, et pour proposer des pistes de solution pour nous repérer dans notre époque de surstimulation de nos attentions dispersées, sinon épuisées. Avec les conséquences que l’on ne sait pas toujours mettre en rapport avec ces constats : angoisse, dépression, suicide. « Mieux comprendre en quoi nos environnements conditionnent notre attention, individuelle et collective, et en quoi nous conservons toujours une certaine puissance d’agir, sur notre destin, dès lors que nous entreprenons de reconfigurer ces environnements. »

Cette puissance d’agir afin de rester des individus et nous préserver des risques
pathogènes de ce « capitalisme mental », comment la mettre en oeuvre ? Tel est l’intérêt pratique de ce livre écrit de manière très structurée, et, nous a-t-il semblé, avec une grande rigueur.

A l’inverse de la démarche traditionnelle, l’auteur aborde d’abord l’attention comme un phénomène essentiellement collectif. Nous sommes traversés par des flux transindividuels, première façon de concevoir notre attention.

Ensuite un deuxième aspect, connu et étudié par les psychologues, l’attention est un phénomène conjoint, au sein d’une relation entre deux individus (commepar exemple dans la dyade mère-enfant). La façon dont un des sujets considère un objet affecte la façon dont chacun envisage l’objet. La relation devient triadique.

Enfin, les rapports d’(in)attention que nous entretenons avec les objets de notre environnement vont faire ou non de nous des individus. Et la troisième partie du livre traite donc du « bon usage d’une attention individuante ».

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JE SUIS…Edito du Dr Thierry Servillat
1 janvier 2015. Devant mon écran, en entendant les sons de la télévision retransmettant la marche parisienne, j’essaie d’écrire un éditorial. La marche de Charlie continue. Loin et pas loin de Nantes où j’habite. Comment me projeter vers la période de parution de la revue, dans quatre semaines ? Je ne sais déjà pas comment va se finir la journée !

 

irene-bouazizSous l’outil, l’humain. Dr Irène Bouaziz
Se retenir ou pas. Prononcé dans une posture d’humilité, ce texte magistral d’Irène Bouaziz a illustré au mieux, lors du récent colloque de lancement de l’Institut Milton Erickson d’Ile de France, comment la maturation de l’hypnothérapie passe maintenant par une étape d’approfondissement éthique.

 

daniel-quin Implacables acouphènes : l’apport de l’Hypnose. Daniel Quin
Plaintes croissantes en médecine générale, et en apparence bénignes, les acouphènes peuvent avoir des conséquences graves en terme de souffrance psychique. Daniel Quin nous expose sa manière de travailler dans ce domaine.De plus en plus de patients souffrant d’acouphènes se tournent vers les psychothérapeutes, et en particulier vers les praticiens de l’hypnose.

Dr Dominique MEGGLESouffrances hystériques : des solutions à foison. Dr Dominique Megglé
Psychiatre expérimenté et pionnier de l’hypnose française, Dominique Megglé se devait de s’intéresser aux patients qu’on appelait autrefois les «hystériques ». Et si ce mot pouvait avoir encore un sens utile, générateur de solutions thérapeutiques ?

Guy-MissoumAu service des entraîneurs. Pour guider et accompagner. Guy Missoum
De nombreux outils dérivés de l’hypnose existent pour aider les entraîneurs et les coachs sportifs. Fin connaisseur, Guy Missoum les présente d’une manière systématisée qui facilite leur mise en oeuvre. Milton Erickson se positionnait volontiers comme supporter de ses patients !

 

renato-saiuDétours de transe : l’apport d’Henri Wallon. Renato Saiu
Il n’est pas sûr qu’Erickson ait lu Henri Wallon, et encore moins qu’il ait entendu parler de la théorie du détour. C’est pour cela que la réflexion de jeunes auteurs comme Renato Saiu peut contribuer à enrichir aujourd’hui notre compréhension théorique des processus hypnotiques. L’utilisation de l’hypnose est ancienne. Pourtant sa définition reste floue.

antoine-bioyL’hypnose dans tous ses états. Antoine Bioy
Au chapitre de la validation des effets de l’hypnose, Tan et al. confirment chez des patients dorsalgiques l’intérêt de l’autohypnose (2 sessions d’apprentissage, un support audio d’entraînement chez soi). Ils dressent même une équivalence : 2 sessions d’autohypnose = 8 sessions d’hypnose. Les effets sont toujours présents à six mois. Attention cependant, en pratique clinique, que ce qui soit proposé au patient fasse l’objet d’une vraie réflexion sur les options thérapeutiques, car la clef de prises en soins restent évidemment dans cette adéquation.

jean-claude-lavaudTranses de soin à L’île de La Réunion. Jean-Claude Lavaud
A l’île de La Réunion, dans l’océan Indien, nous sommes culturellement ancrés par ce tissage structurel où la transe est un mode de communication thérapeutique. Dans la culture indo-tamoule réunionnaise certaines de ces transes sont ouvertement publiques, telle que La Marche Sur Le Feu, sacrifice de soi pour la guérison d’un autre. D’autres transes moins connues sont aussi singulièrement centrées sur la « guérison». Cet article constitue un tout petit aperçu de l’un de ses rites de soin.

dr-isabelle-stimecCréer la bande-son de sa vie pour améliorer sa résilience. Dr Isabelle Stimec
Survivre à un traumatisme, de quelque nature qu’il soit, nécessite d’activer ses mécanismes de résilience interne. Parfois il n’est pas possible de dépasser ce traumatisme, soit par l’ampleur des dommages psychiques produits, soit par l’impossibilité d’activer ces mécanismes internes. Comment, en tant que thérapeute, pouvons-nous aider nos patients à réactiver leurs ressources et leur résilience interne ?

regis-dumasHumeur : Propos d’un Auvergnat. Régis Dumas
« Ce qui fait l’intérêt de l’Auvergne, c’est qu’elle est remplie d’Auvergnats », disait Alexandre Vialatte. « Auteur notoirement méconnu », comme il aimait à se qualifier. Cette Auvergne, un secret plutôt qu’une province, produit des fromages, des volcans et accessoirement des présidents de la République.» « La montagne nous donne des leçons de silence et l’horizon, au loin, des leçons d’éternité. » « L’immense espace dit la solennité, jamais l’emphase. »

Hypno-philo: Ethiques de la coopération

thierry-servillatPar le Dr Thierry Servillat

Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°34

Ce livre n’est pas à proprement parler de la philosophie. Richard Sennett est professeur de sociologie à New York et à la London School of Economics. Retraité, il prend le temps de compléter et terminer son oeuvre. Influencé par Michel Foucault, il a travaillé sur de nombreux sujets, dont, dernièrement, la question des compétences dont les gens ont besoin dans leur vie quotidienne. En commençant par celles requises dans l’artisanat, inspirant l’opus traité lors de notre dernier Hypnophilo. Ce qui l’a amené à s’intéresser à « un atout social particulier » : la coopération. Thérapeutes et soignants (notamment éricksoniens, solutionnistes, narrativistes), nous voilà pleinement concernés par ce fruit d’une longue expérience de recherche, mais aussi, tout simplement, de vie. Gamin juif pauvre de Brooklyn, Sennett a pleinement profité d’initiatives sociales, locales, qui lui ont permis d’échapper à un probable destin de délinquant.

D’ailleurs, d’emblée il souligne qu’envisager la coopération « (…) sous le seul angle de l’éthique positive entrave notre compréhension » : les gangsters aussi coopèrent ! Sans parler de la collusion, l’« ange noir de la coopération » ! Ce sur quoi l’auteur focalise son attention, c’est la « sensibilité aux autres (responsiveness) ». La coopération est un art, « un processus épineux, fourmillant de difficultés et d’ambiguïtés » qui vont être abordées tout au long des pages d’Ensemble, pour tenter d’examiner le sujet avec une vision mature, dans un souci de transmission. Le lecteur n’y trouvera donc pas de propos lénifiants et simplificateurs. Nous sommes au cœur de la complexité. Sans optimisme, mais sans pessimisme non plus.

Certes, pour Sennett, nous vivons une époque qui déqualifie les gens. Avec le machinisme, nombre de savoir-faire se sont perdus, ou en tout cas ont perdu en considération. Sennett est sensible à cela, et va envisager l’importance du rituel, sacré ou profane, qui favorise la coopération. Des rituels qui relient les gens différents, « le défi consistant à répondre aux autres sur le terrain qui est le leur ». Il faut pour cela des « compétences dialogiques ». Parmi la multitude des sujets traités dans ce livre foisonnant : les inégalités, le règne du cout terme produisant des relations superficielles, une « angoisse de la différence » aboutissant à un déficit d’excitation créative et un affaiblissement de l’élan à coopérer.

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Les autres articles de la Revue ce mois-ci…

Congrès Mondial d’Hypnose à Paris: Venez aussi !

A tous les praticiens de l’hypnose thérapeutique cet appel s’adresse.
Appel à communiquer au prochain congrès mondial d’hypnose à Paris, du 26 au 29 août 2015. Jusqu’au 15 septembre prochain, vous êtes cordialement invités à proposer qui une conférence, qui un atelier, qui une participation à une table ronde.

Transe générative. Le grand voyage de conscience. Stephen GILLIGAN

Auteur majeur du courant éricksonien, Stephen Gilligan présente ici les fondements de son propre apport à la pratique et la théorisation de l’hypnose : la notion de transe générative. La transe générative est un espace expérientiel à partir duquel de nouvelles dimensions de la réalité peuvent être créées. Elle est ainsi un moyen efficace pour le voyage de conscience qui est au coeur d’une vie pleine de sens.

L’auto-hypnose pour l’autonomie. Elise LELARGE, Edith HAMEON-BEZARD

articulièrement remarqué et apprécié lors du récent congrès de La Rochelle, l’atelier d’autohypnose d’Elise Lelarge et Edith Haméon-Bézard a donné lieu à ce texte qui en exprime l’essence. Grâce aux nombreuses études scientifiques, le bénéfice de la pratique quotidienne de l’autohypnose en douleur chronique n’est plus à démontrer. Comment apprendre aux patients à s’approprier suffisamment l’« outil » hypnotique pour une pratique aussi sécure qu’autonome à la maison ?

Mieux vivre avec un cancer. Le rôle de l’hypnose. David OGEZ

Lentement, l’hypnose trouve sa place en cancérologie. David Ogez en présente une application originale : la prise en charge de l’après-annonce. Si le développement des approches chirurgicale, oncologique et radiothérapeutique permet aux traitements des maladies cancéreuses d’évoluer significativement, que la souffrance psychologique soit reconnue, et de ce fait, que la qualité de vie des patients soit prise en compte par l’essor de la psycho-oncologie, il n’en reste pas moins que le terme « cancer » génère autant d’incertitude que par le passé. En effet, il apparaît que, dans l’inconscient collectif, l’association automatique entre les notions de mortalité et de cancer représente une suggestion anxiogène complexe qui altère le bien-être du patient.

Concordanse. Thérapie conjugale ondulatoire. Frédéric BERBEN

Considérer l’individu qui constitue, avec son partenaire, le couple, est un fondement original pour envisager la thérapie conjugale comme une danse où l’hypnose suscite un accordage créatif. « Je me lève et je te bouscule, tu n’te réveilles pas, comme d’habitude, sur toi je remonte le drap, j’ai peur que tu aies froid, comme d’habitude, ma main caresse tes cheveux, presque malgré moi, comme d’habitude, mais toi tu me tournes le dos, comme d’habitude… ».

Face à un déficit en hormone de croissance. Marie Clotilde WURZ DE BAETS

La pratique de l’hypnose s’aventure dans de nouveaux chemins pour activer les ressources nécessaires pour faire face à la période de crise que représente, après une naissance, la découverte d’une maladie grave. Pour aider l’enfant comme les parents.Il était une fois dans mon histoire personnelle. Ou plutôt il était plusieurs fois dans mon histoire personnelle et professionnelle : des temps, des lieux, des moments où les contes se sont invités.

Hypno-philo: Ethiques de la coopération. Dr Thierry Servillat

Ce livre n’est pas à proprement parler de la philosophie. Richard Sennett est professeur de sociologie à New York et à la London School of Economics. Retraité, il prend le temps de compléter et terminer son oeuvre. Influencé par Michel Foucault, il a travaillé sur de nombreux sujets, dont, dernièrement, la question des compétences dont les gens ont besoin dans leur vie quotidienne. En commençant par celles requises dans l’artisanat, inspirant l’opus traité lors de notre dernier Hypnophilo.

“Vous pouvez compter sur moi ”. Dr Stefano COLOMBO Quiprocquo, Malentendu et Incommunicabilité 34

“ Vous pouvez compter sur moi ”.Voilà une phrase que le thérapeute est souvent tenté de prononcer. Elle est rassurante, presqu’une garantie. Elle a le parfum de la signature d’un contrat.Un contrat ? Un contrat prévoit la signature des deux parties. Alors ? Est-ce que le patient est aussitôt prêt à déclarer que le thérapeute peut compter sur lui ? Pas si sûr.

Suggestif, magnétique, sportif, et surtout réparateur…Antoine Bioy

Pour commencer cette rubrique, posons- nous la question de savoir si le fameux « Dormez, je le veux ! » n’était pas si absurde ? Cordi et coll. (2014) montrent en effet que des suggestions pré-repos reçues en état hypnotique améliorent de façon significative la durée du sommeil. Très exactement, il s’agit du sommeil lent profond, impliqué dans l’amélioration de la plasticité cérébrale, et des capacités de restauration du corps (stimulation des défenses immunitaires…)

Ici et ailleurs. Transes et mots d’est et d’ouest. Christine GUILLOUX

Troisième édition, du 6 au 8 février 2014, à Paris, pour ce colloque «Hypnose d’ici, Hypnose d’ailleurs» de l’Association Thérapies d’ici et d’ailleurs. Spécialistes internationaux en provenance des Amériques comme de la Russie, des Indes comme de la Suisse, et de diverses régions de France, médecins, psychologues, neuroscientifiques, sont intervenus autant comme conférenciers que comme animateurs d’ateliers tant dans le traitement de la douleur, du stress post-traumatique, de la gestion des émotions, de l’apport des neurosciences…

Jeunesse et hypnose médicale. Stéphane RADOYKOV

Les ferments d’Hypnocrate. Être médecin, ça veut dire quoi ? Tu verras quand tu seras grand. D’accord, mais c’est quoi alors être un bon médecin ? Tu verras cela en temps voulu. Et un mauvais médecin, qu’est-ce que c’est ? En serai-je un ? Et puis qu’est-ce que je fais là autour de toute cette souffrance ?